53

4.  Méthodes

Dans le cadre du projet, des enquêtes et des observations ont eu lieu. Par la suite, des données des enquêtes standardisées ont été modélisées.

Les enquêtes se sont adressées aux cultivateurs, aux ménagères et aux personnes ressources concernant le compost, l’agriculture et la gestion des ordures.

Les observations à plusieurs reprises ont été orientées vers les stations de compostage, les parcelles d’essai et les organisations de ramassage des ordures pendant des années 1999 à 2001.

Les enquêtes et la modélisation sont décrites par la suite.

4.1. Enquêtes

Les enquêtes ont été menées de façon standardisée, par guide d’entretien ou sans formalisation.

4.1.1. Les enquêtes de personnes ressources par guide d’entretiens

Les autorités du quartier ou plutôt de la ville ont été enquêtées par guide d’entretien. Le chef du quartier et le chef de la ville (Tsévié) ainsi que leurs notables et les maires ont été interviewés sur l’historique du quartier ou de la ville, sur les institutions et organisation du quartier, sur le ramassage des ordures et leurs avis sur la problématique de la gestion des ordures a été sollicité. Egalement, ils ont répondu aux questions concernant la gestion des terrains vides, l’agriculture dans les quartiers ou plutôt dans la ville, le marché de légumes, des infrastructures et des problèmes d’inondation du quartier. Finalement, ils ont donné leurs perspectives sur l’avenir du quartier ou de la ville.

Aux mairies, les agents de la voirie et du service de santé ont été interviewés par guide d’entretien sur le fonctionnement passé et actuel du système de ramassage des ordures.

Aux services de vulgarisation, les chefs du service et les agents du terrain ont été consultés par guide d’entretien sur l’agriculture urbaine, les cultures les plus importantes, les maladies et les ravageurs les plus importants, les problèmes de l’agriculture urbaine, leurs prestations auprès des exploitants urbains.

4.1.2. Les enquêtes non structurées

Le ramassage des ordures par les agents du projet et le compostage ont été suivis par des observations à plusieurs reprises et des enquêtes informelles. La comptabilité de ramassage de Lomé a été suivie de près parce que c’était le seul cas où le ramassage et le compostage ont été entièrement dans les mains du personnel 54du projet. Les équipes des stations de compostage et les ramasseurs de même que les ménagères ont été interrogés sur leur degré de satisfaction concernant le système du ramassage des ordures, le compostage, la régularité du service et des payements, leurs problèmes avec ou dans le projet et leurs observations par rapport au projet.

Les observations ont concerné surtout les stations de compostage et des différents systèmes de ramassage des ordures.

Les exploitants agricoles ont été interviewés à Lomé pour découvrir le réseau du savoir-faire phytosanitaire. Par la suite, on a constaté qu’il n’existe pas en temps que tel.

Des vendeurs des produits phytosanitaires ont été consultés sur les maladies et les ravageurs des cultures choisies pour les essais et les produits phytosanitaires vendus aux agriculteurs urbains. Finalement les vendeurs ont été demandés de donner leur avis sur la vente d’un compost comme produit phytosanitaire.

Lors des visites des parcelles d’essais, les exploitants agricoles ont donnés leurs avis sur les essais.

Les services de vulgarisation ont été consultés sur le vocabulaire des dépliants de vulgarisation de la fabrication du compost, de l’utilisation du compost comme produit phytosanitaire et sur le tri à la source.

4.1.3. Déroulement des enquêtes standardisées

Conformément au planning du projet, les enquêtes standardisées ont eu lieu en juin 1999 à Rufisque, en juillet et août à Lomé et à Tsévié, en septembre et octobre 1999 à Conakry et à Timbi Madîna.

4.1.3.1. Echantillonnage des enquêtes standardisés et leur raisonnement

Selon Bernard (1988), dès que la population dépasse 5 000, la taille de 400 enquêtés est représentative pour une analyse avec un intervalle de confiance de 5 %. Pour cela, la taille de 400 ménages et 400 agriculteurs a été jugée suffisante pour chaque ville afin de pouvoir comparer les résultats de différentes villes parce qu’une situation spécifique pour chaque ville a été attendue.

A Timbi Madîna, des enquêtes standardisées ont été réalisées dans 240 ménages (sur 1100) de l’agglomération de Timbi Madîna et Laaba à l’occasion des exploitants agricoles dans le ménage, l’enquêteur a interviewé ce dernier pour l’enquête agricole.

