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3.  Présentation des zones d’étude

Rufisque, Conakry, Timbi Madîna, Lomé et Tsévié, ces 5 villes sont situées en Afrique de l’Ouest dans des pays francophones comme le Sénégal, la République de Guinée et le Togo. (Emplacement voir Figure 3)

Figure 3 : Carte de l’Afrique de l’Ouest

Chaque ville-site a ses raisons de choix. A Rufisque, deux stations de compostage ont déjà existé et était encadrés par Dr. Seck, le coordinateur du Sénégal. La Fédération de paysans du Fouta Djalon à Timbi Madîna a déjà une forte expérience sur l’application du compost. Par ailleurs, elle est connue par sa bonne gestion de la promotion de la pomme de terre en moyenne Guinée. Le choix de Conakry a permit de compléter la gamme de ville. L’agriculture urbaine de Lomé est bien connue depuis l’ouvrage de Schilter (1991). Tsévié comme ville intermédiaire comble l’étape entre la petite ville de Timbi Madîna et la moyenne ville de Rufisque.

3.1. Rufisque au Sénégal

3.1.1. Position géographique, taille et climat de la ville de Rufisque

Au Sénégal, nous avons choisi la ville de Rufisque qui est l’ancienne capitale économique du Sénégal à l’époque coloniale et une ville de la banlieue de Dakar (26 Km à l’Est).

Rufisque est situé à 14° 73’ Nord degré de latitude et à 17° 30’ Est degré de longitude.


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Avec une précipitation d’environ 400 mm et une durée de la saison pluvieuse de 3 mois, le climat de Rufisque s’inscrit dans celui du Sahel. La saison pluvieuse est caractérisée par une forte irrégularité de l’intensité et de la durée de pluie. Il n’est pas rare d’avoir une période de sécheresse au milieu de la saison pluvieuse.

Figure 4 : Carte du Sénégal

La ville de Rufisque compte officiellement environ 140 000 habitants.

Pour l’enquête ménagère, nous avons choisi les quartiers situés à proximité des deux stations de compostage implantés par l’ENDA tiers monde (Environnement et Développement), une ONG internationale. Il s’agit notamment de Castor, Diokoul Kao, Diokoul Gouyguimpar et Diokoul Tiwaouane. Par ailleurs, nous avons choisi comme quartier « témoin » le quartier de Arafat II. Celui-ci n’est pas à proximité des stations de compostage, et n’est pas touché par des différentes actions de sensibilisation de l’ENDA.

Pour l’enquête agricole, nous nous sommes orientés vers des quartiers habités par des agriculteurs en pluvial et des maraîchers, parce que les quartiers de « nouveaux arrivés » et des quartiers « résidentiels » ne sont habités que par un faible pourcentage d’agriculteurs ou de maraîchers.

3.1.2. Les cultures de la ville de Rufisque

La ville de Rufisque est habitée originellement par les Lebous, une fraction de Wolof. Ils s’y ajoutent des Malinkés, des Dioulas, des Peuls, des Serers, des Soussous et d’autres ethnies d’Afrique de l’Ouest et des Libanais.

Les Lebous sont en grande majorité. Les autres ethnies parlent également le Wolof pour pouvoir communiquer entre eux ainsi qu’avec les Lebous et les Wolofs. Dans cette étude, je ne fais pas de distinction pas entre les Lebous et les Wolofs, parce que ces deux ethnies sont relativement proches par rapport aux autres ethnies analysées notamment les Soussous, les Peuls et les Ewés /Minas.


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3.1.3.  Activités principales de la population de Rufisque

Parce qu’avant la construction du port de Dakar, Rufisque était la capitale économique du Sénégal, on rencontre encore de nombreux bâtiments datant de cette époque. Mais Rufisque a perdu son importance économique d'autrefois. Une grande partie de la population active fait la navette chaque matin entre Dakar et Rufisque en train ou en minibus pour y travailler. L'activité principale des quartiers traditionnels au bord de la mer est la pêche (moins de 24 %), le commerce (11%) et l’artisanat (12 %) (menuiserie, mécanique, maçonnerie etc.) (GPG, 1999 et Cissé, et al., 1996). Le travail dans les usines (ciment, huile d’arachide, chaussure, produit pharmaceutique etc.) constitue un deuxième pôle. La fonction publique (23 %, GPG, 1999) et l’agriculture emploient également une partie de la population active. L’agriculture pluviale est concentrée dans les quartiers traditionnels tels que Dangou, N’Diorga et Diokoul. Le maraîchage est pratiqué par des habitants des quartiers d’Arafat et de Gouye Mouride qui sont situés en proximité de la conduite d’eau. Cela réduit le coût du branchement pour l’irrigation.

3.1.4. Gestion des ordures à Rufisque

Pour la gestion des ordures, il y a plusieurs modes de ramassage. Dans certains quartiers, le service de ramassage vient 3 fois par semaine avec un véhicule qui s’arrête à chaque coin du quartier pour prendre les ordures amenées par des ménagères. Dans d’autres quartiers, le service de ramassage a placé des bacs bleus qui sont vidés quand ils sont pleins. Toutes ces ordures sont évacuées vers Mbeubeusse à la décharge officielle de Dakar. A Castor, à Diokoul Kao et à Diokoul Gouyguimpar, des charretiers circulent parfois régulièrement, parfois irrégulièrement selon la qualité du suivi et du financement de l’ENDA. Par ailleurs, le service de ramassage des ordures a déposé des bacs à Castor comme solution alternative. Malgré le service de ramassage et les charretiers à Diokoul, on observe que des ordures s’entassent dans des dépôts sauvages au bord de la mer, vers le cimetière et dans les espaces vides du quartier. Ces dépôts sont de temps en temps éliminés par des actions « Set-sétal » organisées par la population du quartier ou incinéré.

L'ONG ENDA-rup avait déjà construit 2 stations de compostage à Rufisque, une à Diokoul et une à Castor. A l'époque, le compost était vendu à 1 000 FCFA le sac de 100 kg. A ce prix, on peut acheter 1,5 charrettes de fumier aujourd'hui. Donc, la fabrication du compost comme agent d’amélioration du sol n'est pas compétitive par rapport au fumier à Rufisque. Ces deux stations de compostage ont été confrontées à des problèmes de débouchés du compost aussi parce que Castor est avant tout un quartier construit par les ouvriers de la cimenterie avec son assistance. 5 agriculteurs seulement habitent le quartier en 1999.

Dans les quartiers avec station de compostage, les ordures ménagères sont collectées par le service municipal de ramassage des ordures 3 fois par semaine ou en container de même que par des GIE (Groupement aux intérêts économiques) gérant les stations de compostage.

Les récupérateurs passent de porte-à-porte pour demander de boîtes, bouteilles ou chaussures à Dakar. Certains arrivent jusqu’à Rufisque.


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Selon Enten (1999), les femmes de Thiès font la différence entre les ordures issues de balayage qui s’appelle « Mbalit » et les ordures issues de la préparation des repas. Les épluchures et les restes de repas sont donnés aux animaux. Les déchets de poisson nommés « Tiaxoñ » sont soit jetés au dépôt dans la rue ou au container, soit jeté avec le « Mbalit » après avoir été séché soit enterré dans un trou.

