123

8.  Modèles des faits concernant le compost

Les trois modèles des faits avec les interactions seront d’abord présentés sous forme de schémas. Ensuite, un modèle de base pour les 3 modèles sera discuté. Les détails supplémentaires à chaque modèle suivront pour finir par le résumé des modèles des faits.

8.1. Modèle sur la connaissance de la fabrication du compost

Les variables explicatives influençant la connaissance de la fabrication du compost ont été choisies par la régression logistique. Les résultats sont schématisés dans la Figure 26.

Figure 26 : Modèle schématisé des effets et des interactions de 1er ordre influençant la connaissance de la fabrication du compost

Légende : La ligne barrée représente une interaction créant une séparation des données quasi complète, elle est donc enlevée du modèle.

Selon le modèle statistique incluant des variables et des interactions de 1er ordre, la probabilité de la connaissance de la fabrication du compost dépend des variables et des interactions suivantes :

Ce modèle avec les interactions inclut le modèle des effets principaux qui contient l’ethnie de la ville, l'intensité de contact avec le monde agricole, l'utilisation des fertilisants, le niveau de formation de l'exploitant, le système de production (si on pratique le maraîchage ou l'agriculture pluviale) et la pratique d'une activité extra-agricole comme variables explicatives. Par rapport au modèle sans interaction, le modèle avec des interactions de 1er ordre inclut l'ethnie de l'exploitant comme variable supplémentaire significative sur la probabilité de la connaissance de la fabrication du compost.

Les interactions entre l'ethnie de l'exploitant et l'ethnie de la ville, entre la pratique d'une activité extra-agricole et le niveau de formation et entre l'ethnie de l'exploitant et le système de production sont si fortes qu'elles dérangent le modèle en créant des séparations de données quasi complètes. Elles étaient donc enlevées du modèle.

L'interaction entre l'ethnie de l'exploitant et l'ethnie de la ville s'explique par le fait qu'une ville à majorité wolofe est en majorité habitée par de Wolof donc les agriculteurs urbains sont en majorité de Wolof.

Le niveau de formation permet d'avoir accès aux activités non agricoles. C’est ce qui explique l'interaction entre le niveau de formation et la pratique d'une activité non agricole.

L'interaction entre l'ethnie de l'exploitant et le système de production (maraîchage ou agriculture pluviale) est dû au fait qu'un système de production est souvent lié à l'accès à la terre qui est lié à l'ethnie de l'exploitant. Il s'y ajoute le fait qu’à Conakry on a enquêté en majorité des maraîchers soussous et à Lomé des maraîchers éwés/ minas. Les Malinkés et les Forestiers correspondent aux maraîchers à Conakry. Les Peuls, les Wolofs et les non-Wolofs/ Lebous sont souvent des agriculteurs à Rufisque et à Timbi Madîna. Les agriculteurs éwés/ minas et non éwés/ minas étaient enquêtés à Tsévié.

Les variables comme le type de main-d'œuvre, le genre de l'exploitant, la taille de la ville, le contact avec l'encadrement formel, l'adhésion à une organisation paysanne n'influencent pas significativement la probabilité de la connaissance de la fabrication du compost dans le modèle d'interaction de 1er ordre.

Les effets principaux et les interactions sont hiérarchisés selon leur importance pour le modèle en fonction de l'amélioration du log likelihood lors de leur introduction dans le modèle et du Score X² ainsi (voir Tableau 73).


125

Tableau 73 : Hiérarchie des effets et interactions sur la connaissance de la fabrication du compost12

 

Effets et interactions

Delta-2LL

Score X²

Wald X²

1

Intensité de contact

244,7554

269,0163

2,1297

2

Ethnie de la ville

121,9736

139,1073

14,6673

3

Intensité de contact * niveau de formation

32,3607

35,8009

18,3365

4

Niveau de formation

31,5261

37,7570

36,4823

5

Agriculteur ou maraîcher

29,1181

29,0732

20,1583

6

Ethnie de l'exploitant

20,9363

16,8197

13,5904

7

Agriculteur /maraîcher * utilisation fertilisants

13,1199

17,3452

8,9241

8

Ethnie de la ville * activité non agricole

11,4720

11,7830

12,2260

9

Utilisation des fertilisants

11,4042

10,8755

1,7782

10

Activité non agricole

11,3881

11,2970

10,6561

11

Intensité de contact * ethnie de la ville

10,6216

9,6179

8,7930

Les effets, les interactions et leurs modalités se hiérarchisent selon la valeur absolue des coefficients estimés bêta dans le tableau suivant. Le niveau significatif est estimé après Wald.


126

Tableau 74 : Hiérarchie des estimés bêta des effets, des interactions et leurs modalités sur la connaissance de la fabrication du compost13

 