A Tsévié, les enquêteurs ont interviewé des ménages de tout le centre ville et ses alentours. La périphérie a été laissée car ces gens n’ont pas de problème d’évacuation des ordures, donc il aurait été difficile de les enquêter avec le même questionnaire. L’enquête représente la population de petite à moyenne ville.


55

Tableau 6 : Tailles des populations et des enquêtes, quartiers choisis, et l’existence de données provenant d’autres intervenants

Ville

Timbi Madîna

Tsévié

Rufisque

Lomé

Conakry

Nombre d’habitants

6 000

40 000

150 000

1 000 000

1 400 000

Quartiers d’enquête pour les ménages

Partout

Hetséavi, Adiakpo, Begbé, Agbalipé, Kpatéfi, Adoulekpodji et Daviemodji

Diokoul Kao, Diokoul Gouyguimpar, Diokoul Tiwaouane, Castor, Arafat II

Akodessewa,

Wete A et B, Ablogamé,

Simbaya,

Tanènè marché,

Tanènè Mosquée, Yimbaya Marché et Yimbaya

Nombre de ménages enquêtés

240

399

374

361

401

Ethnies

Peul

Ewé

Lébou, Wolof

Ewé et Mina

Soussou, Malinké, Peul

Quartiers d’enquête desagriculteurs

Toute la ville

Toute la ville

Diokoul Kao,

N’Diorga, Dangou,

Arafat,

Gouye Mouride

Zone des maraîchers au bord de la mer (2km)

Corontie, Cour de l’Imprimerie Nationale, Yimbaya, Lambayin, Ratoma, Kaloum, l’alentour et à l’enceinte de l’aéroport ;

Nombre d'agriculteurs enquêtés

200

401

401

400

400

Nombre d'agriculteurs estimé après l’enquête

83 % des ménages

64 % des ménages

16 % des ménages

Environ 1000 maraîchers

Environ 2000 dans toute la ville

Autres données existantes

Néant

Néant

Concernant les Ménagères4

Concernant les agriculteurs5

Néant

Source: Kessler, June 2002


56

A Rufisque, nous avons choisi des quartiers traditionnels et des quartiers résidentiels pour l’enquête auprès des ménages pour avoir des résultats représentant toute la ville de Rufisque.

A Lomé, l’équipe de l’ITRA a sélectionné les quartiers à proximité des maraîchers. Ces quartiers sont connus comme des quartiers de « pauvre ». Le défi de cette zone a été de démontrer qu’on peut installer un ramassage des ordures non subventionné dans un tel quartier. Néanmoins, ces quartiers ne représentent pas toute la ville de Lomé.

A Conakry, les ménages des quartiers autour de l’aéroport ont été enquêtés. Cette partie de la commune de Matoto n’a rien de spéciale, ce ne sont de quartiers ni plus pauvres ni plus riches – ni centre ville ni périphérie. Ils sont représentatifs pour une zone hors centre ville d’une grande ville.

Pour les enquêtes auprès des exploitants agricoles, à Timbi Madîna et à Tsévié, la zone d’enquête a été toute la ville. A Rufisque, les enquêtes agricoles ont été menées dans des quartiers traditionnels où la population autochtone a accès à la terre et pratique l’agriculture pluviale et dans des quartiers habités par des maraîchers. Par ce mélange des systèmes de production et des lieux d’habitat, la représentativité est cautionnée.

A Lomé et à Conakry, la concentration des exploitants est trop base pour une enquête agricole par lieu d’habitat. Les enquêteurs se sont adressés directement aux exploitants agricoles aux parcelles. Les enquêtes agricoles de Lomé représentent uniquement les maraîchers et non pas les agriculteurs en pluviale dans la partie nord de Lomé

La taille des enquêtes et des populations sont mentionnées dans le Tableau 6.

Des enquêtes concernant les ordures et leur gestion dans les ménages et dans les quartiers ont été effectuées auprès des ménagères des différents quartiers. D'autres enquêtes auprès des agriculteurs urbains et périurbains portaient sur les systèmes de production, les pratiques de fertilisation, les pratiques et motivations de lutte phytosanitaire et la connaissance, l'utilisation et la fabrication du compost. Nous avons aussi recueilli leurs opinions concernant le compost et ses effets.