A Rufisque, beaucoup de femmes versent les épluchures et les déchets de poisson avec l’eau de lavage de poisson et de légumes dans les caniveaux ou dans la mer. Les restes de repas sont donnés aux mendiants ou aux animaux parfois ils sont mis dans les ordures qui sont ramassés. Dans des maisons branchées sur les stations d’épuration des eaux usées, les ménagères filtrent l’eau de préparation et mettent les déchets solides de préparation dans les ordures auprès de container (à Castor) ou sur les dépôts sauvages au bord de la mer (à Diokoul). Les déchets de préparation sont très puants et pour cela évacuer ou sécher le plutôt possible. De toutes façons, ce tri des ordures représente une perte de la matière organique pour les stations de compostage.

3.1.5. Qualité des ordures à Rufisque

Selon les analyses du projet, les ordures livrées aux stations de compostage se composent entre 55 – 74 % de la matière organique. Le composant de 2ème importance est le sable qui représente entre 7 à 16 % des ordures. La fraction en plastique s’élève entre 8 à 10 % des ordures.

D’après Diop (1986), les ordures ont été composées à 40 % de la matière organique, 15 % de textiles, chiffons, papiers et carton, 25,6 % de sable ce qui alourdit les ordures de la CUD (Commune Urbaine de Dakar). A l’époque, les plastiques ont représenté que 2,7 % des ordures.

Lorsque les stations de compostage ont été gérées par l’ENDA, ils ont sensibilisé les ménages au tamisage d’ordures. Le sable signifie un problème sérieux pour la qualité du compost. Le sable doit être en partie dans le compost parce qu’il contient les micro-organismes initiant la fermentation de la matière organique en compost. D’autre part, s’il y a trop de sable dans le compost, le compost sera d’une faible bio-activité. Un compost peu bioactif ne peut pas être utilisé contre des maladies.

Le sable est également un problème pour le ménage. Dans les pays sahéliens, il est importé par le vent dans la concession, il faut que les ménages se débarrassent de cela.

3.1.6. Systèmes de production agricole de Rufisque

Les agriculteurs des familles leboues des quartiers traditionnels pratiquent surtout l’agriculture pluviale. Les hommes cultivent en majorité de céréales comme le mil (Pennisetum typhoïdes), le sorgho (Sorghum bicolor) et le maïs (Zea mays), et des arachides (l'Arachis hypogea) et les haricots (Vigna). A Diokoul, ce sont les femmes qui pratiquent majoritairement l'agriculture pluviale, des Hibiscusesculentus et sabdariffa (gombo et bissap) en extensive. Elles appliquent parfois un compost non contrôlé à partir des excréments de petits ruminants gardés à la maison et des 31résidus de poissons. Cette technique permet la production de petites quantités seulement mais elle a l'avantage d'être gratuite. L’agriculture pluviale est toujours une activité complétée par d’autres revenus.

Les groupements de productrice de gombo se sont organisés pour la vente de leur production de gombo. Chaque quartier de Diokoul, où il y a la plus grande production de gombo, vend sa récolte à une journée convenue de la semaine pour éviter « l’inondation » du marché. Les productrices de gombo sont bien organisées et utilisent parfois des ordures organiques pour la fertilisation du champ.

Les maraîchers cultivent surtout les choux, les haricots verts, les aubergines (noirs et blancs), les carottes, les oignons, les tomates, les patates douces et la laitue. Il y a peu de maraîchères à Rufisque. Grâce à l’irrigation par l’eau fourni par la SDE (Société de l’eau) et l’eau usée de la cimenterie, le maraîchage est pratiqué toute l’année comme activité à plein temps ou à temps partiel. Les producteurs de cultures irriguées sont concentrés sur les quartiers en proximité de la conduite d’eau. Cela permet d’irriguer les cultures maraîchères à un prix raisonné (coût de branchement bas). Il faut noter qu’on n’a pas rencontré des maraîchers issus des quartiers dont les deux stations de compostage sont installées.

3.1.7. Importance des fertilisants à Rufisque

Rufisque étant situé dans le Sahel, l’élevage des petits et des grands ruminants y est très important pour l’épargne, la valorisation des ordures (papier, carton, restes de repas) et la création de revenus. Le transport en charrette et par calèche produit les excréments de cheval comme produit secondaire. Le nombre important du cheptel fait que les excréments des animaux sont vendus à bas prix aux agriculteurs et aux maraîchers pour l’amélioration du sol. De ce fait, les deux stations de compostage de l’ENDA avaient des problèmes d’écoulement du compost causés par la forte concurrence des excréments d’animaux. La pratique de fertilisation avec la matière organique est bien connue et certainement appuyée par la possibilité de transport au champ à l’aide des charrettes. C’est le coût de transport qui est à l’origine de la différence de prix des excréments dans les différents quartiers. Les exploitants utilisent aussi de fertilisants chimiques. Les agriculteurs en pluvial organisés en groupement reçoivent des fertilisants chimiques gratuitement par le service de vulgarisation.

Les bovins en divagation sont la cause de conflits réguliers entre des éleveurs et des agriculteurs.

3.1.8. Importance des produits phytosanitaires à Rufisque

Les agricultrices de gombo et de bissap et les maraîchers utilisent des produits phytosanitaires vendus à Rufisque et à la boutique de SenChim, l’usine sénégalaise de Chimie. Il y a également des vendeurs « ambulants » qui circulent dans les champs et vendent des produits au noir. La connaissance des produits varie des exploitants déclarant « je ne connais pas le nom » aux exploitants bien informés. Il y a des produits spécifiques pour la culture de même que des produits généraux. La qualité d’utilisation des produits est très diverse : de l’utilisation de produit pour 32l’agriculture biologique à ceux destinés à l’agriculture conventionnelle en passant par l’utilisation pour les légumes des produits prévus pour le coton vendus au marché noir. (Les enquêtes sur le terrain et Cissé, 2000)

Les exploitants se plaignent des ravageurs et surtout du manque de pluie. Les symptômes de maladies sont souvent confondus avec les symptômes de manque de pluie. La vulgarisation du compost comme produit phytosanitaire nécessitera une sensibilisation pour les maladies.

Les membres de la Fédération qui ont reçu une formation financée par la FAO sur la lutte intégrée contre des ravageurs et des maladies ne faisaient pas partie des enquêtes standardisées.

3.2. République de Guinée

Dans la République de Guinée, la ville de Conakry et la ville de Timbi Madîna en Moyenne Guinée dans le Fouta Djalon ont été sélectionnées. (Figure 5)

Figure 5 : Carte de la République de Guinée

3.2.1. Conakry

3.2.1.1. Position géographique, taille et climat de la ville de Conakry

La ville de Conakry est située sur une presqu'île avec des pentes escarpées. Elle est la capitale de la République de Guinée, située à 13° 42‘ O degré de longitude et 9° 32‘ N degré de latitude, au bord de la mer.


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La ville de Conakry compte environ 1,4 million d’habitants (en 2003), avec un taux de croissance de 4 %.

