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2.  Revue de littérature et présentation des résultats du cadre général

L’introduction des innovations passe d’abord par des réseaux de transfert du savoir et du savoir-faire. Pour l’adaptation des innovations, il est important qu’elle ne soit pas refusée par des valeurs éthiques locales (Rogers, 1995) et s’encastre dans le système de production et les conditions économiques des exploitants agricoles et des ménages. Selon Fall (1979), une innovation (au Sénégal) doit augmenter les revenus, la production et la productivité de travail. Par la suite, la conformité de l’introduction du compost phytosanitaire dans les systèmes de production urbains à ces critères sera vérifiée.

2.1. Savoir-faire et réseaux de connaissance

Les normes ou valeurs éthiques sont reflétées dans les vocabulaires et les comportements conformes à la culture de la société. Dans la présente étude, plusieurs cultures ont été analysées à travers leurs vocabulaires, leurs comportements et leurs avis concernant leurs concepts sur les ordures, le compost et le traitement phytosanitaire. Ceci a été la base pour détecter des barrières éventuelles contre l’introduction d’un compost phytosanitaire.

2.1.1. Savoir-faire endogène, local ou localisé et exogène, scientifique

Le processus d’introduction d’une innovation constitue la rencontre entre le savoir local ou endogène et le savoir exogène ou scientifique. (Rogers, 1995)

Par savoir local, j’entends ici le savoir rencontré dans les villes-site. Ce savoir est détenu par les ménagères concernant les ordures, le nettoyage et la valorisation des ordures. Il inclut également les jugements de valeurs pour les ordures (nauséabondes, hygiéniques, revendable aux recycleurs, etc.). Ce savoir en question est même à designer comme savoir localisé (Séhouéto, 2002) (= knowledge based on place-specific experience) car la perception et les concepts par rapport aux ordures différent du centre ville à la périphérie de la ville et bien sûr d’une ville à une autre.

Un deuxième ensemble du savoir localisé étudié dans cette ouvrage est le savoir-faire paysan concernant le compost, la fertilisation, le traitement phytosanitaire et le système de production. De toutes façons, je ne regarde pas le savoir ou savoir-faire local ou localisé dans sa totalité, j’analyse uniquement des aspects partiels concernant le processus de transformation des ordures en compost et son utilisation pour un traitement phytosanitaire.

Nous avons cherché à nous appuyer sur les savoirs localisés pour l’introduction du compost phytosanitaire dans le cadre du projet représentant le savoir exogène ou scientifique. Ce savoir exogène a concerné la fabrication du compost en station, les essais en station et aux champs pour l’application du compost phytosanitaire.


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2.1.2.  Réseaux de connaissance agricole

Ramirez (2000) a analysé des réseaux de communication des agriculteurs en prenant en compte les agriculteurs, les services de vulgarisation et la recherche, donc sans les fournisseurs des intrants et la main-d’œuvre en migration. En ville, la prise en considération des fournisseurs et de main-d’œuvre est très importante. Les fournisseurs sont souvent source de connaissance sur le traitement phytosanitaire par de produits chimiques – très rependue en ville. Dans des villes où la connaissance sur les produits phytosanitaire n’est pas encore bien répandue parmi les exploitants, ce savoir désigne un savoir commercialisé comme le savoir pharmaceutique (Séhouéto, 2002) qui est vendu par les médecins et les guérisseurs.

Selon Séhouéto (2002), le travail en entraide permet de voir des techniques agricoles des autres exploitants. Cela est vrai aussi pour la main-d’œuvre qui apportent de connaissance, comme le Soussou à Rufisque ou qui reçoivent de connaissance sous forme d’instructions de leur patron à Lomé. Après quelques années de main-d’oeuvrage, l’ouvrier peut devenir exploitant avec ses propres parcelles (Kouvonou, 1998).

L’implication du service de vulgarisation et de la recherche dans le réseau du savoir agricole diffère par le continu de connaissance vulgarisée, la fréquence de contact et l’amplitude du réseau autour de ces personnes ressources. Enfin, on peut dire que ces réseaux sont différents pour chaque ville-site analysé.

La connaissance et le savoir-faire sont des conditions préalables à la disposition pour le ramassage des ordures organiques et l’application du compost phytosanitaire. Mais ils ne suffisent pas à susciter la participation au ramassage et l’application du compost phytosanitaire comme l’étude le montrera plus loin.

2.2.  Gestion des ordures

Les ordures traitées dans cette étude sont des ordures solides organiques et inorganiques venant des ménages urbains et périurbains. Lors de la préparation des repas les déchets de préparation sont souvent mélangés avec l’eau de lavage des aliments. En Afrique de l’Ouest, les ordures solides et liquides sont versées dans des ruisseaux, dans la mer, dans des caniveaux ou dans des fosses septiques. Les ordures liquides essentiellement sont aussi versées dans les rues sablonneuses ou revêtues. Malgré que les ordures liquides soient souvent riches en matière organique et le processus de compostage nécessite de l’eau pour la fermentation, ces ordures ne sont pas prises en compte dans la présente étude.

Le seul cas rapporté de collecte des ordures liquides est selon les enquêtes celui de Cotonou (qui ne fait pas partie des villes-site), où on a cherché à collecter les ordures liquides pendant une période.

Seules les ordures solides sont ramassées par les organisations de ramassage ou stockées sur des dépôts sauvages, incinérées ou enfouies dans la cour ou devant la cour ou jetées aux champs. Les excréments humains peuvent être mélangés avec les ordures dans des concessions sans toilettes ou latrines.


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2.2.1.  Gestion traditionnelle des ordures dans la concession

Selon les enquêtes et les observations dans les 5 villes-site, la gestion des ordures est sous la responsabilité des femmes. La dépendance sociale entre ces femmes influence cette gestion. Si la concession est habitée par les membres d’une seule famille, la femme qui occupe la position la plus haute dans la hiérarchie est la responsable – souvent la grand-mère. Mais en fait le nettoyage se fait par des enfants – si on demande – sous l’ordre de la femme à qui la femme responsable a délégué le nettoyage. Les exécutants de nettoyage sont des jeunes filles, des enfants, des femmes ou la bonne. Les garçons sont également appelés à nettoyer. Cependant, on voit moins de garçons que des filles s’occuper de balayage. Il est même rare de voir un homme nettoyer la cour. Il faut noter que le savoir-faire de nettoyage est transmis aux filles et garçons mais finalement il est exécuté par des femmes et des filles ou des bonnes.

Dans certaines cultures, le nettoyage autour de la maison implique le balayage et le sarclage des herbes autour de la maison pour empêcher les serpents et d’autres reptiles de se cacher dans ces herbes ou dans les ordures. Par exemple en Ewé, il y a un mot pour les ordures qui signifie aussi les herbes et les ordures ménagères .

Le transfert du savoir et la délégation de la responsabilité de la gestion des ordures apportent certaines défaillances sur la qualité de nettoyage. Par exemple, les veilles femmes de Lomé savent très bien et elles disent certainement aux enfants de tamiser les ordures regroupées avant de les mettre dans la poubelle. Mais les ordures contiennent beaucoup du sable, preuve qu’elles n’étaient pas tamisées avant la mise en poubelle.