4.1.3.2.  Description des tests de questionnaires

Le questionnaire destiné aux agriculteurs a été préétabli en Allemagne. Il a été testé dans toutes les villes avec l'assistance des étudiants locaux, qui ont prévu de faire leur mémoire dans le cadre du projet. Les responsables des quartiers choisis pour l’enquête nous ont désigné des ménages ou des personnes à enquêter pour le test du questionnaire.

Lors du test, l’étudiant a traduit les questions en langue locale. Les réponses et les réactions des personnes interviewées nous ont permis de voir les lacunes et les possibilités pour une adaptation du questionnaire à la situation de la ville spécifique.


57

A Conakry, l’étudiante en sociologie avait préétabli le questionnaire agricole et celui concernant les ménages.

4.1.3.3.  Résultats des tests de questionnaires

Les tests ont donc permis de restructurer les questionnaires, d'adapter les unités de mesure, de prendre en compte la logique de récolte, l'itinéraire technique de la culture ciblée pour les essais de l'extrait de compost, les systèmes de production, les vocabulaires locaux et d'améliorer la manière de poser des questions.

Par exemple, à Lomé, les questions concernant l’itinéraire technique des différentes cultures ont été mises dans un tableau parce que les maraîchers cultivent beaucoup de cultures différentes à des périodes de l’année différentes. Le tableau de comparaison des rendements sans et avec compost s’est avéré être hors des expériences et observations des exploitants. La question par rapport à l’explication des effets du compost a été mal répondue lors du test du questionnaire. Ces deux parties ont été éliminées du questionnaire agricole pour Lomé.

Les tests des questionnaires pour les ménages permettaient d’adapter l’enquête à la situation de ramassage des ordures spécifique pour chaque ville. Par exemple, à Tsévié, lors du démarrage du projet, très peu des ménages ont bénéficié d’une ONG de ramassage des ordures. C’est ainsi que toutes les questions pour la description de l’organisation de ramassage des ordures ont été enlevées du questionnaire. Par ailleurs, il n’y a pas de latrines publiques ou d’autres infrastructures d’assainissement à Tsévié. Les questions concernant ces aspects ont été également enlevées du questionnaire pour Tsévié. La question liée au type de logement s’est avérée être trop compliquée.

4.1.3.4. Recrutement et formation des enquêteurs

Les enquêtes standardisées ont été réalisées par des étudiants de différentes facultés de niveau bac plus 2 si possible. Cela s'est avéré impossible à Timbi Madîna et à Rufisque. Les enquêteurs ont suivi une formation. En Guinée et au Togo, l’étudiante ou l’étudiant locaux réalisant leur stage et mémoire dans le cadre du projet, ont assisté à la formation des enquêteurs surtout pour la traduction de termes techniques en langues locales.

Les enquêteurs ont été formés pendant deux jours sur le contenu du projet, ses objectifs, les techniques de présentation, les attitudes requises pour un enquêteur, la population à enquêter et les informations à recueillir. Comme les enquêteurs pour les agriculteurs venaient de différentes formations initiales, ils ont aussi été formés sur l’agriculture en général, la culture ciblée dans la ville concernée, certains termes techniques agricoles, le compostage en théorie et les effets du compost sur le sol.

Les enquêteurs pour les ménages ont été formés sur la gestion des ordures, le tri à la source, les vocabulaires à recueillir et le compost.

Ils ont traduit les questionnaires en groupe pour garantir un même langage pendant les enquêtes et des conditions standardisées de travail avec l'assistance des étudiants du projet.


58

Leurs points de vue sur le questionnaire ont été recueillis.

4.1.3.5.  Description des questionnaires

Pour assurer une standardisation de la présentation et pour créer des conditions d'enquête standardisées, les questionnaires commencent par la présentation de l’enquête c.-à-d. on présente d’abord le projet, puis les zones d’enquête, les objectifs de l’enquête en mettant en évidence le profit potentiel pour l’enquêté. Finalement l'enquêteur demande la collaboration de l’enquêté(e).

On évite d'employer les mots « projet », « enquête » et « bénéficier ». Le mot « projet » sous-entend qu’il existe un organisme susceptible de donner quelque chose, comme p. ex. des subventions ou des moyens de production gratuits. Le mot « bénéficier » introduit le même biais. Le mot « enquête » engendre souvent une certaine méfiance vis-à-vis de l’enquêteur.