Effets, interactions et leurs modalités

Estimé bêta

Erreur standard

Wald X²

1

Ethnie de la ville, Ewé/ Mina

-3,3297

1,6690

3,9803

2

Ethnie de l'exploitant, Non-Ewé/ Mina

3,2739

1,5842

4,2710

3

Ethnie de l'exploitant, Forestier

-3,1087

2,2108

1,9772

4

Ethnie de l'exploitant, Ewé/ Mina

3,0630

1,5744

3,7851

5

Ethnie de la ville, peul

2,6011

0,7906

10,8244

6

Niveau de formation, formation professionnelle

1,8687

0,6059

9,5130

7

Ethnie de l'exploitant, Non-Wolof/ Lébou,

-1,5910

0,8505

3,4993

8

Niveau de formation, rien mentionné

-1,5815

0,6161

6,5904

9

Ethnie de l'exploitant, Peul

-1,5786

0,8472

3,4721

10

Ethnie de la ville, Soussou

-1,4034

1,1096

1,5996

11

Niveau de formation, illettré

-1,1273

0,3542

10,1288

12

Niveau de formation, primaire

-0,8510

0,3399

6,2676

13

Agriculteur ou maraîcher

-0,7488

0,1668

20,1583

14

Ethnie de l'exploitant, Rien mentionné

0,7215

1,3551

0,2835

15

Intensité contact * niveau form., rien mentionné

0,5810

0,2519

5,3214

16

Niveau de formation, lycée

0,5750

0,4363

1,7368

17

Intensité de contact * ethnie de la ville Peul

0,5749

0,2554

5,0686

18

Niveau de formation, alphabétisé,

-0,5451

0,7677

0,5042

19

Intensité de contact * ethnie de la ville, Soussou

-0,5240

0,2489

4,4303

20

Agriculteur / maraîcher * utilisation fertilisants

-0,4602

0,1541

8,9241

21

Intensité contact * niveau formation, illettré

0,3970

0,1508

6,9295

22

Ethnie de l'exploitant, Malinké,

0,3769

1,2116

0,0968

23

Activité non agricole

-0,3703

0,1134

10,6561

24

Niveau de formation, coranique,

-0,2828

0,5098

0,3078

25

Ethnie ville * activité non agricole, Soussou,

-0,2701

0,2616

1,0658

26

Intensité contact * niveau form., form. prof.,

-0,2619

0,3187

0,6754

27

Ethnie ville * activité non agricole, Peul,

-0,2114

0,1967

1,1561

28

Intensité contact * niveau form., alphabétisé,

0,2073

0,3331

0,3876

29

Utilisation des fertilisants

-0,2051

0,1538

1,7782

30

Intensité de contact

0,1799

0,1233

2,1297

31

Intensité contact * niveau form., coranique,

0,1755

0,3279

0,2864

32

Ethnie de l'exploitant, Soussou

-0,1364

1,1641

0,0137

33

Intensité contact * niveau formation, primaire,

0,1319

0,1474

0,8013

34

Intensité contact * niveau formation, lycée,

-0,1279

0,1828

0,4895

35

Intensité contact * ethnie de la ville Éwé/ Mina,

0,1234

0,1353

0,8313

36

Niveau de formation, collège

-0,0784

0,3668

0,0457

37

Ethnie ville * activité non agricole, Ewé/ Mina,

-0,0473

0,1401

0,1139

38

Intensité contact * niveau formation, collège,

0,000347

0,1568

0,0000


127

Le modèle de régression logistique des effets principaux sur la connaissance de la fabrication du compost explique 82,6 % et 16,7 % reste inexpliqué. Voir tableau ci-dessous.

Tableau 75 : Fiabilité du modèle des effets principaux sur la connaissance de la fabrication du compost

 

Pourcentage

Part expliquée par le modèle

82,6

Part non expliquée par le modèle

16,7

Part floue

0,7

Le modèle incluant les interactions de 1er ordre explique 85,6 % tandis que le modèle des effets principaux qui n'explique que 82,6 %.

Tableau 76 : Fiabilité du modèle avec les interactions du 1er ordre sur la connaissance de la fabrication du compost

 

Pourcentage

Part expliquée par le modèle

85,6

Part non expliquée par le modèle

14,0

Part floue

0,4


128

8.2.  Modèle sur la fabrication du compost

Les variables explicatives influençant la fabrication du compost selon la régression logistique sont schématisées dans la Figure 27.

Figure 27 : Modèles sur la fabrication du compost

Légende : La ligne barrée représente une interaction créant une séparation des données quasi complète, elle est donc enlevée du modèle. La ligne discontinue concerne uniquement le modèle des effets principaux.

Selon le modèle statistique incluant des interactions de 1er ordre, la probabilité de la fabrication du compost dépend des variables et interactions suivantes :

Dans le modèle des effets principaux, la variable à expliquer "fabrication du compost" est influencée par des variables explicatives comme l'ethnie de la ville, l'ethnie de l'exploitant, le système de production (maraîchage ou agriculture pluviale), l'utilisation des fertilisants, l'intensité de contact avec le monde agricole, si l'exploitant est membre d'une organisation paysanne, s’il exerce une activité extra-agricole et le genre de l'exploitant selon la régression logistique. Dans le modèle avec les interactions de 1er ordre, le genre de l'exploitant n'apparaît plus comme variable explicative significative comme dans le modèle des effets principaux pour la fabrication du compost.


129

L'interaction entre l'ethnie de l'exploitant et l'utilisation des fertilisants est si forte qu'elle crée une séparation des données quasi complète. Les Peuls, les Soussous et les Wolofs/ Lebous utilisent relativement plus souvent des fertilisants que les autres ethnies. Les exploitants peuls et wolofs/ lebous cultivent dans des villes avec un élevage important des bœufs, dans le cas de Rufisque aussi des chevaux. Les exploitants soussous produisent des feuilles avec une bonne disponibilité des engrais chimiques sur le marché. Les cultures des feuilles et de pomme de terre répondent bien à l’application des fertilisants.

Par contre, les exploitants éwés/ minas sont divisés en deux groupes. Les exploitants de Lomé sont surtout de maraîchers avec une bonne disponibilité des engrais chimiques et organiques sur le marché et une bonne rentabilité des engrais sur la production des légumes. Les agriculteurs en pluvial à Tsévié trouvent plus difficilement des engrais organiques et de possibilité de les transporter aux champs due à l’inaccessibilité du terrain. Les engrais chimiques sont faciles à transporter mais trop chers pour la production des vivres en pluvial par rapport à leur efficacité (selon les agriculteurs).

Les variables explicatives comme le type de main-d'œuvre, le niveau de formation, le genre de l'exploitant, le contact avec l'encadrement et la taille de la ville n'ont pas d'influence significative sur la fabrication du compost selon la régression logistique avec des interactions du 1er ordre.

Les effets principaux et les interactions sont hiérarchisés selon leur importance pour le modèle en fonction de l'amélioration du log likelihood lors de leur introduction dans le modèle et du Score X² (voir Tableau 77).

Tableau 77 : Hiérarchie des effets et interactions sur la fabrication du compost

 

Effets et interactions

Delta-LL

Score X²

Wald X²

1

Intensité de contact

265,8528

324,0027

12,7818

2

Ethnie de la ville

32,3562

35,6893

13,2859

3

Agriculteur ou maraîcher

29,7212

29,7462

11,2311

4

Intensité * ethnie de la ville

22,6217

21,1387

18,3670

5

Ethnie de l'exploitant

17,1215

15,7257

15,4999

6

Utilisation des fertilisants

15,9714

12,5151

13,2792

7

Activité non agricole

15,2375

15,2969

12,2939

8

Membre d'une OP formelle

8,5743

8,7544

7,8301

Les effets, les interactions et leurs modalités se hiérarchisent selon la valeur absolue des coefficients estimés bêta dans le tableau suivant. Le niveau significatif est estimé après Wald. (Tableau 78)

130

Tableau 78 : Hiérarchie des estimés bêta des effets, interactions et leurs modalités sur la fabrication du compost

 

Effets, modalités et interactions

Estimé bêta

Erreur standard

Wald X²

1

Ethnie de l'exploitant, Peul

-2,6867

0,9787

7,5367

2

Ethnie ville, Ewé/ Mina,

-2,2820

1,8498

1,5218

3

Ethnie exploitant, Non-Ewé/ Mina

2,2681

1,7216

1,7355

4

Ethnie de la ville, Soussou

-2,1588

1,2325

3,0678

5

Ethnie exploitant, Non-Wolof/ Lébou

-1,9213

0,9499

4,0906

6

Ethnie de la ville, Peul

1,8840

0,8861

4,5201

7

Ethnie exploitant, Ewé/ Mina,

1,8038

1,7153

1,1059

8

Ethnie exploitant, Forestier,

1,6729

1,3448

1,5476

9

Utilisation des fertilisants

-1,1477

0,3150

13,2792

10

Intensité * ethnie de la ville, Peul

0,5576

0,1579

12,4726

11

Ethnie exploitant, Rien mentionné,

0,5433

1,5274

0,1265

12

Agriculteur ou maraîcher

-0,4690

0,1399

11,2311

13

Membre d'une OP formelle

-0,3992

0,1427

7,8301

14

Intensité de contact

0,3974

0,1112

12,7818

15

Activité non agricole

-0,3912

0,1116

12,2939

16

Ethnie exploitant, Malinké,

0,1752

1,2932

0,0183

17

Ethnie exploitant, Soussou,

-0,1518

1,2125

0,0157

18

Intensité * ethnie ville, Ewé/ Mina,

-0,1006

0,1242

0,6559

19

Intensité * ethnie ville, Soussou,

0,00393

0,2487

0,0003

Le modèle de régression logistique explique 86,3 %, 12,9 % restent inexpliqués (Tableau 79). Le modèle sur la fabrication du compost est donc mieux que le modèle sur la connaissance de la fabrication du compost qui n'explique que 82,6 %.