Le tamisage a trait à trois arguments principaux :

En plus, le sable gêne le compostage car il réduit nettement le pourcentage de la matière organique dans les ordures, donc la bio-activité des ordures. Malgré tous ces arguments, il est rare de voir un ménage dans lequel on tamise les ordures. Les problèmes d’effondrement des maisons sont fréquents.

Entre des co-épouses, une cogestion est fréquente. Celle qui prépare le repas doit nettoyer ce jour-là. Si la cour est partagée, chacune nettoie sa partie. Entre des colocataires, la cour est généralement partagée et chacune s’occupe de sa part.

La délégation de nettoyage et sa gestion partagée occasionnent des gestions de frais d’évacuation des ordures complexes. Cela empêche des ménages ou des concessions de pouvoir s’abonner à une organisation du ramassage des ordures car lors du payement les animateurs rencontrent trop de retard ou de non-payement même. La raison la plus observée pour l’abandon d’un abonnement de ramassage des ordures à Lomé était les « problèmes financiers ». Le payement régulier 7représente un obstacle également rapporté à Conakry par les agents des PME et du service public de transport des déchets.

Car le ramassage est conditionné du payement, des ménagères brûlent ou enfouissent des ordures dans ou devant la concession. D’autres les jettent dans la mer, des rivières, des caniveaux et des rues où elles sont emportées par l’eau. Cette dernière technique est observée dans des quartiers en pente en saison de pluie. Cela réduit le nombre des abonnés au ramassage en saison de pluie.

L’importance des différentes modes d’évacuation d’ordures diffère selon la ville ou le quartier. A Conakry, Rufisque et Lomé, les services de ramassage privés ou publics jouent un rôle important pour l’évacuation des ordures. Les dépôts sauvages parfois même officialisés sont les lieux d’évacuation des ordures les plus fréquents sauf à Conakry.

L’incinération des ordures est pratiquée surtout dans des villes sans service de ramassage des ordures comme Tsévié et Timbi Madîna. L’apport des ordures au champ ou dans le jardin est une technique fréquente à Timbi Madîna et moins important à Rufisque. Elle est négligeable dans des autres villes. L’enfouissement des ordures est pratiqué un peu partout, mais toujours d’une faible importance. La pollution des caniveaux et de la mer par des ordures est faite à Conakry et à Rufisque. (Voir Tableau 1)

Tableau 1 : Mode d’évacuation des ordures dans des différentes villes-site lors du démarrage de l’étude

Mode d'évacuation d’ordures

Conakry

Timbi Madîna

Rufisque

Tsévié

Lomé

Total

Caniveaux, mer, rue …

15%

0%

5%

0%

1%

4%

Dépôts sauvages /officiels

6%

37%

34%

61%

53%

39%

Enfouissement

6%

2%

0%

7%

2%

3%

Incinération

7%

23%

10%

31%

1%

16%

Jardin

1%

38%

16%

0%

0%

12%

Service de ramassage

66%

1%

35%

2%

43%

25%

A Conakry malgré que 91 % des ménages aient accès au service de ramassage, uniquement 66 % évacuent leurs ordures essentiellement par ce service. A Timbi Madîna, 6 % des ménages sont abonnés, dont 5 % des ménages transforment leurs ordures en compost et évacuent les ordures non biodégradables par le service de ramassage.

2.2.2. Gestion traditionnelle des ordures aux villages

Selon mes observations et la littérature (Séhouéto, 2002), les ordures sont traditionnellement portées aux champs au Mali, au Bénin et au Togo. Au Sud de Togo, cela est reflété par le vocabulaire, par exemple le mot pour « tas des ordures » est le même que celui pour « fertilisant ».


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A Timbi Madîna et à Laaba, qui est un village au Nord-est de Timbi Madîna, les ménagères jettent les ordures dans le jardin soit en tas qui se décompose ou en les éparpillant. Sous-entendu que le jardin est cultivé par les femmes en culture mixte.

Selon Séhouéto (2002) et mes observations du terrain au Bénin et au Mali, la gestion de la propreté des places publiques est à la charge de jeunes. Selon la classe d’âge, des groupes des jeunes sont responsables d’une ou de plusieurs places publiques précises. Ces groupes doivent nettoyer la place et veiller à sa propreté. Ces classes d’âge forment des réseaux sociaux qui peuvent durer toute la vie. Les groupes d’entraide agricoles sont souvent issus de ces classes d’âge.

Les notables et le chef du village contrôlent le travail de nettoyage du village par les jeunes. Le dynamisme du chef de village ou ses notables influence fortement la propreté du village et en ville la propreté du quartier. Les autorités traditionnelles appellent les jeunes pour le nettoyage du village ou du quartier.

A Kano, au Nigeria, des fertilisants à base des excréments, des ordures ménagères, balayures des rues et de la cendre sont utilisés dans l’agriculture périurbaine depuis des siècles. (Lewrock 1995 in Asomani-Boateng, R. and Haight, M. in Smith 1999)

2.2.3. Gestion actuelle des ordures en ville

En Afrique de l’Ouest francophone, la gestion des ordures est réglementée par des lois et des décrets. Les ordures sont généralement la propriété de la commune. La gestion pratiquée ne corresponde pas toujours aux règlements en rigueur. Par exemple, la pratique des dépôts d’ordures dans la rue de temps en temps incinérés est en général illégale.

Une multitude des manières de gestion des ordures est observée en Afrique de l’Ouest. Ces gestions diffèrent de ville en ville et de quartier en quartier. Dans toutes les villes, le ramassage était en transformation et développement pendant la durée du projet. Des ateliers sur l’amélioration de la gestion des ordures ont eu lieu à Conakry, à Lomé, à Tsévié et à Rufisque pendant le projet.

Il y a des initiatives individuelles comme celles des femmes (pauvres) qui ramassent des ordures contre un payement par enlèvement et en fonction de la quantité. Pendant les vacances scolaires, il s’y ajoute des jeunes qui ramassent les ordures contre une redevance. Ces deux variantes évacuent les ordures vers de dépôts sauvages ou si possible aux dépôts officiels. Malheureusement, des dépôts officiels sont très rares.

Les notables et les chefs du quartier organisent des « Set-sétal » (au Sénégal) ou des « quartier propre » (au Togo) de temps en temps pour le nettoyage du quartier. Cela est fait par les femmes et les jeunes du quartier. Parfois, la municipalité ou une entreprise du quartier les aide avec un camion ou une pelle. Selon leurs moyens, les ordures sont brûlées ou évacuées vers une décharge officielle. L’absence à ces actions peut être sanctionnée d’une pénalité financière.

Les services publics ou privés ramassent des ordures de porte-à-porte aux points de regroupement ou directement à la décharge finale avec des camions, des charrettes 9ou des pousse-pousses. Ces deux derniers moyens de transport permettent uniquement un ramassage aux points de regroupement d’ordures et sont généralement privés. Le payement de ces services s’effectue par enlèvement ou sous forme d’un abonnement mensuellement par concession ou par ménage. Les services privés et publics souffrent de détournement de fonds dans la comptabilité ou par les ramasseurs avec des abonnés non déclarés.

La gestion communale des ordures en ville rencontre des problèmes multiples et elle est rarement fonctionnelle. Des dépôts sauvages fréquents sont la conséquence. En ville, les problèmes de la gestion des ordures par la commune sous forme de corruption sont décrits par Bouju (1998) pour plusieurs cas au Mali. En effet, tous disfonctionnements de ramassage des ordures rencontrés dans des différentes villes-site du projet peuvent être expliqués et sont d’ailleurs expliqués par des personnes ressources par des problèmes liés à la corruption.