Les précipitations de Conakry s’élèvent à 4 000 mm par an. Ces pluies tombent du mois de mars au mois de novembre avec un pic en juillet – août. La saison sèche dure de décembre à février.

3.2.1.2. Les cultures de la ville de Conakry

La ville de Conakry fait partie de la zone habitée par les Soussous. Les autres ethnies de la Guinée y sont bien représentées. A cause des guerres en Sierra Léone et au Liberia, on rencontre beaucoup de réfugiés de ces pays. Par ailleurs, on trouve des Sénégalais, des Maliens, des Ivoiriens et des Libanais. A cause de son passé communiste, des cubains, des chinoises et d’autres peuples d’Asie sont également présents en petit nombre. Les langues les plus parlées sont le soussou, le peul (par quartier) et le français.

3.2.1.3. Activités principales de la population de Conakry

Le port et donc le commerce et la pêche constituent les piliers de l'économie de Conakry. La population de Conakry gagne sa vie en travaillant au port, dans l’administration, dans des usines, dans l’artisanat, dans le commerce, dans le réseau de transports en commun qui est privatisé, dans la pêche et dans l’agriculture urbaine. La pêche et le maraîchage sont des activités agricoles d’importance et visibles partout en ville.

3.2.1.4. Gestion des ordures à Conakry

A Conakry, le ramassage des ordures au point de regroupement est privatisé. Le Service Public de Transfert des Déchets (SPTD) a élaboré des contrats avec les mairies des quartiers et des Petites et Moyennes Entreprises (PME) qui collectent les ordures ménagères de porte-à-porte. Ces contrats déterminent la zone d’intervention de la PME, ses devoirs et les devoirs du SPTD, qui doit ramasser les ordures collectées dans les points de regroupement. La mairie sert de relais parce qu’elle connaît mieux les PME du quartier. De plus, les ménages doivent payer le service rendu par les PME. Les liens des PME avec la mairie et avec le SPTD leur donnent plus d’autorité pour pouvoir collecter les frais d’évacuation des ordures, qui posent beaucoup de problèmes.

Ces PME doivent gérer une forte fluctuation saisonnière des clients et des ordures en conséquences. En saison pluvieuse, il y a des ménages qui préfèrent verser leurs ordures dans les ruisseaux et les caniveaux où la pluie les emportera au lieu de continuer l’abonnement à l’évacuation des ordures.

Le SPTD collecte des ordures à partir des points de regroupement et les amène à la décharge finale à la minière (accès par la transversale 1). Lors de l’exécution du projet, il était envisagé de déplacer la décharge vers « km36 » qui est la limite de la ville de Conakry.


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Nous avons construit une station de compostage dans l'enclos de l'aéroport de Gbessia dans la Commune de Matoto de Conakry. Auparavant, il était interdit de cultiver dans l'enceinte de l'aéroport et le banditisme menaçait le quartier environnant. L'autorisation de cultiver des légumes dans l’enclos de l’aéroport a "pacifié" la zone. Néanmoins, un militaire observe les entrées et sorties de personnes de l'aéroport. Il est toujours interdit de cultiver des céréales comme le riz pour éviter le vol des oiseaux qui peuvent causer des dégâts aux avions.

Nous avons fait du compost à partir des ordures du marché de Tanéné constituées en majorité de tiges de bananes plantains et de tiges de manioc. Les ordures ménagères sont collectées par des PME de ramassage des ordures vers un entrepôt à partir duquel elles sont prises en charge par le service public de transport de déchets. Après négociation avec les PME et le SPTD, nous avons pris des ordures ménagères pour le compostage. Le compost comme agent d’amélioration du sol est concurrencé par des tas d'ordures déjà fermentées disponibles au bord de l'aéroport.

3.2.1.5. Qualité des ordures à Conakry

Car Conakry est construit sur des roches latéritiques le sable ne pose pas de problème dans les ordures même dans le quartier pauvre.

Parce que le ramassage des ordures a été déjà organisé par des PME lors de l’arrivée du projet, l’équipe de Conakry a pris les ordures du marché pour les transformer en compost. Ces ordures se sont composées à environ 80 % de la matière organique notamment des peaux et tiges de bananes plantains, des tiges de manioc, et selon la saison les résidus du mais, peaux de mangue, coque d’arachide, épluchure d’orange etc.

Le projet n’a pas fait des analyses concernant la composition des ordures ménagères de Conakry.

3.2.1.6. Systèmes de production agricole de Conakry

La culture la plus importante est de loin celle de la patate douce à feuille pratiquée surtout par les femmes comme culture de rente. Cela même au point que des artisans et chauffeurs de taxi abandonnent leur métier pour cultiver la patate douce. L'importance du maraîchage se reflète aussi par le fait qu'il y a un service de vulgarisation agricole au niveau communal.

La production des feuilles de la patate douce domine l’agriculture urbaine de Conakry. Les feuilles sont coupées une première fois 40 jours après la plantation et après tous les 10 à 15 jours selon la croissance, qui dépend elle-même de la pluie et de la fertilité du sol. La culture de patate douce à feuille ne permet pas la récolte de tubercule sauf en arrêtant la coupe des feuilles en saison sèche. Cette culture est souvent alternée avec celle des feuilles d’oignon. Sur les endroits dotés d’irrigation, les femmes cultivent toute l’année des feuilles. Les surfaces mises en culture de riz (Oryza sativa) sont rares à Conakry car les feuilles rapportent plus de bénéfices que le riz.


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Par endroit, on rencontre les cultures du gombo, d’aubergine noire, d’autres légumes à feuilles, du manioc et du maïs. Les légumes tempérés sont produits dans la zone de Kindia.

Le maraîchage est pratiqué sur les terrains non bâtis fréquemment des anciens dépôts d’ordures. La zone étudiée un peu plus en détail a été le maraîchage dans l’enclos et dans les alentours de l’aéroport de Conakry à Gbessia. La station de compostage a été placée dans l’aéroport sur le terrain des militaires. Cela est à proximité du marché de Matoto.

3.2.1.7. Importance des fertilisants à Conakry

Les maraîchères de Conakry emploient de l’engrais chimique dit « blanc » (urée) et l’engrais dit « rouge » (triple 17). Sur la culture de feuille d’oignon, elles mettent le charbon pour rendre les feuilles plus vertes. Le marché des excréments des animaux est très approvisionné. Les femmes appliquent les bouses de vache, la fiente, les excréments des porcs et des chèvres.

Elles utilisent aussi des dépôts sauvages d’ordures déjà décomposées en la mettant sur leur parcelle. Une grande partie de la surface mise en culture est composée des anciens dépôts d’ordures qui sont très fertiles mais par endroit aussi intoxiqués par des substances issues des ordures non biodégradables mises sur ces dépôts.

Selon nos enquêtes standardisées, à Conakry, 5 % des maraîchères utilisent des fertilisants pour soigner les plantes. Cela montre qu’elles voient un lien entre les maladies et une bonne alimentation de la plante, mais elles ne distinguent pas les médicaments de l’alimentation de la plante. (Kessler, 2002, rapport final)

3.2.1.8. Importance des produits phytosanitaires à Conakry

L’application des produits phytosanitaires est peu pratiquée par les maraîchères. En cas de maladies de la culture de patate douce, elles enlèvent la culture et remettent de nouvelles boutures ou changent la culture. Dans un seul quartier, les femmes ont déclaré à utiliser des pesticides contre des ravageurs.