Tableau 79 : Fiabilité du modèle des effets principaux sur la fabrication du compost

 

Pourcentage

Part expliquée par le modèle

86,3

Part non expliquée par le modèle

12,9

Part floue

0,7

Le modèle de la fabrication du compost avec les interactions du 1er ordre explique 87% tandis que le modèle des effets principaux explique seulement 86,3 % et le modèle de la connaissance de la fabrication du compost avec les interactions n'explique que 85,6 %. Donc le modèle sur la fabrication du compost avec les interactions de 1er ordre est le plus fiable ; malgré cela, les autres modèles ne peuvent être qualifiés de non fiables.

Tableau 80 : Fiabilité du modèle avec les interactions du 1er ordre sur la fabrication du compost

 

Pourcentage

Part expliquée par le modèle

87,0

Part non expliquée par le modèle

12,2

Part floue

0,8


131

8.3.  Modèle sur l’utilisation du compost

Les variables explicatives influençant la variable à expliquer « utilisation du compost » sont schématisées dans la Figure 28.

Figure 28 : Modèle d'interaction du 1er ordre sur l'utilisation du compost

Légende : La ligne barrée représente une interaction créant une séparation des données quasi complète, elle est donc enlevée du modèle.

Selon la régression logistique avec les interactions du 1er ordre, l'utilisation du compost est influencée par :

Selon le modèle des effets principaux, la probabilité de l'utilisation du compost est influencée par des variables explicatives comme l'ethnie et la taille de la ville, le système de production (agriculture pluviale ou maraîchage), l'utilisation des fertilisants, la pratique d'une activité extra-agricole et l'intensité de contact. Donc, les deux modèles se différencient uniquement par des interactions.


132

Aussi bien que dans le modèle de la fabrication du compost, l'interaction entre l'ethnie de la ville et l'utilisation des fertilisants crée une séparation de donnée quasi complète dans le modèle de l'utilisation du compost. (Voir 8.2)

Les effets principaux et les interactions sont hiérarchisés selon leur importance pour le modèle en fonction de l'amélioration du log likelihood lors de leur introduction dans le modèle et du Score X² (voir Tableau 81).

Tableau 81 : Hiérarchie des effets et des interactions sur l’utilisation du compost

 

Effets et interactions

Delta-LL

Score X²

Wald X²

1

Intensité de contact

309,3720

335,4631

17,2049

2

Ethnie de la ville

139,3341

141,6259

66,0055

3

Utilisation des fertilisants

105,8614

82,5728

34,3485

4

Intensité de contact * ethnie de la ville

53,2791

49,0929

37,0749

5

Agriculteur ou maraîcher

19,2720

18,6702

1,2570

6

Activité extra-agricole

14,6546

14,8264

0,0566

7

Taille de la ville

9,9521

10,5110

9,7873

8

Intensité contact * Agriculteur ou maraîcher

6,9253

6,9303

6,3372

9

Activité non agricole * utilisation fertilisants

3,1596

5,0438

3,9735

Les effets, les interactions et leurs modalités se hiérarchisent selon la valeur absolue des coefficients estimés bêta dans le tableau suivant. Le niveau significatif est estimé après Wald. (Tableau 82)

Tableau 82 : Hiérarchie des estimés bêta des effets, interactions et leurs modalités sur l’utilisation du compost

 

Effets, modalités et interactions

Estimé β

Erreur standard

Wald X²

1

Ethnie de la ville, Peul

-1,9279

0,4814

16,0378

2

Utilisation des fertilisants

-1,4786

0,2523

34,3485

3

Ethnie de la ville, Soussou

-0,8219

0,4900

2,8127

4

Intensité contact * ethnie ville, Peul

0,6916

0,1488

21,5937

5

Activité non agricole * utilisation fertilisants

0,4550

0,2283

3,9735

6

Intensité de contact

0,3523

0,0849

17,2049

7

Agriculteur ou maraîcher

-0,2322

0,2071

1,2570

8

Intensité de contact * Agriculteur ou maraîcher

-0,1676

0,0666

6,3372

9

Ethnie de la ville, Éwé/ Mina

0,1108

0,2637

0,1765

10

Intensité contact * ethnie ville, Soussou

-0,0815

0,2023

0,1622

11

Activité non agricole

0,0540

0,2270

0,0566

12

Intensité contact * ethnie ville, Éwé/ Mina

0,000182

0,1009

0,0000

13

Taille de la ville

-1,19E-6

3,793E-7

9,7873

Le modèle de régression logistique des effets principaux explique 88,4 % et 10,4 % restent inexpliqués (Tableau 83). Le modèle sur l'utilisation du compost est donc le meilleur entre les modèles des faits incluant uniquement des effets principaux. Le modèle sur la connaissance de la fabrication du compost n'expliquait que 82,6 % et celui de la fabrication du compost n'explique que 86,3 %.


133

Tableau 83 : Fiabilité du modèle des effets principaux sur l’utilisation du compost

 

Pourcentage

Part expliquée par le modèle

88,4

Part non expliquée par le modèle

10,4

Part floue

1,2

Le modèle de l'utilisation du compost avec les interactions du 1er ordre explique 89,2 % (Tableau 84) tandis que le modèle sans interaction explique 88,4 % et le modèle de la fabrication du compost avec interaction du 1er ordre n'explique que 87 %. Le modèle avec les interactions de 1er ordre sur l’utilisation du compost est le plus fiable, malgré cela les autres sont également fiables.

Tableau 84 : Fiabilité du modèle avec les interactions du 1er ordre sur l’utilisation du compost

 

Pourcentage

Part expliquée par le modèle

89,2

Part non expliquée par le modèle

9,6

Part floue

1,2

8.4. Modèle de base des faits agricoles

Dans tous les 3 modèles agricoles des faits (la connaissance de la fabrication du compost, la fabrication du compost et l'utilisation du compost), les variables explicatives sont "Ethnie de la ville", "Agriculteur ou maraîcher", "Utilisation des fertilisants", "Intensité de contact" et "Activité extra-agricole". Elles constituent un modèle de base qui se modifie légèrement pour chaque variable à expliquer.

Le niveau de formation joue en plus sur la connaissance de la fabrication du compost. Par ailleurs, la probabilité de la fabrication du compost est influencée par les variables explicatives comme l'ethnie de l'exploitant, l'adhésion à une organisation paysanne formelle et le genre de l'exploitant. Dans le modèle sur l'utilisation du compost, la taille de ville est la seule variable explicative qui s'ajoute au modèle de base.

Les deux variables "type de main-d'œuvre" et "contact avec l'encadrement" ne sont pas significatives dans aucun des modèles de faits.