Selon les enquêtes, dans toutes les villes, les ménages sont conscients des problèmes d’hygiène liés à la mauvaise gestion des ordures. Ils se plaignent que les rues sont salles. Ils reconnaissent en majorité la propreté de la rue comme un devoir de la population.

En guise de conclusion, on peut dire que les problèmes de corruption empêchent la population de trouver une solution à la gestion collective des ordures. Néanmoins, les stations du compostage du projet ont cherché à apporter leur contribution à cette solution.

2.2.4. Disposition à participer au ramassage des ordures

Avant de chercher à savoir si les ménages sont prêts à participer au ramassage des ordures, dans les enquêtes, ils étaient demandés comment ils jugent la propreté de leur quartier et s’ils pensent que leur quartier est propre.

Les critères de propreté sont en premier lieu l’absence des ordures et des mauvaises herbes, les balayages et les sarclages effectués, de même que l’absence des mouches, des moustiques et de flaque d’eau dans toutes les villes-site. (Kessler, 2001 et 2002)

A Tsévié dans certains quartiers, les ménages se sont plaints du fait que leur quartier ne soit pas propre, alors que dans d’autres quartiers, les ménages ont été bien contents de la propreté de leur quartier. En recherchant la cause de cette différence, il s’est ensuivi que les quartiers jugés propres ont été gérés par chefs de quartier dynamiques qui font faire plus fréquemment des actions « quartier propre ». D’autres quartiers propres se sont dotés d’une organisation de ramassage des ordures comme des quartiers aisés de Lomé ou de Tsévié. Les quartiers jugés sales sont gérés par des vieux chefs de quartier, ou des chefs moins dynamiques. Dans toutes les villes, les ménages ont été dérangés par la malpropreté de leur quartier. (Kessler, 2001 et 2002)

La première cause du mécontentement exprimée concernant la saleté du quartier a été que les ordures sont à la source de maladies. La honte et le mal à l’aise ont été signalés au deuxième et troisième rang. La propreté du quartier est aussi important 10dans la mesure où elle confère une bonne impression vis-à-vis un « étranger » qui vient dans le quartier (ici « l’étranger » est une personne qui n’est pas du quartier). (Kessler, 2001)

Selon les ménages de Tsévié et de Rufisque, la tâche de nettoyage du quartier revient à sa population surtout aux femmes par entretien et balayage du quartier. Très peu de ménages réclament l’intervention de la mairie ou de la voirie ou des chefs ou notables du quartier, ni des camions ou des infrastructures (containers) dans des petites ou moyennes villes. Cependant, eux-mêmes ont fait le constat que les quartiers soient sales. Peu des chefs de ménage ont pu faire l’analyse que les habitants ne sont pas en mesure de s’organiser pour le ramassage des ordures. (Kessler, 2001 et 2002)

En enquête, les ménages qui n’évacuent pas leurs ordures par un ramassage institutionnalisé, ont été demandés s’ils souhaitent évacuer leurs ordures par un ramassage institutionnalisé ou pourquoi ils ne sont pas abonnés au service de ramassage.

A Conakry, 91 % des ménages évacuent des ordures par les services de ramassage. Ceux qui ne sont pas abonnés à une PME (Petite ou Moyenne Entreprise) d’évacuation des ordures le justifient par un manque de moyens financiers (33 %), l’irrégularité du service de ramassage (17 %), la préférence de l’évacuation sur un dépôt sauvage (12 %) et l’absence d’un service de ramassage (11 %). Ce qui est faux selon les renseignements à la mairie de Matoto et les PME chargées du ramassage des ordures dans les quartiers enquêtés.

A Timbi Madîna, 59 % des ménages souhaitent un abonnement à un service de ramassage surtout pour les ordures non biodégradables.

A Rufisque, 71 % des ménages évacuent des ordures par une institution de ramassage des ordures. 14 % des ménages souhaitent un ramassage institutionnalisé. Ces ménages sont dans le quartier de Gouyguimpar qui n’avait pas un service de ramassage car c’est un nouveau quartier.

Par ailleurs à Rufisque, le ramassage des ordures est gratuit. En principe, il y a des impôts à payer qui seront en partie utilisés pour le ramassage des ordures mais très peu de gens payent les impôts communaux.

A Lomé, 90 % des ménages souhaitent participer en payant au ramassage des ordures.

A Tsévié, 3 % des ménages sont contre un ramassage institutionnalisé des ordures.

En conclusion, on peut dire que les ménages sont en majorité disposés d’évacuer leurs ordures par un service de ramassage des ordures. Le point de discussion est le coût de ce service et non pas le oui ou non.

A Tsévié, on a approfondi la question à la disposition du payement. 10,1 % des chefs de concession veulent une organisation gratuite, 46,7 % des chefs de concession (homme) sont disponibles à payer et proposent un prix. Le payeur de frais proposé par les hommes et les femmes diffère (Tableau 2). 27 % des chefs de ménage 11(homme) proposent de payer eux-mêmes et 25 % des chefs de ménage renvoient la balle aux femmes. Néanmoins, 35 % des chefs de ménage féminin se proposent de payer elles-mêmes les frais d’évacuation des ordures.

Tableau 2 : Payeur de frais d’évacuation des ordures pour une organisation imaginée

Payeur proposé

Genre de la personne enquêtée

Homme

% des hommes

Femme

% des femmes

Femme

100

25,1

139

34,9

Homme

108

27,1

21

5,3

Cotisation

5

1,3

7

1,8

Personne

40

10,1

60

15,1

A voir

8

2,0

5

1,3

Sans réponse1

137

34,4

166

41,7

Donc le ravitaillement en ordures ne posera pas de problème pour les stations de compostage. Les ménages sont disponibles à donner des ordures et même à payer pour l’évacuation. Cette disposition de payer est encore analysée ci-dessous pour le cas de Lomé.

A Tsévié et à Timbi Madîna, la disposition de payer pour une collecte des ordures est plus élevée dans le centre où il n’y a pas de place pour un dépotoir sauvage.

2.2.5.  Les aspects d’hygiène des ordures

Selon nos enquêtes, dans toutes les villes-site, les ménagères associent les maladies avec les ordures. Néanmoins, beaucoup de maladies qui ne sont, selon la sensibilisation pour l’hygiène et des résultats scientifiques, pas liées aux ordures comme par exemple le rhume et la fièvre jaune sont mises en relation avec les ordures (Enten, 1999). Les agents des services d’hygiène et les ménagères font le lien entre les ordures, les moustiques et le paludisme. Cela est souvent refusé par les scientifiques (Séminaire à Accra sur l’impact de l’agriculture urbaine sur la prolifération du paludisme, 2002).

Les ménagères ne sont pas toujours conscientes des microbes et leurs agissements (Enten, 1999). Un danger des ordures est leurs odeurs qui sont vues comme la source de maladies. Cela explique la différentiation entre les ordures nauséabondes et les ordures qui ne puent pas.

2.2.6. Valorisation des ordures et tri à la source

La valorisation des restes de repas la plus directe consiste à les donner aux mendiants et aux animaux domestiques de la concession ou du voisin. Les papiers et la matière plastique sont fréquemment gardés pour allumer le feu. Des bidons, bouteilles, sachets plastiques et boîtes sont mises de côté pour y mettre encore des 12aliments ou d’autres choses. Des bidons plastiques et des bouteilles sont aussi revendus ou donnés pour être revendus aux marchés.