Etant donné que lors de la récolte, presque toutes les feuilles sont enlevées donc aussi les feuilles infestées, les feuilles repoussent dans un milieu sein.


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3.2.2. Timbi Madîna

3.2.2.1. Position géographique, taille et climat de la ville de Timbi Madîna

La ville de Timbi Madîna est située à 12° 46’ O degré de longitude et 11° 10’ N latitude à 970 m d’altitude. Elle est le chef lieu de la Sous-préfecture de Timbi Madîna qui est dans la Préfecture de Pita qui est situé dans la Région administrative de Mamou en Moyenne Guinée. (Voir Figure 5) Timbi Madîna est située à 17 Km du chef-lieu de la sous-préfecture (où la route goudronnée passe), à 12 Km de Hafia (où on rencontre la route goudronnée également), à 22 Km de Labé, Chef-lieu de la Moyenne Guinée2 et à 350 Km de Conakry. La route goudronnée ne passe pas par Timbi Madîna.

Le secteur de Timbi Madîna est habité par 2.500 personnes environ. Les secteurs de Laaba I et II comptent environ 3500 personnes3. Les dernières maisons de Timbi et les premières maisons de Laaba sont côte à côte. Les deux villages ne forment qu'une seule et même agglomération.

Le marché hebdomadaire a lieu à Timbi Madîna centre. On observe la verticalisation de l’habitat à plusieurs endroits. On rencontre aussi des artisans non saisonniers, des boutiques quotidiennes, la restauration en café et repas toute la journée. Le problème des ordures se fait sentir les jours de marché, au marché, et dans les rues aux alentours du marché.

Timbi Madîna est à 1189 m d’altitude avec un climat relativement frais (25 °C en moyenne annuelle) et 1300 – 2000 mm de pluviométrie annuelle. La répartition mensuelle montre que plus que 75 % des pluies tombent entre juin et septembre. La saison sèche dure de mi-octobre à la mi-mai. Ce climat est propice pour la culture de la pomme de terre qui fait la célébrité de Timbi Madîna. Il y a une saison pluvieuse du mois de mai au mois d’octobre.

3.2.2.2. Les cultures de la ville de Timbi Madîna

La ville de Timbi Madîna est habitée à 94 % par des Peuls. Les pourcentages des autres ethnies de la Guinée ne dépassent pas 2 % par ethnies. Par ailleurs, on y rencontre des individus venant du Sénégal. Pratiquement, tout le monde parle le peul.

3.2.2.3. Activités principales de la population de Timbi Madîna

84 % des ménages pratiquent de l’agriculture et 23 % font du commerce. L’artisanat et le service public suivent en 3ème position. L’agriculture est aussi pratiquée comme activité secondaire. L’élevage de bovin est toujours une activité secondaire et l’activité traditionnelle des Peuls.


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3.2.2.4. Gestion des ordures à Timbi Madîna

Lors de l’arrivée du Projet, un groupement de jeunes de Timbi Madîna avait installé des poubelles publiques autour du marché et commencé le ramassage porte-à-porte au centre ville. Ils ont amené les ordures avec une charrette tirée par des bœufs vers la décharge officielle. La ville de Timbi Madîna était propre. L'association ramassait les ordures pendant 2 ans environ avant de cesser dû au problème de détournement de fonds par la commune.

A cause du détournement de la caisse de frais d’évacuation par des collaborateurs de la commune de Timbi Madîna, la population et les travailleurs perdaient la confiance en ce système de ramassage et en 2001 la ville était revenue sale comme avant.

Les ménages ont l’habitude de transformer les ordures ménagères en compost dans leur jardin. Cependant, les ordures du marché traînent actuellement dans les rues. Au départ du projet, la Fédération des Paysans du Fouta Djalon était à la réflexion sur la reprise du ramassage des ordures mais cette fois-ci géré par eux.

3.2.2.5. Qualité des ordures

Il faut noter que les ménagères sont disponibles à fournir des ordures non biodégradables à un ramasseur mais elles refusent de donner celles qui sont biodégradables car elles en ont besoin pour leurs jardins.

En conséquence, il se trouve surtout des ordures non biodégradables sur la décharge officielle de Timbi Madîna.

Il est donc difficile de faire un échantillonnage représentatif sur la composition des ordures à Timbi Madîna. Néanmoins, au début du projet, quelques 10 ménagères étaient disponibles que les ramasseurs viennent prendre leurs ordures.

Les ordures ont été composées de 89 à 93 % par la matière organique, 1- 2 % de la matière plastique, 2 – 3 % de métaux et 3- 5 % de reste. Le gravats n’a pas dépassé 1 % des ordures. (Béavogui, 2000)

3.2.2.6. Système de production agricole de Timbi Madîna

Dans le Fouta Djalon, il y a trois types d’exploitation du sol (Baldé, 1995). Les femmes cultivent le jardin clôturé au tour de la maison en culture mixte de maïs, manioc, pomme de terre, arachide, taro (Xanthosoma), gombo, igname (Dioscorea), haricot, piment, tomate etc.

Les champs extérieurs aussi appelés « sur la plaine » sont mis en culture de fonio (Digitaria exilis), d’arachide et du riz pluvial. (Baldé, 1995)

Les bas-fonds sont exploités par les cultures du riz, du maïs, du fonio, des arachides, de la pomme de terre et des légumes de contre-saison.


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La production de la pomme de terre est promue par la Fédération des Paysans du Fouta Djalon qui collabore à cet effet avec le centre de recherche de Bareng de l'Institut de la recherche agricole de Guinée et le service national de vulgarisation. Elle a signé des contrats avec le centre de recherche agronomique (CRA) de Bareng pour qu’il fasse des essais sur la pomme de terre. Ce centre, créé en 1989, est une de 6 centres de l’IRAG (Institut de Recherche Agronomique de Guinée). Il y a aussi un programme sur la pomme de terre parmi les 5 programmes sur l’agriculture.

La Fédération des Paysans du Fouta Djalon ordonne la période de semis, des traitements et des récoltes. Car les bas-fonds sont irrigués, les travaux champêtres doivent être coordonnés. La Fédération donne des crédits de campagne et organise l’achat de pomme de terre de semis depuis la France et la vente sur le marché de Conakry.

La Fédération impose la fabrication et l'application du compost aux producteurs qui veulent cultiver la pomme de terre irriguée en saison sèche dans la zone aménagée pour la riziculture en saison pluvieuse (qui est aussi gérée par elle).

Cette obligation d'utiliser le compost pour la pomme de terre, a engendré des marchés pour la bouse de vache et les feuilles mortes vendues par sac. Malgré cela, la station de compostage de Labé (à 27 Km) se plaint de mévente de ses stocks compostés. Mais cela est peut être un problème de communication.