Les variables explicatives comme l'intensité de contact, l'utilisation des fertilisants et "agriculteur ou maraîcher" vont dans le même sens (même signe) dans tous les trois modèles des faits.

Notamment, les agriculteurs qui sont plus en contact avec d'autres personnes en leur demandant conseil ou en collaborant avec elles, ceux qui utilisent des fertilisants et ceux qui cultivent de légumes irrigués (maraîchers) ont plus la probabilité de connaître la fabrication du compost, de fabriquer du compost et d'utiliser le compost.

Les probabilités de connaître la fabrication du compost et de fabriquer le compost sont plus élevées dans des villes à majorité peule par rapport à une ville à majorité 134wolofe. La probabilité d'utiliser le compost est plus forte dans la ville à majorité wolofe/ leboue.

Profils de base dans les 3 modèles des faits avec les interactions de 1er ordre :

Le profil de base d'un maraîcher wolof, d'un niveau universitaire, vivant dans une ville à majorité wolofe, utilisant des fertilisants, et pratiquant une activité extra-agricole a servi de référence dans le calcul des rapports des cotes concernant la connaissance de la fabrication du compost.

Pour le modèle de la fabrication du compost, le profil de base d'un maraîcher wolof, vivant dans une ville à majorité wolofe, utilisant des fertilisants, pratiquant une activité extra-agricole, et étant membre d'une organisation paysanne formelle a servi de référence dans le calcul des rapports des cotes.

Le profil de base pour le calcul des rapports des cotes qui a servi de référence est un maraîcher, vivant dans une ville à majorité wolofe, utilisant des fertilisants, et pratiquant une activité extra-agricole.

8.4.1. Description du modèle de base des faits

Les trois modèles des faits incluant des interactions du 1er ordre contiennent comme variables explicatives l'intensité de contact, l'ethnie de la ville, le système de production (maraîchage ou agriculture pluviale), l'utilisation des fertilisants, la pratique d'une activité extra-agricole et l'interaction entre l'intensité de contact et l'ethnie de la ville. Elles seront décrites plus en détail ci-dessous.

Les variables explicatives comme l'intensité de contact et l'utilisation des fertilisants, et l'interaction entre l'intensité de contact et l'ethnie de la ville vont dans le même sens (même signe) dans tous les trois modèles des faits.

L'augmentation de l'intensité de contact et l'utilisation des fertilisants élève la probabilité de la connaissance de la fabrication du compost, la fabrication du compost et l'utilisation du compost par rapport aux exploitants qui n'utilisent pas de fertilisants.

Un exploitant double actif connaît plus probablement la fabrication du compost et fabrique plus probablement du compost mais il utilise moins probablement du compost dans les modèles avec les interactions du 1er ordre.

L'interaction entre l'intensité de contact et l'ethnie de la ville pour la ville à majorité peule est toujours positive c.-à-d. la probabilité de connaître la fabrication, de fabriquer et d'utiliser du compost augmente avec l'intensité de contact le plus fortement dans la ville à majorité peule par rapport à la ville à majorité wolofe.

Les variables explicatives comme le type de main-d'œuvre, le genre de l'exploitant et le contact avec l'encadrement ne sont significatives dans aucun des modèles des faits avec des interactions de 1er ordre.


135

8.4.2.  Variables explicatives du modèle de base des faits

L'intensité de contact augmente la probabilité de connaître la fabrication, de fabriquer et d'utiliser le compost. L'influence est la plus forte sur la fabrication du compost et la moins forte sur la connaissance de la fabrication du compost (voir Figure 29).

Figure 29 : Influence de l'intensité de contact dans les modèles des faits d'interaction du 1erordre

Cela n'est pas étonnant car plus l'on est en contact avec d'autres personnes mieux on est intégré dans un réseau du savoir-faire agricole dont aussi la connaissance de la fabrication du compost. Un agriculteur ou maraîcher, qui est en contact avec plus de personnes en leur demandant conseil ou en s'organisant avec elles, fabrique plus probablement du compost, car il lui faut de la main-d'œuvre, il lui faut de contact avec d'autres personnes pour la collaboration.

Comme le type de main-d'œuvre ne joue pas dans ce modèle, on conclut que ce n'est pas le type, c'est plutôt le nombre de personnes disponibles pour aider à fabriquer le compost. Donc il faut avoir beaucoup de contact pour pouvoir fabriquer du compost.

Cette explication est aussi valable pour l’utilisation du compost parce qu’un exploitant qui fabrique le compost en utilise aussi.

Les probabilités qu'un exploitant connaisse la fabrication du compost et fabrique le compost sont plus élevées dans une ville à majorité peule que dans une ville à majorité wolofe. Elles sont moins élevées dans une ville à majorité éwée ou mina que dans une ville à majorité wolofe. (Voir Tableau 85).


136

Tableau 85 : Estimés bêta de « l’ethnie de la ville » dans les modèles des faits

Ethnie de la ville

Estimés bêta

Connaissance

Fabrication

Utilisation

Ewé/ Mina

-3,3297

-2,2820

0,1108

Peul

2,6011

1,8840

-1,9279

Soussou

-1,4034

-2,1588

-0,8219

Wolof

0

-

-

Les coefficients estimés β de connaître la fabrication et de fabriquer du compost positifs pour la ville à majorité peule s'explique par l'intense vulgarisation du compost par l'organisation paysanne qui promeut la production de pomme de terre à Timbi Madîna.

La Fédération des Paysans du Fouta Djalon oblige les exploitants qui cultivent la pomme de terre dans la zone d'irrigation gérée par elle à utiliser du compost. Timbi Madîna est une ville reculée, où on ne peut pas acheter du compost ou une alternative comme la fiente de volaille de batterie ou du fumier de bœuf en grande quantité. Le fumier est ramassé et vendu par sac aux producteurs de pomme de terre. Cela est une exception en milieu rural.

La position de la ville à majorité peule se relativise dans le modèle d'utilisation du compost puisque la probabilité pour la ville à majorité wolofe est très élevée car les Wolofs ne distinguent pas entre l'utilisation du compost et celle du fumier qui est fréquemment appliqué à Rufisque.

La variable l’ethnie de la ville exprime les spécificités de chaque ville. Timbi Madîna est empreinte par la Fédération des Paysans du Fouta Djalon. Rufisque, Tsévié et Lomé ont de biaises linguistiques spécifiques à leurs cultures.

A Rufisque, il y a un marché bien développé du fumier de bœuf et de cheval, en dehors de cela on vent encore la fiente de volaille. Le problème linguistique que le fumier et le compost ont la même signification en wolof crée un biais pour l'utilisation du compost. Puisqu'on peut acheter le fumier à Rufisque, la probabilité qu'un exploitant à Rufisque utilise un fertilisant organique est significativement plus élevée qu'un exploitant utilise le compost à Timbi Madîna (ville à majorité peule) selon Wald. Par ailleurs, la probabilité qu'un exploitant dans une ville à majorité peule ou soussoue utilise du compost est plus basse que dans une ville à majorité wolofe ou éwée/ mina.