Des ménagères jettent les ordures non triées pour la fabrication du compost non contrôlée pour ne pas dire « compost sauvage » dans les villages de la première région du Mali dans le premier cercle des champs autour du village (observation en 1998) et dans les jardins des Peuls en Guinée et sur les dépôts d’ordures à Conakry et au Sud de Togo (observation dans le cadre du projet) et Bénin (Séhouéto, 2002).

Le tri à la source demande de verser les ordures selon leur nature dans des poubelles différentes. Il est pratiqué pour les objets récupérés par les ménages comme par exemple les bidons, les bouts de bois et des papiers ou de la matière plastique. Le tri à la source séparant la matière organique de la matière inorganique est rarement pratiqué par les ménagères. Néanmoins, le projet a introduit le tri à la source au niveau de ménage test.

A Timbi Madîna, les ménages avec une seule ménagère préfèrent un ramassage des ordures par une organisation et sont moins disponibles à trier les ordures à la source. La majorité (95 %) des ménages trie des ordures pour leur propre besoin. Des ménages avec 3 ou plus de femmes préfèrent évacuer eux-mêmes les ordures.

A Timbi Madîna, les ménagères ne voulaient pas participer à la collecte des ordures biodégradables mais à celle des ordures non biodégradables car ils ont besoin de leur matière organique pour leur propre compostière.

42 % des ménagères sont disposées à trier les ordures à la source à Conakry. Si le ménage est le seul dans la concession 54 % des ménagères sont disposées au tri à la source, cela explique aussi pourquoi à Conakry les concessions avec 1 – 3 femmes sont plus disposées à trier les ordures que des concessions avec beaucoup d’habitants. A Conakry le statut de propriété (location ou propriétaire) ne joue pas sur la disponibilité pour le tri à la source. La disposition au tri à la source est plus faible chez les Malinkés (33 – 36 %), et plus élevé chez les Soussous (46 – 47 %). Elle ne dépend ni de la profession de la femme ni du niveau de formation de la ménagère. Par contre, les éleveurs d’animaux et les agriculteurs pratiquant sont plus disposés à trier les ordures à la source.

2.3. L’agriculture urbaine et périurbaine (AUP)

La définition de l’agriculture urbaine dépend de celle de la ville, de la discipline et du pays.

L’administration a tendance à définir une ville par sa taille minimale en nombre d’habitants. Cependant, la densité de la population et la verticalisation des bâtiments (construction en étages), l’équipement social (école, hôpitaux, marché, etc.) et les sources de revenus plus diversifiées qu’en milieu rural (Cour, 1990) sont également des facteurs à prendre en compte.

Selon Catherine Coquery-Vidrovitch (1985), la ville est un centre de densification humaine et de diffusion culturelle. Son existence est permise par des conditions économiques et politiques particulières pour l’organisation de la production et des 13échanges : un surplus agricole nourrissant des spécialistes non agricoles, une classe de dirigeants, une classe de marchands.

L’agriculture urbaine ou périurbaine ne s’arrête pas aux limites administratives de la ville, elle s’arrête par l’influence de la ville sur le système de production qui est adapté aux besoins de la ville (demande en légumes, fruits et aliments de base) ou à l’offre (foncier, main-d’œuvre, fertilisants, eau usée, infrastructure, etc.) de la ville.

Selon Fleury (1997), la définition de l’agriculture urbaine est « une expression polysémique, dont les sens principaux sont :

  1. Dans le langage des agronomes tropicaux, il s’agit de l’agriculture vivrière interstitielle qui utilise à des fins essentiellement d’autoconsommation (sauf quelques surplus vendus localement) les terrains délaissés à l’intérieur des villes, quelle que soit leur taille ;
  2. dans le même sens de production familiale, mais avec une signification psychosociale très différente, ce terme commence à être utilisé dans les pays développés pour désigner les jardins familiaux, en développement rapide actuellement ;
  3. Ce terme est également employé pour désigner les systèmes de cultures des espaces verts urbains (L. M. Rivière, INRA Agronomie) ;
  4. Enfin, P. Donadieu et A. Fleury l’emploient pour les systèmes agricoles des périphéries urbaines orientés vers les nouveaux besoins urbains. » (www.inra.fr/dpenv/fleurc31.htm#au)

Une définition plus générale et applicable pour le cas des villes-site est donnée par la FAO (s. d.) qui dit : L’agriculture urbaine et périurbaine (AUP) est pratiquée dans le monde entier à l’intérieur des limites administratives des villes ou aux alentours de celles-ci. Elle comprend les produits provenant de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de la sylviculture, ainsi que leurs fonctions écologiques. Souvent, de multiples systèmes d’exploitation agricole et horticole existent déjà dans les villes et à proximité. (www.fao.org/ag/fr/magazine/9901sp2.htm)

2.3.1. Les systèmes de production et leur emplacement typique

En Afrique de l’Ouest, l’agriculture urbaine et périurbaine peut être catégorisée en quatre systèmes de production végétale : (Kessler, 2002)

Les exploitants produisant des aliments de base en pluvial cultivent selon le climat surtout le maïs, le sorgho, le mil, le manioc et l’arachide. Ils utilisent la houe et parfois des tracteurs par exemple dans la base militaire à Lomé. La production sert à l’autoconsommation ou aux cadeaux (dons). La production en pluviale est rencontrée dans la zone périurbaine et à la périphérie des villes de même que sur des petites surfaces au bord des rails, des rues ou dans les cours des services administratifs et sur des parcelles non bâties.


14

La production irriguée des plantes ornementales est dominée par les hommes. Ce système de production n’est pas analysé dans cette étude. Ils cultivent des plantes multiples. Leur clientèle est composée des expatriés et des « riches » donc ces producteurs parlent français. Ils ont souvent un niveau de formation élevé et suivi des formations professionnelles en foresterie. On les rencontre dans des quartiers en construction ou en centre ville où les « riches » passent en voiture en allant au travail ou au retour.

Les légumes des zones tempérées ont été introduits par des colons. Les maraîchers produisent surtout de Lactuca sativa (laitue), d’Allium cepa (oignon), de Brassica oleracea (choux), de Daucas carota (carotte), de Lycopersicum esculentum (tomate), de Solanum melongena (aubergine), de Solanum tuberosum (pomme de terre), etc. Car ces légumes ne sont pas adaptés au climat tropical, ils souffrent des ravageurs et des maladies. Les exploitants utilisent des pesticides en conséquence. Ce système de production demande beaucoup de capital de démarrage et un fonds de roulement assez élevé. Il faut acheter des semences - la plupart de temps importé depuis l’Europe -, des fertilisants et des pesticides. En plus, il faut payer la main-d’œuvre pour l’entretien des parcelles et l’irrigation souvent manuelle. Le service de vulgarisation en ville s’intéresse à ce système de vulgarisation de même que les ONG promouvant l’agriculture. Ces exploitants sont généralement bien organisés en groupements, union et même en fédération. Compte tenu du besoin de l’eau pour l’irrigation, ils se trouvent en proximité de retenus d’eau, de conduites d’eau, de rivières ou au bord de la mer où la nappe n’est pas profonde, si la nappe n’est pas salée.