En l’an 2000, des exploitants de Timbi Madîna ont commencé d’essayer la culture de pomme de terre en saison de pluie « sur la plaine ». Cela a fermé la rupture de la production de la pomme de terre qui est cultivée dans la 2ème partie de la saison de pluie dans les jardins et en saison sèche dans les bas-fonds et maintenant en première partie de la saison pluvieuse « sur la plaine ». La Fédération cherche à concurrencer les pommes de terre importées aussi par son influence auprès des Ministères à tel point qu'il est interdit d'importer la pomme de terre à des périodes où la production nationale couvre la demande nationale.

En début de la production de la pomme de terre à Timbi Madîna, toute la production était contrôlée par les groupements liés à la Fédération des Paysans du Fouta Djalon. Aujourd’hui, il y a des pommes de terre de semis produites localement vendues sur le marché de Timbi Madîna. Il y a aussi des commerçants avec des camions pour amener les récoltes de pomme de terre à Conakry sans que cela passe par la Fédération qui contrôle toujours ses producteurs dans les bas-fonds irrigués.

La moitié des exploitants féminins sont des productrices de pomme de terre. Les producteurs et productrices de pomme de terre sont fortement sensibilisés par le service de vulgarisation. Mais, les hommes sont relativement plus encadrés que les femmes productrices de pomme de terre. L’encadrement est lié à l’adhésion à un groupement et au lieu d’habitat à Timbi Madîna. Il porte sur la connaissance de la fabrication du compost et la fabrication du compost.


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3.2.2.7.  Importance des fertilisants à Timbi Madîna

Comme la Fédération oblige ses membres d’appliquer du compost sur la culture de la pomme de terre un marché des feuilles mortes et de fumier s’est créé. Ils sont vendus à 1 000 FG le sac. Les bouses de vache et les feuilles sont collectées par des personnes nécessiteuses en argent. Car les bovins sont en divagation pendant la journée, la collecte du fumier est pénible. Il y a deux types de compost produit dans le Fouta Djalon. Un est fait à partir des ordures ménagères, et appliqué dans le jardin. L’autre est produit sur la base des résidus de récolte du riz et du fumier et appliqué sur la culture de pomme de terre.

En dehors de cela, les engrais chimiques sont vendus au marché hebdomadaire de Timbi Madîna. L’engrais chimique a comme grand avantage son faible coût de transport dans un terrain inaccessible aux véhicules.

Pratiquement, tous les producteurs de pomme de terre utilisent des engrais chimiques en plus du compost ou du fumier. 92 % des agriculteurs appliquent des fertilisants.

3.2.2.8. Importance des produits phytosanitaires à Timbi Madîna

Tous les producteurs de pomme de terre utilisent des produits phytosanitaires contre des insectes cependant seulement 7 % appliquent de produits contre des maladies. Les exploitants membres de la Fédération arrachent ou désherbent pour lutter contre des maladies.

Le ravageur le plus important est la teigne contre laquelle le compost ne peut pas lutter. Grâce à la Fédération et aux commerçants, les produits phytosanitaires sont disponibles à Timbi Madîna, malgré qu’elle soit une petite ville reculée.


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3.3. République du Togo

Au Togo, nous avons analysé la ville de Lomé et celle de Tsévié. (Figure 6)

3.3.1. Lomé

3.3.1.1. Position géographique, taille et climat de la ville de Lomé

Lomé est la capitale du Togo et située au bord de l’atlantique et à la frontière avec le Ghana. Ils y habitent environ 1 000 000 d’habitant. Lomé est localisée à 1° 14‘ Est degré de longitude et 6° 8’ Nord degré de of latitude.

A Lomé et à Tsévié, la précipitation est repartie sur deux saisons de pluie. La grande saison dure du mois de mars au mois de juillet, la petite saison de pluie démarre en septembre et finit en octobre. A Lomé, la pluie annuelle ne dépasse pas le 1 000 mm par an. Malgré cela il peut pleuvoir toute l’année. La précipitation est très variable pour un mois de la saison pluvieuse donné.

Figure 6 : Carte du Togo


41

3.3.1.2.  Les cultures de la ville de Lomé

Avant l'arrivée des colons, les Bès habitaient sur la terre de barre qui est la partie haute de Lomé. Au temps des colons, des commerçants se sont installés au bord de la mer sur le sable. Les deux parties de Lomé sont séparées par la lagune. Il y a deux ponts pour la traverser. Aujourd’hui, la ville de Lomé est surtout habitée par des Ewés qui inclus aussi les Bès, l’ethnie à la base de la fondation de la ville. On rencontre une population de Mina venant en majorité des alentours d’Aného, l’ancienne capitale du Togo. Bien sûr, les autres ethnies du Togo sont représentées à Lomé, également les ethnies des pays sahéliens et du Ghana. On rencontre des Libanais dans le commerce et des Européens viennent pour le développement.

Les Bès forment un sous-groupe des Ewés. Pour la suite de l'analyse, les différences entre les Ewé, Bès et Mina n'ont pas été prises en compte car leurs cultures restent proches, en comparaison avec les cultures des Wolofs au Sénégal, des Peuls et des Soussous en Guinée. Néanmoins, dans le cadre du projet, on a élaboré du matériel de vulgarisation différent pour les Mina et pour les Ewés (du fait de langues un peu différentes).

La langue éwé et le français dominent la communication. La proximité du Ghana fait que l’anglais n’est pas rare comme dans les autres pays francophones.

3.3.1.3. Activités principales de la population de Lomé

Traditionnellement la population de Lomé gagne sa vie dans la pêche, l’agriculture pluviale sur le plateau et le commerce avec l’Europe. Aujourd'hui, l’administration, le port et l’industrie s’y ajoutent pour le secteur formel. L'économie formelle de Lomé est alors basée sur le commerce, l'industrie et les services administratifs.

Le secteur informel joue un rôle important surtout car le secteur formel souffre économiquement et le personnel est licencié ou mis en retraite (Kouvonou, 1998 ; Schilter, 1991). A Lomé, le secteur informel se compose du commerce, de l’artisanat et à ne pas oublier du petit transport caracterisé par des taxi motos (« Zemi-djan »). Le maraîchage crée de l’emploi à deux niveaux, en tant qu’employeur qui dirige la ferme et en tant qu’employé qui vient surtout pour l’irrigation et aussi les travaux champêtres (Kouvonou, 1998). Le nombre des maraîchers urbains et périurbains de Lomé est estimé à 1000 environ (DRDR dans Kouvonou, 1998).