Les questions à réponse fermée (oui ou non) étaient souvent suivies par des questions plus ouvertes comme pourquoi ?, où ?, combien ?, comment ? etc. pour éviter que les réponses "oui" soient dictées par la politesse.

A la fin de tous les questionnaires, on laisse toujours la latitude à l’enquêté de poser des questions. Finalement, ce dernier était remercié pour les informations fournies.

Il faut noter que dans un contexte international comme celui du projet où plusieurs ethnies, plusieurs milieux culturels, plusieurs situations climatiques et juridiques sont rencontrés, les conditions ne sont dans aucun cas standardisées malgré tous les efforts faits pour homogénéiser la situation d’enquête pour tous les 3 400 enquêtés.

4.1.3.6. Description des questionnaires pour les ménagères

Les questionnaires pour les ménages ont été composés des parties à répondre par les chefs de ménage et des parties à répondre par les ménagères. Pour des raisons de politesse, le questionnaire s’adresse d’abord aux chefs de ménage.

Le questionnaire proprement dit commence par les mots en langue locale pour le résidu, les déchets, les ordures, le compost et le recyclage. Cette partie sert d’introduction. Elle est suivie d’une sensibilisation pour la réflexion sur les critères de jugement de propreté du quartier. L’envahissement de la rue par les mauvaises herbes fait partie de ces critères. On demande après le jugement sur la propreté du quartier et les facteurs de son influence c'est-à-dire sur des mesures à entreprendre pour la propreté du quartier. A la fin de cette partie, le jugement si les aliments fertilisés par le compost issu des ordures sont consommables est demandé.

La question un peu générale sur les ordures dans la rue et dans le quartier introduit la partie concernant les différents modes d’évacuation des ordures existants ou imaginés. La question relative au mode d’évacuation imaginé pose de problèmes religieux car la future dépend de divinité ou de dieu. En conséquence, elle n’est pas toujours bien répondue.


59

Ensuite, nous avons posé des questions aussi bien sur l’existence de problèmes causés par les ordures et l’existence de dépôts dans le quartier que sur leur statut.

Après, les femmes ont été enquêtées sur l’organisation interne à la concession pour le ramassage d’ordures. Dans cette partie, on a bien différencié les résidus et des ordures. J’ai évité le mot « déchets » car il est fréquemment utilisé pour les excréments des animaux et des hommes (déchets humains) qui ne sont pas directement le sujet de l’enquête. Les résidus étaient traduits dans le sens de reste et ceux qui restent. Les ordures sont les déchets dont on a déjà décidé de les jeter. En conséquence, on demande une fois si elles sont disponibles de trier les résidus et l’autre fois si elles sont disponibles de trier les ordures. Trier les résidus revient à un tri à la source, par contre trier les ordures est seulement un déplacement du tri de la station de compostage au ménage. Ensuite, nous avons creusé la gestion de résidus qui deviennent des ordures pour connaître les modes de valorisation des résidus, les critères de tri entre les résidus recyclés et les ordures jetées. On a demandé des différentes techniques et pratiques d’élimination des ordures en différenciant quelle matière est évacuée par quelle méthode.

Par rapport à l’organisation interne à la concession pour la gestion d’évacuation des ordures, on cherchait aussi à savoir le lieu de dépôt, les interlocuteurs concernant les ordures, la quantité des ordures et l’organisation imaginée pour l’évacuation des ordures.

Finalement, on les incite d’imaginer un tri pour des raisons idéologiques pour les agriculteurs et un tri à la source où on donnait la manière de trier. Un tri pour les agriculteurs est idéologique dans le sens où le ménage sans agriculteur ne tire pas de bénéfice d’un tel tri.

On cherchait aussi à savoir si les ménagères ont une idée de comment trier les ordures pour les agriculteurs. Pour recueillir les conditions du tri, la langue éwée oblige de poser la question si elles peuvent commencer demain.

C’est aux chefs de concession de donner les renseignements concernant le ménage, le nombre des habitants, le réseau dont le ménage fait partie, sa profession et autre occupation et si possible le niveau de revenu. Certaines questions sont répétées dans la partie pour les ménagères.

Pour la partie des renseignements généraux du ménage, il est préférable que l’enquêté soit seul parce qu’il sera plus disponible de répondre à certaines questions comme celle concernant les revenus mensuels. Malgré qu’elle soit appuyée par le verso du carton de présentation portant de chiffre entre 1 000 FCFA et 250 000 FCFA elle n’était pas répondue par tout le monde.