Les femmes produisent généralement des légumes traditionnels à feuilles comme l’Ipomea batatas (patate douce) à feuilles, l’Amaranthus (amarante, « fontètè »), le Solum macrocarpum (aubergine à feuilles, « Gboma »), le Corchorus olitorius (« Adémé »), l’Hibiscus esculentus (Gombo), l’Hibiscus sabderiffa (bissap), la Vigna (haricot) à feuilles, l’Allium cepa (oignon) à feuilles, le Capsicum frutescens (Piment) etc. Les semences de ces cultures peuvent d’être produites sur place. Les cultures sont moins sensibles aux maladies et aux ravageurs. Les cycles de production sont plus courts. Par ailleurs, les feuilles sont récoltées en fréquence de toutes les 2 à 3 semaines sur la même culture. Cela crée de revenus réguliers aux femmes avec un petit capital de démarrage. Aussi bien que la production de légumes de zones tempérées, les cultures traditionnelles à feuilles nécessitent l’irrigation. Le système de production est rencontré au bord des lacs, des retenus d’eau, des conduites d’eau, des ruisseaux, des rivières et de la mer.

L’emplacement des différents systèmes de production est schématisé dans Figure 1.


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Figure 1 : Cercles des systèmes de production de l’agriculture urbaine et périurbaine en Afrique de l’Ouest

Si la ville se trouve au bord de la mer, la partie à droite de la line diagonale représente toute la ville.

Conakry et Lomé sont des capitales de pays. Alors, les agriculteurs de ces villes et leurs alentours produisent surtout pour ces villes. Les agriculteurs de la ville de Tsévié et de Timbi Madîna cultivent pour eux-mêmes et pour les capitales, c'est-à-dire Tsévié produit du Manihot utilissima (manioc) pour Lomé et Timbi Madîna produit la pomme de terre (Solanum tuberosum) pour Conakry.

Dans les villes secondaires ou les villes à la périphérie de grande ville selon le quartier d’origine, le ménage a accès à des terres des localités différentes. Si la terre est apte à des cultures commercialisées en ville quelqu’un de la maison peut se spécialiser pour ces cultures. L’agriculture commerciale s’y installe. Les agriculteurs commerciaux ont la possibilité d’acheter des intrants comme l’engrais et des pesticides, donc ils font partie du groupe cible du projet.

Si le terrain permet une irrigation, on peut entrer dans la production de légumes en contre-saison ou pendant toute l’année. La culture irriguée demande encore plus d’intrants.

En conclusion, on peut dire que les systèmes agraires rencontrés dans une zone diffèrent selon le quartier d’habitat ou plutôt d’origine de l’exploitant. (Kessler, 2000, Rapport annuel)


16

2.3.2.  Comparaison des climats des villes-site

Les 5 villes-site du projet différent par la pluviométrie, la durée de la saison de pluie et la profondeur de la nappe phréatique comme présenté dans le Tableau.

Tableau 3 : Situation climatique et disponibilité de l'eau sur les sites du projet

 

Dakar

Conakry

Lomé

Tsévié (Togo)

Timbi Madîna

Pluie annuelle, mm

400

4 000

800

1 200

1 800

Durée de la saison de pluie

juillet – septembre

Avril – novembre

Avril – juillet,

Septembre – octobre

Avril - novembre

Nappe phréatique

5 – 50 m

0 – 5 m

2 – 5 m

environ 30 m

0 – 15 m

(Kessler, 2001)

Dakar reçoit le moins de pluie de toutes les villes-site avec 400 mm par an. Conakry reçoit 10 fois la quantité de pluie que Dakar. A Lomé, la double quantité et à Tsévié, la triple quantité de pluie que Dakar tombe. Timbi Madîna reçoit un peu moins que la moitié de pluie que Conakry.

Les agriculteurs de Conakry disposent de plus d'eau car la nappe phréatique est superficielle et la quantité d’eau tombée est abondante. A Lomé, la pluie n'est pas abondante mais la nappe est très proche donc le maraîchage est possible toute l'année à partir de l'eau de la nappe. A Timbi Madîna, le réseau d'irrigation donne de l'eau aux agriculteurs de bas-fonds aménagés en toutes saisons. A Tsévié et à Rufisque, les agriculteurs dépendent de la pluie surtout. A Tsévié, la pluie est plus abondante qu’à Rufisque, ce qui permet des cultures plus exigeantes en eau. A Rufisque, soit on puise dans des puits profonds soit on s'abonne à la société de l'eau et on paie les factures en conséquence.

2.3.3. L’amélioration du sol dans l’agriculture urbaine et périurbaine

Les terrains cultivés par l’agriculture urbaine et périurbaine ne sont ni mis en jachère ni cultivés par des plantes fertilisantes. Cependant ils sont exploités chaque saison. Surtout les sols cultivés en maraîchage perdent rapidement leur fertilité s’ils ne sont pas fertilisés fréquemment. Les producteurs de légumes utilisent beaucoup de fertilisants organiques de même que chimiques.

Les agriculteurs en pluvial de Tsévié, disent à 60 % qu’ils n’entretiennent pas ou ne cherchent pas améliorer le sol. Néanmoins, 100 % des maraîchers de Lomé utilisent des fertilisants organiques ou minéraux.

Dans l’agriculture en pluvial, la mécanisation du labour se fait par culture attelée ou par tracteur. Les tracteurs sont utilisés sur des terrains de militaire mis en culture et de grande surface en agriculture périurbaine par exemple à Lomé et à Rufisque. La culture attelée est appliquée par les agriculteurs de Tsévié et de Timbi Madîna. Les autres agriculteurs et maraîchers utilisent des houes pour labourer leurs parcelles.


17

2.3.3.1.  Liens entre la gestion des ordures ménagères et l’agriculture périurbaine et urbaine

Les ménages fournissent la matière brute pour des fertilisants organiques dont les exploitants agricoles en ville ont besoin pour leur production.

Comme montré dans la partie sur la gestion des ordures (2.2), les ménagères ont de multiples façons pour se débarrasser des ordures. Les possibilités de la valorisation des ordures par les exploitants urbains et périurbains varient selon la façon appliquée.

Seules les ordures enfouies sont perdues pour l’agriculture urbaine et périurbaine dans l’immédiat.

Les restes de repas et les résidus qui sont dans certains ménages donnés aux animaux domestiques sont transformés par ces derniers en excréments qui peuvent être utilisés dans l’agriculture comme fertilisant.

Les ordures incinérées par la ménagère peuvent arriver au champ sous forme de la cendre.

Les ordures mises aux dépôts sauvages sont utilisées comme terreau dans la production de plantes ornementales. Parfois, des exploitants viennent les ramasser lorsqu’elles sont décomposées pour les mettre sur leurs parcelles. Les exploitants qui n’ont pas de possibilité de transporter des fertilisants issus des ordures cultivent des dépôts sauvages.

Même les ordures amenées à la décharge finale peuvent encore venir au champ. Des recycleurs vendent la cendre tamisée des endroits où les ordures se sont auto-incinerées, aux producteurs de plantes ornementales comme terreau.

Les ordures des marchés de légumes sont très riches en matière organique. Elles sont recherchées par des agriculteurs pour la transformation en compost. Parfois, le service de ramassage les amène directement chez les agriculteurs ou ces derniers viennent les chercher à la décharge.