3.3.1.4. Gestion des ordures à Lomé

Pendant la période de déroulement du projet INCO, la mairie de Lomé a entamé la privatisation de la collecte porte-à-porte. Il y avait donc des quartiers desservis par les camions de SOTOEMA et OTOMAN (des entreprises chargés par la maire de la collecte, de l’évacuation et du traitement des ordures) qui passaient dans les rues et les ménagères amenaient des ordures ou les mettaient en panier devant la porte. On payait 1 000 FCFA par concession. L’insuffisance et le disfonctionnement par endroit créaient des dépôts sauvages dans les rues et dans les terrains non bâtis. Dans des quartiers aisés, la population a commencé à s’organiser un ramassage avec des 42pousse-pousse (voiture à bras) pour la collecte porte-à-porte. Ce mouvement a pris l’ampleur dans beaucoup de quartiers. Pendant une période, il y a existé plusieurs systèmes parallèlement. Egalement, il y a des femmes et des jeunes qui collectent pour certains clients des ordures et les amènent aux dépôts sauvages. Elles ou ils sont payés par panier et le jour même. Le ramassage par pousse-pousse peut être payé par enlèvement ou mensuellement. Ces pousse-pousse transportent les ordures soit aux dépôts sauvages ou aux dépôts officiels des ordures. Les dépôts officiels (« sites intermédiaires ») sont au début enlevés régulièrement par les camions de l’entreprise OTOMAN (chargée par la Mairie de cela). Après on a ouvert le marché vers des autres entreprises et chaque arrondissement de Lomé est aujourd’hui desservi par une autre entreprise. Le dépôt final est situé au Nord de Lomé à Agoényivé. Vers la fin du projet, environ 40 PME ou ONG ont organisé le ramassage porte-à-porte vers les sites intermédiaires où les ordures ont été prises par les entreprises chargées du transport au dépôt final.

Il faut noter que dans les quartiers habités par la population dépourvue, cette dernière utilise les dépôts d’ordures comme latrines. Cela entraîne la contamination des ordures par des pathogènes humaines qui constitue un problème d’hygiène si le compost ne passe pas une thermo-phase éliminant ces pathogènes.

Le mot signifie « ordures » et « mauvaises herbes » en même temps. Cela est une indication que le sarclage fait partie du nettoyage de la concession. En effet, il n’y a pas de maison avec une pelouse ou de mauvaises herbes autour de la maison. La pelouse est toujours entourée par de pierres et n’atteint pas les bâtiments.

Le mot signifie « tas d’ordures », « compost » et « fertilisants » en mina de Lomé. Cela complique la sensibilisation pour le compost.

Dans le cadre du projet, une station de compostage a été installée à côté de la gare routière de l’Akodessewa dans la zone de maraîchage sur le terrain communal. En effet, le ramassage des ordures dans les quartiers environnant n'était pas fonctionnel lors du démarrage du projet et nous avons organisé le ramassage des ordures ménagères pour trois quartiers à côté de la station de compostage. Trois équipes ont ramassé les ordures. Une équipe a transformé les ordures de quartier de Wété A et B, d’Akodessewa et en début aussi d’Ablogamé en compost. Selon la quantité des ordures et le pouvoir de paye, les ménages ont payé des frais d’évacuation des ordures par mois.

Une équipe de ramassage a été composée de deux ramasseurs d’ordures et d’un animateur. Les ramasseurs ont passé deux fois par semaine de maison à maison et ont versé les ordures préparées par les ménagères dans un pousse-pousse fermé par des couvercles. Les animateurs ont sensibilisé les ménages pour s’abonner à l’évacuation des ordures par le projet. Ils ont collecté les frais d’évacuation des ordures et sont intervenus en cas de conflit entre un ramasseur et une ménagère.

Lors du processus de la privatisation du ramassage des ordures, le projet a donc été considéré comme tout autre organisme de ramassage. Cela a permis de demander des frais d'évacuation des ordures aux ménages pour rentabiliser leur collecte puis leur compostage.


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La collecte des frais d’évacuation des ordures a été suivie par une comptabilité sur ordinateur.

Cette comptabilité a permis de suivre le nombre des abonnés, le montant par abonné en moyenne, les raisons d’abandon de l’abonnement, les impayés et bien sûr les autres indicateurs d’une comptabilité comme quel client a déjà payé pour quel mois. A la fin du mois, les animateurs se sont fait imprimer une liste des abonnés du mois passé et une liste des impayés des mois avant par le logiciel. Au retour, ils ont introduit les nouveaux abonnés, et les reçus pour mettre le fichier à jour. Le transfert de la comptabilité à l’ordinateur a élevé le taux de recouvrement. Avant juin 2000, le taux de recouvrement s’est élevé de 80 à 90 %. Après l’informatisation de la comptabilité, les animateurs ont pu réaliser des taux de 90 à presque 100 %. (Figure 7)

Figure 7 : Taux de recouvrement à Lomé

Dans cette comptabilité, le nombre de versement a été suivi pour connaître le montant à encaisser et l’évolution des résultats de la sensibilisation dans le temps. Le nombre des versements par zone correspond au nombre des abonnés qui ont payé. En observant le nombre des versements par zone entre 09/99 et 03/02, il n’y a pas de fluctuations saisonnières du nombre des abonnés selon nos données à Lomé. (Figure 8)

La zone 3 a été élargie en juin 2001. L’augmentation de nombre des abonnés payants dans cette zone est bien remarquée dans la figure ci-dessous.


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Figure 8 : Nombre de versements entre 09/99 et 03/02

La baisse du nombre des versements vers la fin du graphique est due aux impayés des abonnements qui seront récupérés plus tard. (Voir Figure 8)

Nous avons analysé aussi l’évolution des prix des abonnements. Les ménages ont négocié avec les animateurs pour fixer le prix des abonnements. L’évolution de ces prix montre que les ménagères et les animateurs ont cherché de maximiser le nombre des abonnements malgré que cela a réduit les prix des abonnements. Lorsque nos analyses ont montré aux animateurs que les prix descendent trop, ils ont cherché à les remonter. (Figure 9)

Par ailleurs, les raisons les plus fréquentes pour l’arrêt d’un contrat d’abonnement à l’évacuation des ordures sont : des problèmes financiers et la réduction du prix de l’abonnement. Cela se manifeste dans une déduction du prix moyen de l’abonnement pendant la durée du projet. C’est la légère augmentation du nombre d’abonnement qui a fait maintenir le niveau de recettes pour pouvoir payer le personnel de ramassage des ordures. Une fois l’observation a été faite et transmise aux animateurs, ces derniers ont cherché à remonter le prix moyen. (Voir Figure 9)


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Figure 9 : Evolution des prix des abonnements

Pendant le projet, le ramassage des ordures s’est autofinancé par les frais d’évacuation des ordures, par contre les coûts de transformation des ordures en compost ont été pris en charge par le projet.

3.3.1.5. Qualité des ordures à Lomé

Selon les analyses faites par Nankol en 1999 dans le cadre du projet, les ordures desdites quartiers sont composées de 35 % de matière organique, 48 % de sable, 6 % de matière plastique, 4 % de papiers, cartons et bois, 3% de métaux, verre et textile, et 3 % de restes.

L’importance du sable (presque 50 %) dans cette composition posent de problèmes énormes à l’érosion des bâtiments, au transport des ordures et au compostage des ordures. Il n’est pas rare d’observer de taux du sable élevé dans des quartiers pauvres où la cour n’est pas pavée. Il a fallu passer au tri sélectif pour obtenir la matière organique pour la fabrication du compost à Lomé.

Comme déjà décrit plus haut, traditionnellement les femmes tamisaient les ordures avec un petit panier pour laisser le sable dans la cour.