A Lomé, on vent surtout la fiente de volaille. Donc, un agriculteur ou maraîcher n'a pas besoin de fabriquer du compost pour améliorer son sol avec la matière organique.

A Conakry, la ville à majorité soussoue, les exploitants ont significativement moins de chance d’utiliser le compost que leurs collègues dans les autres villes. Il n’y a ni une vulgarisation remarquable du compostage ni une confusion linguistique entre le compost, les ordures et le fumier comme dans d'autres langues. Cela entraîne une réduction de la probabilité de connaissance de la fabrication du compost pour la ville à majorité soussoue.


137

Un maraîcher connaît plus probablement la fabrication du compost, fabrique plus probablement et utilise plus probablement le compost qu'un agriculteur en pluvial.

Sur le plan agronomique, un maraîcher tire plus de bénéfice sur l'application du compost même à court terme qu'un agriculteur en pluvial. De ce fait, il connaîtra plus probablement sa fabrication et fabriquera plus probablement ainsi qu'il utilisera plus probablement le compost qu'un agriculteur en pluvial.

Un exploitant utilisant un fertilisant a plus la chance de connaître la fabrication du compost, a plus la chance de fabriquer du compost et a plus la chance d'utiliser du compost qu'un exploitant qui n'utilise pas de fertilisant. Ou dit à l’inverse, un exploitant qui n'utilise pas de fertilisants connaît moins probablement la fabrication du compost, fabrique moins probablement le compost et utilise moins probablement du compost qu'un exploitant qui utilise de fertilisant.

Un exploitant qui utilise des fertilisants connaît son intérêt dans l'amélioration du sol. Dans la recherche de solution, il a eu la chance de connaître la fabrication du compost. L’idée généralement faite de l’utilisation du compost est son rôle dans l’amélioration du sol. Certains des utilisateurs des fertilisants fabriquent et utilisent le compost après sa connaissance.

Les fabricants de compost font partie des utilisateurs des fertilisants car le compost est généralement vu comme un fertilisant par les agriculteurs et les maraîchers.

Dans les villes où l'utilisation du compost est confondue avec celle de fumier, un exploitant utilisant du fumier sera classé parmi les utilisateurs du compost malgré le fait qu'il achète du fumier qui est jugé moins cher que l'engrais chimique. Cela biaise encore la chance d’utilisation du compost par un exploitant utilisant des fertilisants.

Dans une ville à majorité peule, l'augmentation de l'intensité de contact a plus d'influence sur les probabilités de la connaissance de la fabrication, de la fabrication et de l'utilisation du compost que dans une ville à majorité wolofe. (Figure 30, Figure 31 et Figure 32)

Dans une ville à majorité soussoue, sur le plan statistique, l'augmentation de l'intensité de contact a moins d'influence sur la probabilité de la connaissance de la fabrication du compost et plus d'influence sur probabilité de la fabrication du compost que dans une ville à majorité wolofe. (Voir Tableau 86 et les figures ci-dessous)


138

Tableau 86 : Coefficients de l’interaction entre l’intensité de contact et l’ethnie de la ville sur la connaissance de la fabrication du compost

Interaction entre Intensité de contact * ethnie de la ville

Estimés bêta

Erreur standard

Ewé/ Mina,

0,1234

0,1353

Peul

0,5749

0,2554

Soussou

-0,5240

0,2489

Wolof

0

-

Figure 30 : Influence de l'interaction entre l'intensité de contact et l'ethnie de la ville sur la probabilité de la connaissance de la fabrication du compost dans le modèle d'interaction du 1er ordre

A Timbi Madîna (ville à majorité peule), les contacts comptés pour mesurer l’intensité sont souvent liés à la fédération des paysans ou au centre de recherche de Bareng même pour les exploitants qui ne sont pas membres de cette fédération. Selon les interviews, les contrats de collaboration et les observations sur le terrain, les deux institutions collaborent concernant le compost. La Fédération des Paysans commande par contrat le projet de recherche sur la fabrication de la pomme de terre et l'utilisation du compost au centre de recherche de Bareng. Comme déjà mentionné, la fédération oblige ses membres de fabriquer et d'utiliser le compost. Alors, la connaissance de la fabrication du compost circule dans le réseau agricole, ainsi ceux qui ont plus de contact avec le monde agricole ont plus la probabilité de connaître la fabrication du compost.


139

Figure 31 : Influence de l'interaction entre l'intensité de contact et l'ethnie de la ville sur la probabilité de la fabrication du compost dans le modèle d'interaction du 1er ordre

Dans les autres villes, lorsque les exploitants se rencontrent, ils discutent d'autres sujets que la fabrication du compost. Selon les interviews, ils parlent par exemple des ravageurs, la mévente (Lomé) etc. Donc l'intensité de contact influence moins la probabilité de la connaissance de la fabrication du compost, de la fabrication du compost et de l'utilisation du compost.


140

Figure 32 : Influence de l'interaction entre l'intensité de contact et l'ethnie de la ville sur la probabilité de l'utilisation du compost dans le modèle d'interaction du 1er ordre

Dans les modèles des effets principaux, un exploitant pratiquant une activité extra-agricole a 2 (1,9) fois plus la chance de connaître la fabrication du compost, il a également 2 (1,9) fois plus la chance de fabriquer le compost et il a 2 (1,8) fois plus la chance d'utiliser le compost qu'un exploitant qui ne pratique pas une activité extra-agricole.

Par contre dans les modèles avec des interactions de 1er ordre, les probabilités de connaître la fabrication du compost et de fabriquer le compost diminuent en passant des exploitants qui sont double actifs vers ceux qui ne le sont pas. Et la probabilité d'utiliser du compost est plus élevée pour un exploitant qui n'est pas double actif par rapport à celui qui l’est.

Un exploitant qui est double actif est forcement plus en contact avec d'autres personnes déjà pour sa deuxième activité donc il a plus la possibilité d'accroître son savoir-faire dont aussi la connaissance de la fabrication du compost. Cela indique bien l'influence de l'appartenance à un réseau social sur la connaissance de la fabrication du compost.

La fabrication du compost nécessite de la main-d'œuvre selon les enquêtes auprès de non-fabricant du compost. Un exploitant double actif a déjà organisé son 141exploitation pour le cas où il devrait exercer sa deuxième activité. C'est cette organisation qui lui fournit plus de main-d'œuvre qu'un exploitant à plein temps.

La différence entre les fabricants du compost et les utilisateurs du compost est constituée par les acheteurs du fumier à Rufisque. Alors, ces acheteurs faussent le modèle de sorte qu’un exploitant double actif a plus de probabilité de connaître et de fabriquer du compost, mais il a moins de probabilité d’utiliser le compost, ce qui n’est pas logique.