Pour les questions concernant les femmes, il est préférable de pouvoir enquêter la femme responsable de ramassage des ordures en absence d’un homme ou d’une femme supérieure à elle parce que cela peut influencer les réponses. Elle ne donnera que des réponses qu’elle pense qu’on veut entendre.

Il suit la partie relative à l’agriculture et à l’élevage. Nous avons demandé le lieu, les cultures et l’utilisation du compost. On a posé les questions après la connaissance, la 60fabrication du compost, les objectifs de la fabrication, l’organisation pour la production, la personne ressource, la disponibilité pour la production commerciale en quantité et aussi en bonne qualité.

Les questions concernant l’élevage se justifient par le fait qu’il peut consommer des ordures biodégradables et produire de fertilisant concurrentiel au compost.

A Lomé, l’enquête auprès des ménages a été exécutée entièrement par l’ITRA. Je ne commenterai pas leur questionnaire.

4.1.3.7. Description du questionnaire agricole

En enquête, les agriculteurs précisent le lieu de culture, le mode de gestion de la ferme (métayage, etc.), le type de main-d’œuvre à la quelle ils ont recours, la qualité du sol, les techniques d’entretien du sol et les pratiques d’irrigation.

Les agriculteurs présentent les cultures, leurs périodes de cultures et les problèmes selon la culture. Ces problèmes constituent l’introduction à la démarche de recherche de solutions et d'identification des réseaux de conseil et d’encadrement.

Ils sont ensuite interviewés sur leur connaissance du compost, sur le vocabulaire utilisé pour parler du compost et de sa fabrication. Les fabricants de compost doivent quant à eux répondre à des questions sur leur technique de fabrication, les quantités produites, les différences observées entre les parcelles sans compost et les parcelles avec compost, les raisons qu'ils ont de fabriquer du compost ou de transformer de matière organique brute et s’ils font appel à un conseiller pour la fabrication. Nous avons cherché à faire l'inventaire de tous les modes de transformation de la matière organique en fertilisants, leur qualité, les quantités produites et les personnes ressources pour la fabrication de cela. Nous ne nous sommes pas limités à parler du compost du sens strict.

Ceux qui ne produisent pas de compost nous expliquent pourquoi ils ne produisent pas de compost et si au moins ils connaissent une personne qui en fait.

Tous les maraîchers doivent donner leur avis pour savoir s’ils sont disposés à acheter, et/ ou à produire du compost pour la vente, si on peut l'utiliser contre des maladies des plantes, s’ils utilisent le compost issu des ordures ménagères pour la fertilisation des parcelles et si on peut consommer des fruits produits sur des sols fertilisés avec du compost. La dernière question demande aux gens s’ils ont déjà cultivé sur les tas d’ordures et sur la disponibilité de trier les ordures pour faire un compost non toxique.

Les agriculteurs qui ne cultivent pas la culture pré-choisie par les coordinateurs du projet doivent expliquer leurs raisons. Cela permet de voir si la culture pré-choisie a des particularités qui font que c'est un groupe spécialisé qui la produit.

Ceux qui cultivent la culture pré-choisie répondent aux questions spécifiques pour cette culture. Les agriculteurs décrivent leurs itinéraires techniques et les maladies et ravageurs rencontrés. Cette partie se termine par l’information sur les personnes ressources concernant les maladies ou les ravageurs.


61

La section de récolte vise à amener l’agricultrice et l’agriculteur d’estimer sa récolte en fonction de fertilisants appliqués et de maladies rencontrées. Après, elle ou il décrit les destinations de la récolte.

La question concernant le statut foncier est la dernière avant l’identification de l’exploitant. Cette question est suspecte de créer une méfiance vis-à-vis de l’enquêteur qui veut acquérir la parcelle ou qu’il est envoyé par des structures cherchant à taxer le terrain.

Le questionnaire agricole termine par l’identification de l’exploitation y compris le réseau social de l’agriculteur concernant le travail, l’achat et la vente, l’irrigation et les organisations souhaitées.

Si l’enquêteur a pu détourner tous les pièges de méfiance et tenir l’intérêt de l’enquêté jusque là le maraîcher ou l'agriculteur répond à des questions d’identification sans problème. La question des revenus est elle aussi délicate. Pour l'aborder, nous utilisons le verso du carton de la présentation de l'enquête qui présente un tableau avec des sommes associées à des lettres. L’enquêté communique uniquement la lettre et non la somme à l’enquêteur. Même en présence d'autres personnes, l'enquêté peut donner sa réponse sans que l'autre comprenne. Cette technique fonctionne moins bien avec des analphabètes mais suffisamment pour recueillir des réponses valables.