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3.3.1.6.  Systèmes de production agricole de Lomé

A Lomé on rencontre quatre systèmes de production agricole, notamment :

La partie haute de Lomé est « envahie » par l'agriculture pluviale, avec le maïs, le manioc, l'arachide et la tomate comme cultures principales. Le maraîchage se pratique autour de deux lacs sur le plateau et sur la partie basse de Lomé. Cette partie de Lomé correspond au terrain du port et à la zone industrielle. Sur la partie basse de Lomé, dans les parcelles non bâties, on peut faire du maraîchage toute l'année car la nappe phréatique est à 2 - 3 m de profondeur. Le maraîchage est le secteur informel le plus important concernant l'emploi (Kouvonou, 1998).

Les enquêtes standardisées ont été faites auprès de maraîchers de légumes du climat tempérés sur la plage de Lomé.

Les maraîchers sont en majorité des Mina venant d'Aného, l'ancienne capitale. Le maraîchage de légumes tempérés a été introduit à Lomé par les colons. Les cultures les plus importantes selon nos enquêtes sont l'oignon, la laitue, la carotte, le chou, le « gboma » et la betterave. Les maraîchers de la zone jusqu'à Baguida sont encadrés par une animatrice pour la ville et un animateur pour la zone périurbaine. Les légumes produits sur la plage sont vendus à Lomé, à Cotonou au Bénin et sont aussi exportés au Ghana. En période de sous-production en effet le Ghana importe des légumes du marché de Lomé. Certains légumes comme la tomate sont produits à l'intérieur des terres togolaises en saison de crue puis transportés à Lomé.

3.3.1.7. Importance des fertilisants pour le maraîchage à Lomé

A Lomé, le maraîchage est pratiqué sur le sable maritime qui a une faible rétention d’eau et un faible contenu en matière organique. Pour les maraîchers, la fertilisation est alors obligatoire pour pouvoir obtenir une récolte commercialisable. Les résultats des enquêtes (Tableau 5) montrent que les maraîchers de Lomé sont conscients du problème de fertilité du sol et cherchent déjà à l’améliorer. Les enquêtes font sortir que tous les maraîchers utilisent des fertilisants organiques et chimiques.

Son enrichissement en matière organique permet d'augmenter un peu son potentiel de rétention d'eau. L'élevage de volaille est par ailleurs le premier fournisseur d'excréments d'animaux (fiente). Parfois, les maraîchers arrivent à obtenir du fumier de vache. Les maraîchers s'approvisionnent aussi en déchets industriels (tourteau de 47coton et drêche de brasserie). Les dépôts d'ordures décomposées et tamisées sont en fait utilisés par des producteurs de plantes ornementales (Kessler, October 2002).

5 % des maraîchers apportent de la terre rouge bien argileuse pour augmenter la rétention de l’eau. Ces exploitants mélangent le sable avec la terre rouge.

Les techniques comme la rotation et la jachère sont rarement pratiquées par les maraîchers.

Tableau 5 : Entretien du sol par les maraîchers et les maraîchères à Lomé

Mode d’entretien du sol

Nombre des maraîchers

%

Fertilisants

385

96,25

Apport de l’argile ou de la terre rouge

21

5,25

Rotation

2

0,5

Jachère

1

0,25

Bêchage

1

0,25

« Je ne fais rien »

2

0,5

Sans réponse

4

1,0

3.3.1.8.  Importance de produits phytosanitaires à Lomé

Tous les maraîchers de Lomé utilisent des pesticides (enquêtes). Ils sont vendus dans des boutiques privées et par des vendeurs informels parfois ambulants. Les pesticides vendus au noir viennent surtout de la filière coton où ils sont subventionnés au Togo de même qu’au Bénin. On rencontre aussi des pesticides destinés à la culture de cacao venant du Ghana. Ces pesticides sont vendus en bouteille ou en détail par verre de thé. Pour renforcer leur efficacité, les exploitants les mélangent entre eux ou augmentent la dose. Les maraîchers se plaignent que les pesticides ont perdu leur efficacité et qu’on trouve tous les ravageurs sur toutes les cultures. Cela est confirmé par l’agent de vulgarisation. L’utilisation des pesticides en surdose (Tallaki, 2002) peut apporter ce changement. Nos enquêtes ont montré que les maraîchers observent et luttent contre des insectes et des nématodes mais ils connaissent peu de maladies. Dû au bas niveau de formation, la plupart des maraîchers ne connaissent pas de nom des produits qu’ils utilisent et ne sont non plus en mesure de lire des prescriptions d’application. Les pesticides sont dangereux pour le consommateur et pour l’exploitant. Ces derniers connaissent des intoxications lors de l’application. Le consommateur est mis en danger par l’application de produit pour la culture de coton sur des cultures comme la laitue qui reçoit des traitements parfois jusqu’à 3 jours avant la vente.

Les produits phytosanitaires réduisent les risques des pertes dues aux maladies et ravageurs. A Lomé, j’ai étudié les pertes financières pour la laitue et les oignons selon les estimations des maraîchers. Ces derniers ont été demandés sur les recettes d’une planche des cultures sans maladies et les recettes d’une planche des cultures malades ou endommagées par des ravageurs. Par la suite, les fréquences des prix par planche avec et sans maladies ont été comparées (Figure 10).


48

Figure 10 : Comparaison des prix de la laitue sans et avec maladies ou ravageurs

A Lomé, le prix moyen d’une planche de la laitue sans maladies s’élève à 4 704 FCFA par planche (taille moyenne de 20,6 m²), avec des maladies, on obtient 1 371 FCFA par planche en moyen. Les pertes par planche sont de 3 333 FCFA par planche donc 71 % du prix sans maladies ou ravageurs. (Kessler, 2001)

Les pertes de 71 % du prix montre le fort risque que les maraîchers courent s’ils n’utilisent pas de produits phytosanitaires. Par ailleurs, ces pertes sont les risques dus à une mauvaise application des pesticides. Les maladies et ravageurs ont attaqué les cultures malgré l’application des produits phytosanitaires.

On a procédé au même calcul pour la culture d’oignon (Figure 11). Le prix moyen d’une planche (taille moyenne de 21,2 m²) d’oignon sans maladies s’élève à 8 400 FCFA, le prix moyen obtenu malgré des parasites est de 3 805 FCFA par planche, donc la perte par planche s’élève à 4 595 FCFA. Cela constitue 55 % du prix sans parasites.


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Figure 11 : Pertes de la culture d’oignon dues aux parasites

Pour la laitue, les coûts de traitements phytosanitaires ne doivent pas dépasser 3 333 FCFA par planche du semis à la récolte. Ceux qui est largement au dessus de coût de traitement par l’extrait du compost.

3.3.2. Tsévié

3.3.2.1. Position géographique, taille et climat de la ville de Tsévié

Tsévié est une petite ville desservie par une route goudronnée située sur l'axe principal desservant le Nord du Togo. La ville de Tsévié est située à 35 Km au Nord de Lomé sur la route nationale N°1 (goudronnée). Elle est placée sur le plateau entre les deux rivières alimentant le lac Togo de coté Ouest, le Zio et le Haho. Il y habite 40 000 habitants. Elle est le chef lieu du littoral (Zone administrative du Sud de Togo). (Voir Figure 6)

La ville de Tsévié a presque le même climat que Lomé mais le niveau des pluies est d’environ 200 mm au dessus de Lomé.