L’agro-industrie comme les brasseries et les huileries fournit la drêche et les tourteaux aux agriculteurs qui les utilisent pour l’enrichissement du sol en matière organique.

Ces différents chemins des ordures sont schématisés dans la Figure 2.


18

Figure 2 : Processus de valorisation des ordures biodégradables dans l’agriculture périurbaine

Dans la présente étude, la valorisation des dépôts sauvages, de la cendre à base des ordures et la valorisation des excréments des animaux domestiques sont considérées comme des techniques traditionnelles. La valorisation des déchets de l’agro-industrie est une technique locale moderne. Les stations de compostage sont une technique exogène qui n’a pas quitté la phase d'expérimentation dans la zone d’intervention de l’étude.

2.3.3.2. Marché des fertilisants

Les exploitants urbains et périurbains utilisent des fertilisants organiques de même que des fertilisants chimiques.

Les engrais chimiques sont vendus en sac de 5 kg et de 50 kg, également en détail par kg ou par bol. La vente en sac passe souvent par le service de vulgarisation comme à Tsévié et à Rufisque.

A Rufisque, l’engrais chimique est un « don » destiné au groupement de cultures pluviales du service de vulgarisation. Par contre, les maraîchers doivent payer cet engrais chimique. La subvention des engrais chimiques affaiblit la compétitivité des fertilisants organiques tels que le fumier et le compost.

A Lomé, l’engrais chimique est vendu par le service de vulgarisation et par le privé. Néanmoins des pénuries d’engrais y sont enregistrées.

A Conakry, des vendeurs ambulants achètent les sacs de 50 kg que revendent en détail (par bol) comme au marché. Les engrais chimiques sont appelés en fonction de leur couleur – engrais blanc, engrais rouge. Cependant, les exploitants de Lomé 19les distinguent par leur nom technique réduit, par exemple 14,14 au lieu de 14 + 14 + 14 ou triple 14. L’appellation des engrais chimiques est spécifique à chaque ville.

Dans une ville donnée, le prix des engrais chimiques ne varie pas en fonction du type d’engrais. Il dépend plutôt du vendeur et de la distance de la boutique au champ.

Les excréments des animaux sont les fertilisants organiques les plus importants. Dans les villes où l’environnement est favorable à l’élevage des grands ruminants, les exploitants appliquent beaucoup du fumier. Dans les autres villes, le fumier ne vient que des abattoirs donc l’élevage de volaille devient le fournisseur le plus valable pour un ravitaillement régulier en fertilisant organique. Les excréments des petits ruminants sont d’une faible importance.

Les excréments du porc sont conditionnés par la religion. Si la consommation de viande de porc est permise, les excréments de porc sont disponibles sur le marché des fertilisants organiques.

Les prix des excréments d’animaux correspondent à la somme du prix d’emballage et celui du transport des étables aux champs. C’est-à-dire les excréments en soi ne coûtent rien.

Dans toutes les villes, les exploitants utilisent des ordures décomposées sur les dépôts sauvages, dans leur compostière ou dans le jardin pour la fertilisation du sol. La transformation des ordures en fertilisant est d’une importance secondaire.

Dans certaines villes, les exploitants amènent du charbon et de la cendre au champ pour la fertilisation. A Conakry, les maraîchères de feuilles d’oignon appliquent le charbon pour que les feuilles deviennent bien vertes.

L’importance des différents fertilisants varie d’une ville à une autre et d’un système de production à un autre. En enquêtes, nous avons recensé les fertilisants utilisés par les exploitants de différentes villes (Tableau 4).

Tableau 4 : Fréquences des fertilisants indiqués par les exploitants de différentes villes

Fertilisant

Conakry

Timbi Madîna

Lomé

Tsévié

Rufisque

Total

Autres (Feuilles et paille)

1%

12%

1%

5%

0%

2%

Charbon et cendre

23%

4%

0%

0%

7%

7%

Déchets industriels

1%

0%

5%

0%

0%

3%

Engrais chimique

41%

18%

37%

72%

39%

37%

Fiente de volaille

7%

1%

26%

5%

0%

15%

Excréments des grands ruminants

10%

57%

28%

1%

36%

27%

Excréments des petits ruminants

1%

1%

0%

6%

6%

2%

Excréments des porcs

4%

0%

0%

1%

0%

1%

Terreau, dépôt d'ordures

12%

6%

4%

9%

11%

7%


20

2.3.4.  Compost

Plusieurs modes de fabrication et qualités du compost sont connus. La matière biodégradable peut être transformée en compost par des fermentations en anaérobie et en aérobie. La fermentation en anaérobie développe des gazes inflammables. Cette transformation est utilisée pour une valorisation thermique. Par la fermentation en aérobie, un compost agent d’amélioration du sol est obtenu. Par la suite, seul le compost issu d’une fermentation en aérobie est pris en compte.

Les différentes organisations qui contrôlent la qualité des composts en vente se donnent de normes à respecter par des producteurs des composts.

Par exemple en Allemagne, le « Bundesgütegemeinschaft Kompost e. V.“ différencie 4 catégories des composts : compost frais, compost fini, compost à couverture du sol et compost à terreau. Les catégories diffèrent selon l’objectif d’application, les matériels bruts, la durée de fabrication, la taille granulaire, le degré de pourriture, etc.

Les composts débattus dans cette thèse peuvent être classifiés comme compost fini. Ce compost n’agit plus en contact avec l’eau (un des critères de maturité du compost). Il est d’une taille granulaire fine qui l’exclut de l’utilisation comme couverture du sol.

Les normes de qualité du compost fini limitent la teneur en plastique, verre, matière dure, métaux lourds et des substances toxiques de même qu’en agents de maladies. Elles décrivent aussi la composition en NPK et oligo-éléments ainsi que la teneur en eau.

La qualité du compost dépend de la propreté et de la composition de la matière organique brute et du processus de la fermentation. Ce processus peut être contrôlé par la manière de la mise en tas de la matière brute, par la taille du tas, par la teneur en eau du tas, par l’aération et par l’arrosage du tas pendant la fermentation, par le nombre de retournements, par la durée de la fermentation, par la couverture du tas et par les tamisages des matières.

Les composts produits par les stations de compostage du projet sont faits à base des ordures ménagères mélangées avec des excréments d’animaux (p. e. fiente de volaille à Lomé) et/ ou la matière verte fraîche. Le fait de combiner la matière végétale avec des excréments d’animaux vise à optimiser la relation C/N. A Timbi Madîna, suite au manque des ordures ménagères, le compost se faisait essentiellement à base des feuilles mortes.

Dans les stations de compostage, la température a été contrôlée pour suivre la fermentation. Un échauffement du tas à 70 – 90 °C est souhaité pour une transformation bonne et rapide, la réduction des agents des maladies (humains et des plantes) et la stérilisation des semences de mauvaises herbes. En cas de surchauffement du tas, il était ouvert et/ou arrosé. Selon les besoins, les tas étaient tournés plusieurs fois. Après chaque tournement et arrosage, le tas de compost s’échauffe encore. Une fois le compost ne s’est échauffé plus la fermentation est terminée. Il est alors tamisé et mis en sac.


21

Lors des enquêtes, les fabricants du compost pris en compte le faisaient à base des ordures ménagères et/ ou des résidus de récoltes mélangés avec des excréments des animaux.