4.1.3.8.  Attribution des zones d’enquête aux enquêteurs agricoles

A Tsévié et à Timbi Madîna, on a divisé la ville en 5 zones. Chaque enquêteur a reçu une zone pour l’enquêter.

A Lomé, avec la carte fournie par l'animatrice, on partageait les zones de maraîchage entre les enquêteurs en fonction du nombre de maraîchers par zone.

A Conakry, on avait deux enquêteurs pour l'enceinte de l'aéroport, et les 3 autres pour le reste de la ville.

A Rufisque, les résultats de l’enquête de ménage nous ont amenés à choisir d'autres quartiers pour l’enquête agricole puisque certains d'entre eux ne comptaient presque aucun agriculteur. Selon les renseignements donnés par le service agricole, la municipalité et des vieux de différents quartiers (chefs de quartiers et notables), les agriculteurs résident surtout à Arafat, Gouye Mouride, Dangou, N’Diorga, et Diokoul (vieille partie du village, agriculture traditionnelle).

4.2.  Description du protocole d'analyse

Les enquêtes standardisées ont rapporté des données en nombre suffisant pour permettre des analyses statistiques représentatives et nous obligeaient aussi à effectuer des analyses statistiques, car la problématique est très complexe, les données étaient nombreuses et trop difficile à maîtriser uniquement par des analyses qualitatives.


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Dans des enquêtes par questionnaire, certaines questions ont été posées uniquement dans une ou certaines villes. Parfois, les questions ont rapporté des réponses plus valables seulement dans certaines villes. Ces données sont traitées sous forme d’étude de cas d’une ville et enrichies des données issues des enquêtes qualitatives.

Malgré la multiplicité des réponses due au contexte interculturel, environ 10 % des questions ont pu être standardisées. Néanmoins, une telle standardisation est discutable parce que les conditions culturelles de l’enquête, le contexte et les opinions de personnes enquêtées ne sont jamais standardisés cependant comparables.

Pour les analyses statistiques, j'ai choisi le SAS, un logiciel de traitement de bases de données scientifiques, et d'entreprise (comptabilité, rapports et logistique), de statistique, de graphique, du SIG, du contrôle de qualité et la recherche de marché, du management de projet, de la prévision dans le temps, etc.

Les résultats de modèles de régression logistique sont par la suite relativisés par l’analyse des données qualitatives issues des autres questions des enquêtes standardisées ou issues des interviews par guide d’entretien ou informels.

4.3. Méthodologie statistique

4.3.1. Choix de la méthode

Dû au fait qu’il s’agit en majorité de données nominales, le modèle de régression logistique a été choisi pour la modélisation des influences sur les différentes variables à expliquer. Le modèle de régression logistique montre le degré d'influence positive ou négative des variables explicatives à la probabilité du résultat ou d'un évènement. (Karp, 1999)

L’analyse discriminante est conseillée en cas où l’évènement et le non-évènement ont des probabilités proche de 0,5.

Les fréquences des connaisseurs, fabricants et utilisateurs du compost ne dépassent pas 20 % des exploitants. Donc, l’analyse discriminante n’a pas été prise comme méthode d’analyse.

La fonction de lien du modèle de régression logistique est un logit c.-à-d. η = log (μ/(1-μ)). La réponse doit être binomiale (p ou 1-p). La régression logistique permet l'interprétation des paramètres en terme de rapport des cotes6 qui est la relation entre la probabilité d'un événement (oui) et la probabilité d'un non-évènement (non). (Schlotzhauer, 1993)

Dans la régression logistique, on cherche en principe une formule qui permet de recalculer la probabilité de l'évènement ou du non-évènement à partir des variables explicatives. La méthode permet également de détecter un effet potentiel entre les variables explicatives qui s'appellent interaction.


63

4.3.2.  Description de la méthode de traitement statistique

Dans la partie d'analyse statistique, nous appliquons le principe de la régression logistique qui permet d'analyser et de modéliser des variables potentiellement explicatives numériques, ordinales et nominales. Une variable à expliquer est de préférence binomiale par exemple oui et non. Aussi pour cette raison, les réponses indifférentes sont classées parmi les réponses négatives (« non »).