Dans le modèle sur l'utilisation de compost avec les interactions de 1er ordre, l'interaction entre l'utilisation des fertilisants et la pratique d'une activité extra-agricole rentre en jeux. Les exploitants double actifs utilisent plus de fertilisants, parce qu'ils ont la possibilité de les acheter avec les revenus de l'activité extra-agricole. Les acheteurs des fertilisants sont aussi les acheteurs du fumier à Rufisque où l'utilisation de compost est confondue à l'utilisation du fumier. (Voir Interaction entre la pratique d'une Activité extra-agricole et l'Utilisation des fertilisants)

8.5. Effets et interactions additionnels sur la connaissance de la fabrication du compost

L’interaction entre l’intensité de contact et le niveau de formation montre que pour un exploitant illettré, les contacts avec le monde agricole sont plus importants pour la connaissance de la fabrication du compost que pour un exploitant ayant fréquenté l’université. (Voir Tableau 87)

Tableau 87 : Les coefficients de l’interaction entre l’intensité de contact et le niveau de formation sur la connaissance de la fabrication du compost

Interaction intensité de contact * niveau de formation

Estimés bêta

Erreurs st.

Alphabétisé

0,2073

0,3331

Collège

0,000347

0,1568

Ecole coranique

0,1755

0,3279

Ecole primaire

0,1319

0,1474

Formation professionnelle

-0,2619

0,3187

Illettré

0,3970

0,1508

Lycée

-0,1279

0,1828

Rien mentionné

0,5810

0,2519

Université

-

 

Une personne illettrée n’a pas eu la possibilité de se créer un réseau social lors de sa formation scolaire ou professionnelle. Elle s’appuie donc plus sur le réseau social des agriculteurs qu’une autre personne qui a eu la possibilité de contact ailleurs ou accès à d’autres sources d’information telles que les médias qui nécessitent la maîtrise du français.

Il semble que les contacts résultant de la migration pour le travail même pour les analphabètes ne joue pas sur la connaissance agricole une fois de retour de 142voyages parce que ces expériences ne sont pas citées parmi les sources de connaissance de la fabrication du compost.

Les exploitants ayant suivi une formation professionnelle connaissent plus probablement la fabrication du compost que des exploitants venant d'une université. Les exploitants illettrés ou ayant fréquenté l'école primaire, ont moins probablement une connaissance de la fabrication du compost que ceux qui sont allés à l’université. (Voir Tableau 88)

Tableau 88 : Coefficients bêta du niveau de formation par rapport à la connaissance de la fabrication du compost

Niveau de formation

Estimé bêta

Erreurs standards

Alphabétisé,

-0,5451

0,7677

Collège,

-0,0784

0,3668

Ecole coranique,

-0,2828

0,5098

Ecole primaire

-0,8510

0,3399

Formation professionnelle

1,8687

0,6059

Illettré

-1,1273

0,3542

Lycée,

0,5750

0,4363

Rien mentionné

-1,5815

0,6161

La forte connaissance de la fabrication du compost par les exploitants qui ont suivi une formation professionnelle s'explique par le fait que dans cette catégorie, on y trouve aussi ceux qui ont suivi une formation agricole. Sur le plan général, on peut dire que dans les autres formations professionnelles on rencontre des exploitants ou les enfants des exploitants qui cherchent à améliorer leur situation en devenant artisan, secrétaire ou comptable etc. C’est-à-dire la formation professionnelle est encore un lieu d’échange de la connaissance agricole.


143

Figure 33 : Influence du niveau de formation sur la probabilité de la connais-sance de la fabrication du compost dans le modèle d'interaction du 1er ordre

Les illettrés et ceux qui ont fréquenté l'école primaire sont moins habitués à apprendre de façon systématique et de ce fait, ils apprennent moins fréquemment la fabrication du compost que les autres agriculteurs ou maraîchers. Par ailleurs, le collège et l’école chrétienne sont des sources de connaissance mentionnées à Tsévié pour le compost. Les illettrés et ceux qui ont fréquenté l’école primaire n’ont pas eu la chance d’être en contact avec ces institutions d’apprentissage du compostage. Cela indique que la connaissance de la fabrication du compost n'est pas perçue comme un savoir-faire commun accessible par tout le monde car il faut l’apprendre.

Le niveau de formation universitaire n'améliore pas de façon particulière la probabilité de connaissance de la fabrication du compost, simplement parce que cette formation se rapporte rarement à l'agronomie.

Les exploitants éwés (ou minas) et les exploitants non éwés (ou non minas) connaissent plus probablement la fabrication du compost que les exploitants wolofs ou lebous (Figure 34). (Tableau 89)


144

Tableau 89 : Coefficients estimés de l’influence de l’ethnie de l’exploitants sur la connaissance de la fabrication du compost

Ethnie de l'exploitant

Estimé bêta

Rapports des cotes ajustés

Ewé/ Mina

3,063

59,357

Forestier,

-3,1087

0,124

Malinké,

0,3769

4,045

Non-Ewé/ Mina

3,2739

73,29

Non-Wolof/ Lébou,

-1,591

0,565

Peul,

-1,5786

0,572

Rien mentionné,

0,7215

5,709

Soussou,

-0,1364

2,421

Wolof/ Lébou

0

2,7746

Les Ewés/ Minas et les non-Ewés/ Minas sont issus des mêmes villes (Lomé et Tsévié) dans les quelles les mots utilisés pour désigner le compost correspondent aux mots de tas d'ordures. Alors, un exploitant qui connaît la fabrication d'un tas d'ordures va dire qu'il connaît aussi celle du compost.

Figure 34 : Influence de l'ethnie d'exploitant sur la probabilité de connaissance de la fabrication du compost dans le modèle d'interaction du 1er ordre

L’interaction entre le système de production et l’utilisation des fertilisants indique que les maraîchers utilisant des fertilisants connaissent plus probablement la fabrication du compost que les agriculteurs en pluvial qui n’utilisent pas de fertilisants.

Cela n’étonne pas. Un maraîcher utilise plus fréquemment des fertilisants qu’un agriculteur en pluvial parce qu’il tire plus de bénéfice sur ses légumes s’il met des fertilisants. Les maraîchers vendent leur production cela rapporte de l’argent pour pouvoir acheter des fertilisants. Par contre, un agriculteur en pluvial ne vend pas 145toujours sa production donc il n’a pas forcement l’argent pour pouvoir acheter des fertilisants.

Il semble aussi fortement probable qu’un maraîcher en cherchant une solution à ses problèmes de fertilité du sol a déjà fait la connaissance de la fabrication du compost.

L’interaction entre l’ethnie de la ville et l’activité extra-agricole désigne que dans une ville à majorité soussoue, un exploitant double actif connaît plus probablement la fabrication du compost qu’un exploitant sans deuxième activité. L’interprétation de l’effet principal de l’ethnie de la ville et de l’interaction entre l’ethnie de la ville et la double activité amène à dire qu’un exploitant d’une ville à majorité peule qui connaît plus probablement la fabrication du compost que les exploitants des autres villes a encore plus la probabilité de connaître la fabrication du compost lorsqu’il est double actif.

