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1.  Introduction

Dans les villes d’Afrique de l’Ouest, les ordures ménagères sont composées en grande partie de la matière organique. De plus, elles constituent un problème majeur d’hygiène car leur évacuation nécessite une organisation entre les ménages ou au niveau communal, qui fait souvent défaut.

Le compostage des ordures organiques permettrait de réduire le coût de transport parce que le compost n’a qu’un tiers du poids de la matière organique brute. Le compost pourrait être valorisé par les agriculteurs périurbains et urbains. Malheureusement, l’utilisation du compost pour l’amélioration du sol n’est pas concurrentielle par rapport à l’utilisation d’excréments d’animaux issus d’élevage urbain et périurbain ; du fait d’un coût de production trop élevé. Par contre, si le compost est appliqué comme produit phytosanitaire, il peut être vendu à un prix qui rentabilise sa fabrication. Cette utilisation du compost est peu connue en Europe de même qu’en Afrique de l’Ouest.

Le projet de recherche appliquée qui cherchait à introduire le compost phytosanitaire en Afrique de l’Ouest dont sont issues les données exploitées pour cette thèse était intitulé « L’utilisation des déchets organiques compostés provenant des ménages urbains dans l’agriculture périurbaine de l’Afrique de l’Ouest pour prévenir l’attaque des plantes par des maladies ». Il a duré de 1999 à 2002 et était financé par l’Union Européenne.

Ce projet était une collaboration du Département de Sociologie Rurale de la Faculté d’Agriculture et d’Horticulture de l’Université Humboldt à Berlin, du Département de Phytopathologie de la Faculté d’Agriculture et d’Horticulture de l’Université Humboldt à Berlin en Allemagne, de l’unité d’Horticulture du Département de Biologie de Plantes au Scottish Agricultural Collège Auchincruive à Ayr en Ecosse, du Centre de Recherche Agronomique du Littoral de l’Institut Togolais de Recherche Agronomique à Davié au Togo, de l’Ecole Supérieure Polytechnique de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar au Sénégal et de la Direction Nationale de la Recherche Scientifique et Technique, Conakry, République de Guinée. Le travail était coordonné par le Département de Sociologie Rurale de la Faculté d’Agriculture et d’Horticulture en Allemagne.

Les objectifs du projet étaient la mise en œuvre de compost phytosanitaire et des extraits liquides de compost dans les systèmes de production urbains d'Afrique de l'Ouest. Les extraits liquides de compost sont des infusions froides de compost à des durées de contact (du compost avec de l'eau) différentes et des concentrations (compost/ eau) différentes selon la maladie à traiter. Ces extraits appliqués aux cultures permettent de lutter contre des maladies cryptogamiques.

Pour l'introduction du compost phytosanitaire dans le système de production existant, il fallait d'une part comprendre les stratégies de traitements phytosanitaires des agriculteurs périurbains et d'autre part identifier et isoler les agents pathogènes les plus importants des cultures sélectionnées par le projet. Afin de faciliter la vulgarisation de la technique, les cultures les plus fréquentes ont été choisies, soit:

Pour pouvoir convaincre les agriculteurs des résultats de cette recherche, il a fallu identifier des agents pathogènes du compost qui possèdent un grand potentiel pour le contrôle des maladies des cultures et comprendre le mode d’action des extraits de compost les plus efficaces.

Finalement, le projet visait à introduire le compost comme fongicide dans un système intégré de gestion des maladies de plantes. Pour cela, il a fallu développer des méthodes de communication avec les agriculteurs pour la vulgarisation des résultats et pour les convaincre du bien-fondé de cette nouvelle pratique.

Le projet a cherché à valoriser des ordures ménagères en les compostant. Pour y parvenir, il faut avant tout comprendre les conditions de collecte des ordures biodégradables dans les ménages urbains.

Dans ses stations de compostage, le projet a visé à élaborer des stratégies de fabrication de compost et à améliorer le savoir-faire de la technique de compostage et d’extrait du compost par les chercheurs et les agriculteurs.

Pour atteindre ces objectifs, le projet a construit des stations de compostage à Conakry (République de Guinée), à Timbi Madîna (République de Guinée), à Tsévié (Togo), à Lomé (Togo) et il a utilisé la station de compostage de l'ENDA à Rufisque (Sénégal). Des composteurs, des ramasseurs d'ordures et des animateurs pour le contact avec les ménages ont été formés. A Lomé, la comptabilité de ramassage des ordures a été informatisée, et les animateurs ont été formés à l'utilisation de cette comptabilité afin de mieux suivre et analyser les habitudes et les raisons d'abandon des abonnements au ramassage des ordures. Ceci a permis d'optimiser la gestion du ramassage des ordures pour arriver à un niveau d'autonomie financière. Pour l'autonomie financière de la fabrication du compost, des stratégies de marketing du compost ont été élaborées.

Dans des laboratoires à Berlin (Allemagne) et à Ayr (Ecosse), l'expérimentation sur le mécanisme biologique des extraits de compost a eu lieu. Cette expérimentation fût complétée par celles en station et aux champs dans toutes les villes concernées par le projet.

Le projet a aussi conduit des stages et des formations pour des étudiants en agronomie et en sociologie rurale.

Pour la phase de vulgarisation, des matériels de vulgarisation pour le tri à la source dans les ménages urbains, pour la fabrication du compost dans les ménages ruraux et pour la fabrication de l'extrait de compost et son application par les maraîchers ont été élaborés. La phase de vulgarisation était aussi accompagnée de formations concernant l'application de l'extrait de compost auprès des agriculteurs.

Cette thèse répond à la partie socio-économique du projet de recherche appliquée. Elle vise à analyser :

Les réponses à ces questions permettront de faciliter l’introduction du compost phytosanitaire en Afrique de l’Ouest.


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10.03.2005