La régression logistique fait partie du modèle linéaire généralisé qui dit tout court que des variables à expliquer dépendent des variables explicatives par des fonctions de lien. La dispersion de probabilité des variables à expliquer est une fonction exponentielle. Les différents modèles linéaires généralisés se distinguent par la dispersion de probabilité des variables à expliquer et la fonction de lien. (Johnston, 1993)

Si la variable à expliquer est quantitative on peut utiliser le log comme fonction de lien et on suppose que la variable à expliquer est dispersée d'après une loi "Poisson" (Johnston, 1993). Les variables à expliquer analysées dans cette étude sont binomiales et qualitatives. Cette variante du modèle linéaire généralisé n'est donc pas applicable ici.

Les models log-log et probit ne permettent pas d'interprétation claire des paramètres selon Traissac, Martin-Prével, Delpeuch, et Maire (1999).

Selon la littérature (www2.chass.ncsu.edu/garson/pa765/discrim.htm), la régression logistique est préférable par rapport à l'analyse discriminante logistique si des groupes de la variable à expliquer ne sont pas de la même taille. C'est le cas pour les variables à expliquer que nous avons concernant le compost. Les fabricants de compost représentent moins de 10 % des 1721 agriculteurs et maraîchers pris en compte dans la base de données. Par ailleurs, la régression logistique est moins exigeante concernant des hypothèses statistiques (dispersion normale pour la réponse) que l'analyse discriminante logistique. La régression logistique est robuste et donne des coefficients plus faciles à interpréter (www2.chass.ncsu.edu/garson/ pa765/discrim.htm), notamment le risque relatif. Elle est donc la méthode adaptée à notre dispositif.

Pour juger de la qualité du modèle, SAS calcule la partie de la probabilité de l’événement expliquée par la régression logistique. Dans tous les modèles calculés cette partie dépasse 75 % de la probabilité.

4.3.3. Démarche d’analyse

Standardisation des données : la plupart des questions étaient des questions ouvertes, leurs réponses étaient donc standardisées en les réduisant à des catégories générales pour avoir la possibilité de le traiter quantitativement (application voir plus bas).


64

Élaboration des modèles :

Pi = probabilité de l’évènement

β0 = intercepte, constant pour toutes les variables

β1 = estimé pour la variable explicative 1

βi = estimé pour la variable explicative i


65

Lors de la présentation des modèles et leurs résultats, ces derniers sont comparés aux résultats des analyses qualitatives des mêmes bases de données et aux résultats des enquêtes par guide d’entretien ainsi que les observations à la longue de l’exécution du projet de recherche appliquée.

Les enquêtes standardisées ont permis de toucher un nombre des ménages et des cultivateurs représentatif pour pouvoir faire de modèle et de tirer des conclusions générales.

Par exemple, les enquêtes concernant les avis sur le compost et la disposition pour une participation au ramassage des ordures ne sont qu’utiles si elles sont faites à une taille représentative pour toute une zone qui peut être couverte par une organisation de ramassage des ordures ou pour toute une population des cultivateurs. Surtout car la technique de compostage est très rarement pratiquée il faut un grand nombre des exploitants pour rencontrer et interviewer des fabricants du compost.

Les données qualitatives permettent d’approfondir des aspects particuliers. Par exemple, la station de compostage de Lomé a servi d’étude de cas pour la gestion de ramassage des ordures et la station de compostage dans son ensemble.

Par ailleurs, beaucoup de variables ne peuvent pas être standardisées de manière trans-locale ou interculturelle comme a montré la question concernant la connaissance du compost.

D’autres questions nécessiteront des enquêtes à plusieurs reprises comme les revenus agricoles précis, la surface mise en culture, les produits phytosanitaires appliqués (en qualité et en quantité), la main-d’œuvre employée etc. De telles 66données n’ont pas pu être prises dans cette étude. Cependant, ces données influencent fortement le comportement et les avis des exploitants vis-à-vis du compost.

Une combinaison des enquêtes standardisées, semi structurées et non structurées et des observations permet à obtenir des résultats représentatifs d’un côté et pour avoir des explications des résultats de modèles de l’autre.


4 Voirie de Rufisque (Audit) et Mémoire des étudiants

5 Direction de Statistique Agricole et Kouvonou, 1998

6 Le rapport des cotes est nommé "odds ratio estimates" dans la sortie SAS, exemple dans l'annexe.



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