Tableau 90 : Les coefficients estimés et les erreurs standards des modalités l’interaction entre l’ethnie de la ville et la pratique d’une activité non agricole

Interaction Ethnie ville * activité non agricole

Estimés bêta

Erreurs standards

Ewé/ Mina,

-0,0473

0,1401

Peul,

-0,2114

0,1967

Soussou,

-0,2701

0,2616

Par ailleurs, dans la ville à majorité wolofe, il y a plus d’exploitants double actifs que dans les autres villes. A Rufisque, seuls les maraîchers peuvent pratiquer et vivre de l’agriculture toute l’année. Les agriculteurs en pluvial sont donc obligés d’exercer une deuxième activité.


146

8.6. Profil d’un connaisseur de la fabrication du compost

Selon la régression logistique, le profil d’un exploitant qui a la probabilité la plus élevée de connaître la fabrication du compost est le suivant :

Il faut noter qu’il n’y a pas de exploitants « non éwés/ minas » dans une ville à majorité peule. Cette combinaison est plutôt à interpréter en disant il faudra un non-autochtone du Sud du Togo dans une ville avec une organisation très efficace qui promeut le compost. Les autres critères comme un maraîcher double actif, utilisant des fertilisants et ayant suivi une formation professionnelle sont faisables dans des moyennes villes où les maraîchers sont obligés de pratiquer encore une deuxième activité pour gagner leur vie. Dans des grandes villes, la production maraîchère est rentable toute l’année si le climat ou l’irrigation le permet. Néanmoins, la régression logistique n’a pas inclus la variable taille de la ville dans le modèle concernant la connaissance de la fabrication du compost.


147

8.7.  Effets et interactions additionnels sur la fabrication du compost

Les exploitants peuls ou non wolofs/ lebous font (selon Wald) moins probablement du compost que les exploitants wolofs (voir Tableau 91)

Tableau 91 : Coefficients de l’ethnie de l’exploitant par rapport à la fabrication du compost

Ethnie de l'exploitant

Estimé bêta

Erreurs standards

Rapports des cotes ajustés

Ewé/ Mina

1,8038

1,7153

33,354

Forestier

1,6729

1,3448

29,263

Malinké

0,1752

1,2932

6,544

Non-Ewé/ Mina

2,2681

1,7216

53,062

Non-Wolof/ Lébou

-1,9213

0,9499

0,804

Peul

-2,6867

0,9787

0,374

Rien mentionné

0,5433

1,5274

4,719

Soussou

-0,1518

1,2125

9,456

Wolof

 

-

5,492

Ces résultats sont entre autres causés par la définition du compost qui consiste à faire du compost uniquement à partir des ordures ou à partir des ordures mélangées avec des excréments des animaux. A Timbi Madîna et à Rufisque, on pratique ces deux techniques. La probabilité la plus élevée pour les Wolofs s’explique par le fait qu’à Rufisque, il y a plus d’excréments d'animaux disponibles, les Wolofs font donc plus du compost que les Peuls. En plus ces derniers jugent la fabrication du compost une technique adaptée surtout à la production de la pomme de terre, donc ceux qui ne font pas la pomme de terre à Timbi Madîna disent qu’ils ne font pas du compost malgré leur connaissance.

La probabilité de la fabrication du compost à Timbi Madîna est entre d’autre influencée par l'ethnie de la ville et l'intensité de contact. Comme le modèle avec les interactions de 1er ordre prend en compte ces deux variables explicatives et leur interaction, on voit que les Peuls ne feront pas du compost s’il n'y avait pas la fédération qui les force à le faire.

Finalement il faut noter que les "étrangers" de Rufisque (non-Wolofs/ Lebous) font moins probablement du compost que les autochtones (Wolofs/ Lebous).

Un membre d'une organisation paysanne formelle a plus la chance de fabriquer du compost qu'un exploitant qui n'est pas membre d'une organisation paysanne formelle.

Surtout à Timbi Madîna, les membres des groupements appartenant à la fédération des paysans sont obligés de fabriquer du compost pour leur production de la pomme de terre.


148

Dans les autres villes, il y a des groupements de producteurs biologiques qui font du compost. En plus, il est plus facile de produire du compost en groupe que de la faire individuellement car la fabrication du compost nécessite de la main-d’œuvre (selon les enquêtes).

8.7.1. Effet additionnel du modèle des effets principaux sur la fabrication du compost

Un agriculteur (ou maraîcher) a 1,65 fois plus la chance de fabriquer du compost qu'une agricultrice (ou maraîchère).

Une femme agricultrice est déjà double active malgré qu'elle ne le signale pas toujours parce qu’elle est chargée des travaux ménagers. Elle dispose moins de temps pour l'agriculture qu'un homme, donc elle ne peut pas se permettre de produire encore du compost.

8.8. Profil d’un fabricant du compost

Selon la régression logistique, le profil d’un exploitant qui a la probabilité la plus élevée de fabriquer le compost est le suivant :

Il faut noter qu’il n’y a pas d’exploitants non éwés/ mina dans une ville à majorité peule. Ce profil ne se distingue du profil pour le connaisseur de la fabrication du compost que par la variable le niveau de formation dans la modalité formation professionnelle qui est remplacée par l’adhésion à une organisation paysanne. L’importance de la Fédération des Paysans du Fouta Djalon ressort dans la ville à majorité peule, par l’intensité de contact avec le monde agricole et par l’adhésion à une organisation paysanne.


149

8.9. Effets et interactions additionnels sur l'utilisation du compost

Pareillement au modèle des effets principaux dans le modèle avec les interactions de 1er ordre, la probabilité qu'un exploitant utilise le compost diminue avec l’augmentation de la taille de la ville. Donc, dans les grandes villes où la disponibilité des ordures est garantie, les agriculteurs ou maraîchers utilisent moins probablement du compost puisque ici, on vend du fumier, la fiente et des engrais chimiques. Pour avoir une idée de la diminution voir Figure 35 et Figure 36. Les deux figures différent par l’échelle pour la taille de la ville. L’échelle pour Figure 35 correspond approximative aux tailles des villes-site. L’échelle de l’autre figure est linéaire.

Figure 35 : Influence de la taille de la ville sur la probabilité de l'utilisation du compost dans le modèle d'interaction du 1er ordre


150

Figure 36 : Influence de la taille de la ville sur la probabilité de l'utilisation du compost dans le modèle d'interaction du 1er ordre

L’interaction entre l’intensité de contact et le système de production révèle que les maraîchers, plus que l’intensité de contact avec le monde agricole augmente, utilisent plus probablement le compost.

Par ailleurs, les maraîchers s’organisent pour l’achat des intrants, pour la vente des produits agricoles, ils demandent plus de conseil à leurs collègues ou aux vendeurs de produits phytosanitaires et l’irrigation nécessite d’organisation en groupe pour l’exploitation des bas-fonds ou des branchements au réseau du service de l’eau. Ces observations et l’interaction peuvent être interprétées en disant que les maraîchers utilisent leur contact pour la promotion de l’utilisation du compost.

L’interaction entre la pratique d’une activité extra-agricole et l’utilisation des fertilisants désigne que les exploitants non double actifs utilisent plus probablement du compost s’ils utilisent de fertilisant. Les exploitants non double actifs n’ont pas de fonds issu de l’activité extra-agricole pour pouvoir acheter des fertilisants, donc ils utilisent plus probablement du compost qui peut être fait à base des ordures et du fumier produit par des animaux domestiques.