Un dépôt sauvage d’ordures se distingue ou non du compost ménager par le tri de la matière brute. Le tri de la matière mise en compost n’est pas appliqué par tous les ménages qui pratiquent le compostage. Souvent, les ménagères disent qu’il est plus facile de trier ou tamiser le compost que la matière organique brute. Le compost ménager ne se distingue donc plus d’un dépôt sauvage des ordures décomposées.

Les composts à base des ordures et sa vulgarisation sont études aussi ailleurs, par exemple en 2000, une étude sur la gestion des ordures à la base a eu lieu à Kampala, la capitale d’Ouganda. Cette étude a porté sur la gestion des ordures à Kampala : le compostage, les potentialités du compost, les techniques de compostage. Elle a élaboré un concept sur le compostage décentralisé dans l’arrondissement de Kawempe à Kampala sur la base d’une station de compostage pilot. Dans le cadre de cette étude, des élèves de l’école primaire Mengo de Kampala ont suivi une formation sur le compostage. (Kraus, 2001)

Par ailleurs, entre 1999 et 2002 le projet APUGEDU financé par l’union Européenne est intervenu à Bamako et à Ouagadougou pour analyser les potentialités des déchets (boue de fosses septiques, ordures ménagères mélangées avec la paille etc.) pour l’agriculture urbaine et la gestion de cette application des déchets par les communes et les associations. (www.lei.nl/apugedu/index.php3)

2.3.4.1. Les effets du compost

Selon Fuchs (2003) « Le compost influence de manière indirecte la santé de plantes en améliorant, grâce à l’apport de complexes humiques stables la structure du sol ». Cette amélioration résulte de l’augmentation de l’aération du sol, et de l’amélioration du bilan hydrique du sol et la minéralisation des éléments fertilisants, etc. « Les plantes peuvent ainsi mieux s’enraciner et sont pourvues plus régulièrement en éléments fertilisants et en eau. Elles sont ainsi moins stressées et donc plus résistantes aux maladies. D’autre part, l’amélioration de la structure du sol permet une réduction de l’érosion des sols, qu’elle soit due à l’eau ou au vent. De plus, l’apport fertilisant des composts ne se réduit en effet pas aux éléments majeurs N, P, K et Mg, mais comprend également un mélange équilibré d’oligo-éléments. Ceux-ci jouent un rôle important pour l’équilibre des plantes et donc aussi pour leur résistance aux maladies.

Les composts influencent également la santé des plantes de manière directe. Les microorganismes présents dans les composts influencent la vie microbienne du sol, positivement ou négativement suivant la qualité du compost. Dans un compost produit selon les règles de l’art, une stérilisation naturelle a lieu pendant la première phase de la montée en température ; après quoi une microflore utile se développe pendant la phase de maturation, microflore contenant une importante population de microorganismes antagonistes. Cette microflore a un potentiel important pour protéger activement les plantes contre les maladies. On dit alors que le compost est suppressif. » (Fuchs, 2003)


22

« Tous les composts ne possèdent pas la même faculté à protéger les plantes contre les maladies. De plus, suivant le traitement que l’on fait subir à un compost, on peut détruire cette faculté. » (Fuchs, 2003)

Ces aspects de la qualité du compost et de son efficacité contre des maladies ont été traités par les parties de phytopathologie du projet décrit plus haut et ne seront pas discutés dans cet étude.

Le département physiologie de cultures et recherche de qualité de l’institut de science de légumes à l’université technique de Munich a étudié l’impact des ordures de marché compostées sur l’alimentation de légumes et le besoin en légumes au marché à Cagayan de Oro City, Mindanao, Philippines, de 1999 à 2000.

2.3.4.2. L’utilité phytosanitaire du compost

Regardant les effets phytosanitaires plus en détail, Hoitink (Octobre 1997) fait remarquer que le compost peut aider à contrôler des maladies des plantes et réduire les pertes par quatre mécanismes:

(1) compétition avec succès pour des nutriments par des micro-organismes utiles ;

(2) production des antibiotiques par des micro-organismes utiles ;

(3) prédation avec succès contre des pathogènes par des micro-organismes utiles ; et

(4) activation des gênes de résistance des maladies dans les plantes par les composts.

Depuis 1986, des chercheurs analysent des composts pour voir leurs impacts phytosanitaires sur les cultures. Hoitink et Hahy (1986) ont travaillé avec les composts frais d’écorces de feuillus qui contiennent des composés fongicides et nématotoxiques solubles spécifiques.

Selon Hoitink et ses collègues, l’écorce de bois dur compostée a la meilleure suppression de maladies de tous les composts testés jusqu’à présent. Des cultivateurs ajoutent typiquement 15% en volume de compost de l’écorce de bois dur au terreau destiné aux cultures susceptibles de Phytophthora de pourriture de racine (taxus, rhododendron et autres). Au champ, des essais contrôlés ont révélé que des écorces de bois dur suppriment la Phytophthora (pourriture de colle des pommes) et le Verticillium (flétrissement des érables). (Hoitink, H. A. J., Mary, A. R., and Randall A. Z., Janvier 1997)

Gamiel et Stapleton (1993) ont travaillé sur la décomposition des crucifères qui libèrent des composés toxiques soufrés qui, en concentration suffisante, inhibent irréversiblement des micro-organismes parasites. Ce sont eux également qui ont montré qu’une combinaison de fiente de volaille compostée et la solarisation sont efficaces pour contrôler les nématodes des racines de laitue dans le San Joaquin Valley de la Californie. (Gamiel, A. and Stapleton J.J., 1993)

Par ailleurs, Kasenberg et Traquair (1998) ont montré que les déchets de culture de laitue protégent contre la fusariose du collet des tomates.


23

Au Ghana, plus précisément à Accra et à Kumasi, les chercheurs de Kwame Nkrumah Université de Science et Technologie de Kumasi, de l’IBSRAM et de l’IWMI travaillent sur les aspects phytosanitaires d’application du compost contre de nématodes et d’autres maladies du sol. Ils observent également les augmentations des récoltes et les aspects socio-économiques d’application du compost dans le maraîchage de Kumasi et de l’Accra depuis les années 1990. A ce sujet, ils ont placé une station de compost à Kumasi et ils suivent l’usine de compostage à l’Accra. (Rencontre personnel en 1999 et en 2002)

Selon les essais de Papageorgiou, certains extraits liquides du compost réduisent le niveau d’attaque par le pathogène Alternaria solani sur la tomate et par le pathogène Collectotrichum gloesporioides sur le manioc de manière considérable (94 ou 87 %). (Papageorgiou, 2003)

2.3.4.3. Les aspects économiques du compost

La rentabilité du compost peut être analysée sous deux angles. D’une part, la fabrication du compost à base des ordures ménagères semble être la solution aux problèmes d’évacuation des ordures en ville, dans la mesure où le compost est vendu comme fertilisant aux agriculteurs urbains et périurbains. Cela réduira le coût de transport pour l’évacuation des ordures vers la décharge finale.

D’autre part, le compost peut être vendu pour des traitements phytosanitaires. Les deux angles d’analyse sont discutés par la suite.