3.3.2.2. Les cultures de la ville de Tsévié

Historiquement, la ville de Tsévié est peuplée des Ewés. Tsévié se trouve dans la zone qui était colonisée par les Anglais. Le chef de terre donne donc des titres fonciers qui sont à confirmer par l'administration. Ceci influe entre autre sur la 50répartition des terres entre filles et garçons lors de l'héritage du terrain familial. (C.-à-d. il y a des femmes propriétaires de parcelles.)

Aujourd’hui, 85 % de chef de ménage sont des Ewés. Les autres viennent surtout du Sud de Togo. Les langues parlées sont le Ewé et un peu du Français. Les Ewés sont une fraction de Mina. Comme les Ewés de Lomé, les Ewés de Tsévié sont classés dans le milieu culturel éwé/ mina pour être différencié des Soussous de Conakry, des Peuls de Timbi Madîna et des Wolofs/ Lebous de Rufisque.

3.3.2.3. Activités principales de la population de Tsévié

La ville de Tsévié vit de l'artisanat, du commerce et de l'agriculture surtout. L'agriculture pluviale est souvent pratiquée à temps partiel. Au moins un agriculteur habite dans 61 % des concessions. L’activité non agricole dépend du genre. Les hommes pratiquent avant tout l’artisanat. Les femmes font le ménage et le commerce. L’administration et l’enseignement offrent peu d’emploi. Une partie non négligeable part chaque matin à Lomé pour y travailler en poste salarié ou en faisant du commerce avec Lomé. La surproduction agricole est vendue à Lomé.

3.3.2.4. Gestion des ordures à Tsévié

Lors de l’arrivée du projet à Tsévié, il y avait deux ONG qui ont ramassé des ordures porte-à-porte dans trois quartiers contre une redevance. De façon contradictoire, le centre ville qui a le plus de problème d'évacuation des ordures et une grande partie de la ville ne disposaient pas de système de ramassage des ordures. Les ordures étaient donc entassées un peu partout dans les rues et sur les terrains non bâtis. Depuis le temps colonial, les chefs de quartier appellent la population à l’action « Quartier propre ». Lors de cette action, les ordures sont amenées au dépôt officiel.

La population de Tsévié signale un manque de dépotoir officiel. Seulement 25 % de la population utilise des dépotoirs non sauvage soit officiel ou remblai, seulement 10% ont un dépotoir officiel à leur disposition donc encore 13 % se plaignent que c’est loin. En fin, 90 % de la population de Tsévié utilisent de dépotoirs inofficieux ou incinèrent les ordures.

La mairie ne dispose pas de moyen lui permettant d’organiser un ramassage des ordures porte-à-porte.

Les quartiers jugés en majorité « propre » par leur population, ont été dirigés par des chefs de quartiers dynamiques qui ont fait des actions « quartier propre » régulièrement.

Après nos enquêtes et des concertations avec d'autres organisations de ramassage et la mairie, nous avons fait ramasser des ordures du centre et de la partie Nord de la ville. Le projet a installé le ramassage des ordures porte-à-porte vers la station de compostage où le projet a fait composter ces ordures. Cette station produisait plus de compost que les autres stations du projet car les ordures des petites "villes rurales" sont plus riches en matière organique.


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Les ménages ont préféré le payement par enlèvement des ordures au lieu de faire confiance au projet et payer par mois comme à Lomé ou à Conakry.

3.3.2.5. Qualité des ordures à Tsévié

Selon le rapport du coordinateur du Togo (Somana, 2001), les ordures de Tsévié se composent de 55 – 68 % de matière organique, 19 - 33 % du sable, 3 – 5 % du plastique, 0,2 – 1 % de verre, 1 – 3 % des métaux, 1 – 2 % du papier et 4 – 5 % d’autres matières. Le taux si élevé en matière organique facilite la fabrication du compost. La station de compost de Tsévié a produit le plus de compost. Elle a fabriqué la double quantité du compost avec la moitié de ménage que Lomé pendant une même période.

3.3.2.6.  Systèmes de production agricole de Tsévié

Les cultures de manioc et de maïs qui sont les aliments de base dominent en ville comme en périphérie. Les agriculteurs cultivent à 90 % du manioc, 99 % le maïs, 23 % des haricots et à 12% la tomate en pluvial. Le manioc et le maïs sont plantés en association. Le manioc est une culture bisannuelle. Le maïs est semé deux fois par an dans l’intervalle entre les plantes du manioc. Les haricots sont mis dans l’intervalle du maïs dans le manioc ou dans l’intervalle du maïs sans manioc. Les tomates sont cultivées en culture pure ou dans l’intervalle du maïs.

Le maïs est l’aliment de base préféré et alors cultivé pour l’autoconsommation. La population consomme de préférence du maïs et fait recours au manioc en cas d'échec du maïs. Le manioc sert en cas d’échec ou d’insuffisance du maïs comme aliment de base. Les surplus de manioc sont vendus sur pied aux "bonnes femmes" de Lomé qui le transforment en "gari" (semoule de manioc). Le manioc est donc aussi une culture de rente: on garde le manioc au champ et on le vend sur pied en cas de besoin monétaire car le manioc est flexible concernant le moment de récolte.

Le manioc est connu comme la culture « sans problème, qui marche toujours » et qui évite la famine à la famille.

Le service de vulgarisation s'occupe des producteurs de coton et de la vulgarisation de variétés de manioc résistantes aux viroses. Il faut noter que la station de recherche de l'ITRA/CRA-L (Institut Togolais de Recherche Agricole, Centre de Recherche Agricole du Littoral) se trouve à Davié, à 5 Km au Sud de Tsévié.

3.3.2.7. Importance des fertilisants à Tsévié

La fertilisation est d’une faible importance à Tsévié. Uniquement, les producteurs de coton et des légumes les utilisent.

Les excréments d'animaux entrant en concurrence avec le compost agent d’amélioration du sol sont la fiente et le lisier de porc. Les terrains difficiles d'accès empêchent l'utilisation des améliorants organiques du sol. Les agriculteurs préfèrent alors des engrais minéraux, plus faciles à transporter.


52

3.3.2.8. Importance de produits phytosanitaires à Tsévié

Les produits phytosanitaires sont sans importance pour les agricultures des aliments de base. Les producteurs de tomates et du coton en utilisent. Le manioc est perçu par les paysans comme une culture sans problème c.-à-d. sans maladies et sans ravageurs. Les maladies ne sont souvent même pas reconnues comme maladies. Le manioc est la culture des paysans pauvres qui n’ont pas suffisamment de ressources pour payer des traitements ou acheter de semence etc. Les agriculteurs observent souvent que les maladies de manioc disparaissent avec l’arrivée de la saison de pluie. Seulement quelques rares d’entre eux cherchent à traiter de maladies (11 sur 360 productrices et producteurs du manioc et sur 236 reconnaissants qu’il y a des maladies). (Kessler, Rapport annuel, 2000)


2 Carte de la Guinée

3 Interview avec M. Dabo de la Commune Rurale du Développement de Timbi Madîna



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