Une station de compostage doit remplir des conditions suivantes pour être rentable (UNEP IETC 1996) :

Pour illustrer la difficulté de rentabilité de la vente du compost, je cite la projection de la vente du compost à Lomé présentée à Conakry lors de la rencontre annuelle des coordinateurs du projet le 23/07/2001 :

« On suppose qu'une charrette remplie d'ordures contient 650 kg. 30 % des ordures ménagères sont de la matière organique à Lomé. Dans les stations de compostage du projet, on mesurait une efficacité de 30 %, c.-à-d. 1 t de matière organique 24devient 300 kg du compost. Chaque jour de ramassage 8 charrettes arrivent à la station. On ramasse pendant 4 jours/ semaine.

Par mois, on dispose de 83,2 t d'ordures ménagères issues d’environ 275 ménages, soit 303 kg/mois et ménage. Si on transforme toutes les ordures organiques en compost, on obtiendra 7,5 t/mois compost fini. Le calcul est schématisé comme suit :

Dépenses pour la station de compostage

Article

Nombre

Salaire mensuel

Total en FCFA

Composteurs

4

25.000 FCFA

100.000

Réparations, petits outils (bottes, gants, cache-nez, râteaux, pelle etc.)

30.000

Amortissement mensuel

20.000

  

Somme de dépenses pour le compostage

150.000

Recettes minimales de la vente du compost comme fertilisants

Article

Nombre

Recette par t

Total en FCFA

Compost

7,5 t/mois

20.000 FCFA/t

150.000

Donc pas de bénéfice !

Un sac d’engrais de 50 kg rempli du compost pèse entre 15 – 25 kg, soit en moyenne 20 kg/sac ; une tonne de compost remplira donc 50 sacs, dont le prix unitaire de 400 F/sac qui correspond à celui des déchets d’animaux. Dans ce cas, le compost est concurrentiel comme fertilisant à zéro bénéfice.

Recettes de la vente du compost comme produit phytosanitaire

Article

Nombre

Recette par t

Total en FCFA

Compost

7,5 t/mois

100.000 FCFA/t

750.000 FCFA

Si 2,5 kg du compost suffisent pour un traitement qui correspond à un sachet de 250 FCFA, 1 t du compost coûtera 100.000 FCFA.

Bénéfice de 600.000 FCFA/mois !

Dans tous les sites du projet, le compost comme agent d’amélioration du sol rencontre des handicaps qui le rendent peu concurrentiel. La solution apparemment la plus adaptée est l'utilisation du compost comme produit phytosanitaire qui est une technique peu connue pour ne pas dire inconnue. »

Dans la littérature mentionnée plus haut, la recherche a montré que le compost fait sur mesure réduit ou remplace significativement des pesticides, fongicides, et nématicides qui autrement pollueront la nappe et mettront en jeux la santé des agriculteurs et des consommateurs. (Hoitink, October 1997)

L’utilisation du compost fait sur mesure peut être plus efficace sur le plan coût que l’application des produits chimiques pour des traitements du sol. Si le sol est traité avec le compost, il retient plus d’eau ce qui réduit les coûts d’irrigation. Egalement, les traitements chimiques doivent être faits plus fréquemment qu’avec le compost. En plus, certains produits chimiques prohibent les agriculteurs d’entre aux champs 25après l’application pendant une période, cela réduit la productivité de la main-d’œuvre. (Hoitink, October 1997)

Il faut noter qu’il faut appliquer l’extrait liquide du compost pour le traitement de la partie aérienne de la plante plus fréquemment que des produits chimiques. Néanmoins, l’application du compost dans le sol ou sous forme de l’extrait du compost réduit le coût de production agricole dans certains systèmes de production. Un des objectifs du projet était de voir si les agriculteurs urbains en Afrique de l’Ouest sont prêts à introduire cette technique dans leurs systèmes de production.

2.3.5. Importance de produit phytosanitaire dans l’AUP

Selon Salomon (2000), la pression par des maladies virales est très élevée en ville aride et semi-aride parce que les viroses sont facilement transmises par des arthropodes qui vivent sur des plantes ornementales irriguées et fertilisées. Les plantes ornementales irriguées sont aussi de refuges pour des ravageurs ou des maladies des légumes et cultures agricoles. Par exemple, les diverses mouches blanches transmettent de maladies aux tomates à Dakar et au Sud du Togo.

Lors des enquêtes à Rufisque et à Lomé, les exploitants ont rapporté des fréquences de traitement phytosanitaire de tous les 2 à 3 jours pour assurer une récolte de la tomate ou de la laitue. A Rufisque, les exploitants, parlant des échecs de culture des tomates, ont pratiqué des délais de 4 jours ou plus entre les traitements.

Les maraîchers utilisent fréquemment des produits phytosanitaires. Selon Tallaki (2002), nos enquêtes et Cissé (2000), ils utilisent des produits légaux et illégaux pour les légumes. Les produits phytosanitaires sont vendus dans des boutiques et des bidons officiels de même que par des vendeurs ambulants et en détail par exemple par verre de thé. Les maraîchers mélangent des produits phytosanitaires sans connaissance des réactions chimiques en conséquence pour augmenter l’efficacité des produits phytosanitaires. Pour certains produits et à certaines périodes, il y a des prestataires de service qui viennent traiter les cultures avec des pompes à dos.

Les produits du marché noir sont les produits pour la culture de coton et de cacao. Ils sont revendus par des exploitants de coton ou de cacao ou par les agents des services de vulgarisation. Ces produits sont subventionnés et l’exploitant, en besoin d’argent, préfère revendre les produits phytosanitaires au lieu de les appliquer sur ses cultures. Finalement, ils sont moins chers pour le maraîcher que les produits officiels. Ce détournement de produits phytosanitaires est dangereux pour l’exploitant, sa main-d’œuvre et la clientèle. Des cas d’intoxication sont connus par les maraîchers (Cissé, 2000). L’application de produits pour le coton sur la laitue jusqu’à 2 jours avant la vente est fréquente à Lomé. Ces produits ont des délais d’attende de 2 à 6 semaines.

Néanmoins, il faut noter que les exploitants utilisent aussi des produits conseillés pour le maraîchage.


26

2.3.6. Gestion raisonnée de la lutte contre les maladies et les ravageurs

La gestion raisonnée de la lutte contre des maladies et des ravageurs vise à réduire l’application de produit phytosanitaire au minimum assurant une bonne récolte. Cela passe par des seuils d’attaque des plantes par des maladies ou des ravageurs. Si le seuil est dépassé l’exploitant applique le pesticide requis. Cela nécessite une bonne connaissance des maladies, des ravageurs et des pesticides. L’introduction de la gestion raisonnée de la lutte passe généralement par des projets de développement.

Car les produits phytosanitaires sont fréquemment disponibles dans les capitales, les agriculteurs urbains n’ont pas encore élaboré de technique endogène de lutte sans produit phytosanitaire chimique comme rapporté des milieux ruraux (Entretien avec Mme Sow, ENDA, Dakar).

Nous constatons que les agriculteurs urbains n’ont pas de stratégies de gestion raisonnée de la protection de plante dans le sens strict du terme. Par contre, les agriculteurs et maraîchers pratiquants une production biologique s’intéressent beaucoup pour la technologie du compost. Ils sont des clients potentiels des stations de compost.

La FAO a fait former des maraîchers du Niayes au Sénégal, dans la gestion raisonnée de la lutte contre des maladies et des ravageurs. Ces maraîchers se sont intéressés particulièrement au compost pour les haricots biologiques qu’ils exportent en Europe.


1 Les hommes renvoient par fois la question aux femmes ou la décision est prise en concertation, donc on a recensé une seule réponse.



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