Les exploitants double actifs disposent des fonds issus de l'activité extra-agricole pour l'achat des fertilisants, ils les utilisent pour l’achat des fertilisants et n’utilisent pas ou moins probablement du compost.


151

En plus, en croisant les variables utilisation des fertilisants, double activité et système de production, il se dégage que 80 % des exploitants non double actifs utilisant des fertilisants soient des maraîchers (voir Tableau 92). Les maraîchers disposent le fonds pour l’achat des fertilisants par la vente des légumes.

Tableau 92 : Croisement des données entres le système de production, la double activité et l’utilisation des fertilisants

Agriculteur en pluvial

Double actif

Sans activité extra-agricole

Utilisateur des fertilisants

207

141

Non-utilisateur des fertilisants

313

95

Maraîcher

Utilisateur des fertilisants

316

554

Non-utilisateur des fertilisants

62

33

Les agriculteurs en pluvial qui utilisent des fertilisants sont en majorité double actifs. Donc ils ont la possibilité d’employer les fonds issus de l’activité extra-agricole pour l’achat des fertilisants.

8.10. Profil d’un utilisateur du compost

Selon la régression logistique, le profil d’un exploitant qui a la probabilité la plus élevée d’utiliser le compost est le suivant :

Un tel profil est réaliste au Sud du Togo dans les alentours de Lomé ou de Tsévié. Il ressemble aux exploitants de Gblenvie, un village à proximité de Tsévié où on produit des tomates en pluvial.

Tous les modèles agricoles des faits proposent des maraîchers utilisant des fertilisants qui sont en contact avec beaucoup de personnes du monde agricole. Les variables « double actif » et « ethnie de la ville » diffèrent dans la modalité pour les optima de chaque modèle.


152

8.11.  Comparaison entre les résultats de la modélisation et des analyses qualitatives concernant les faits agricoles

8.11.1. Analyse qualitative des aspects de la fabrication du compost

Les questions analysées étaient à la fois posées aux agriculteurs producteurs du compost et aux agriculteurs non-producteurs du compost. Concernant les producteurs du compost, on s'est intéressé - inspiré par les résultats de la régression logistique et par des analyses sommaires des enquêtes - à la source d'apprentissage (1) de la fabrication du compost et à l'organisation du travail (2) autour de la fabrication du compost.

(1) Sauf à Timbi Madîna, où les seules sources indiquées sont la Fédération et le service national de la vulgarisation, les services de vulgarisation sont rarement la source de l'apprentissage de la fabrication du compost.

A Tsévié, un quart des composteurs indique avoir appris le compostage à l'école dans le jardin scolaire surtout dans les écoles chrétiennes. Dans cette ville, le réseau religieux joue aussi en cas de besoin de conseil pour l'agriculture. La plupart des fabricants de compost sont chrétiens. Cela est dû aussi au fait que les ONG, parfois religieuses, sont avec la même importance que les écoles, la source de connaissance de la fabrication du compost.

La formation professionnelle est un facteur rare d'apprentissage, mentionnée uniquement par quelques producteurs de compost au Togo. A Tsévié, la famille joue un peu sur l'apprentissage du compost, à Lomé, c'est la source la plus importante. A Lomé, les ONG et les groupements ont ensemble le même poids sur l'apprentissage que les collègues maraîchers.

A Rufisque, les ONG et associations sont d'une faible importance et les collègues agricoles ont une moyenne importance comme source du savoir-faire pour la fabrication du compost. Dans cette ville, la plupart des producteurs de compost ne pensent même pas qu'il faut apprendre, ils disent que "personne" ne leur a appris la fabrication du compost, ils le savent depuis toujours. D'autres signalent la famille, surtout les parents, comme origine d'apprentissage. Uniquement à Rufisque, les manœuvres sont déclarés comme porteurs de savoir-faire. On nous a même proposé d'aller voir les manœuvres pour avoir des détails sur la fabrication du compost.

La question n'était pas posée aux agriculteurs de Conakry.

On peut résumer ces réponses en affirmant qu'il n'y a pas un réseau identique dans toutes les villes d'Afrique de l'Ouest. A Timbi Madîna, le savoir-faire du compost dépend de la Fédération et du service de vulgarisation. A Tsévié, l'introduction du compostage s'est faite par les écoles et les ONG surtout chrétiennes. A Lomé, la technique de compostage est transmise par les parents et les collègues maraîchers. A Rufisque, le compostage fait partie des pratiques culturales agricoles traditionnelles et est pratiqué aussi par les manœuvres d'origine soussoue.

(2) L'analyse des réponses concernant l'organisation autour de la fabrication du compost montre que le compost se fait en équipe de 2 - 3 personnes à Timbi 153Madîna, en équipe familiale (femmes et enfants) ou avec les manœuvres à Rufisque, dans un quart des cas seulement sinon en équipe ou en groupement jusqu'à 60 personnes à Tsévié et parfois en équipe familiale ou avec les manœuvres et parfois seul à Lomé.

Ces réponses indiquent que faire du compost est laborieux et nécessite beaucoup de main-d'œuvre. Le fait d'associer surtout les femmes, les enfants et la main-d'œuvre salariée montre que ce travail est jugé pénible et peu honorable.

Les non-producteurs du compost avancent comme raison de ne pas faire du compost, en premier lieu, un manque de connaissance, dans toutes les villes.

A Timbi Madîna, la fabrication du compost est perçue comme une technique nécessaire uniquement pour la culture de la pomme de terre.

A Rufisque, l'insuffisance de temps dans le calendrier de travail et la pénibilité du travail sont données comme seconde raison après le manque de connaissance. La richesse du sol et l'utilisation d'autres types d'engrais prennent la dernière place des arguments mentionnés les plus fréquemment pour expliquer la non-fabrication de compost.

A Tsévié, le manque de matière brute et le problème du transport du compost ou de la matière brute au champ sont posés. Les non-producteurs de compost signalent aussi que faire du compost ne fait pas partie de leurs habitudes et en plus n'est pas nécessaire.

A Lomé, les non-fabricants du compost expliquent que « c'est plus rapide et moins fatigant d'utiliser les excréments d'animaux directement seulement avec quelques jours d'arrosage, ça permet de tuer les nématodes » (avec la fiente crue) et ils ont « l'habitude d'utiliser les excréments d'animaux directement. » Par ailleurs, dans la littérature, l’effet réductive de la fiente contre les nématodes est confirmé (Gamiel, A. and Stapleton J.J., 1993).

A Conakry, on n'a pas posé la question.


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8.11.2. Comparaison concernant la fabrication du compost

Selon les modèles statistiques, la fabrication du compost dépend surtout des variables explicatives qui représentent un réseau social comme l'ethnie de la ville et l'ethnie de l’exploitant, l’intensité de contact, la pratique d’une activité extra-agricole et l’adhésion à une organisation paysanne. Comme variable explicative agricole, le modèle introduit le système de production (agriculture pluviale ou maraîchage) et l'utilisation de fertilisants.

Le fait que la fabrication du compost dépend du réseau social est confirmé par les réponses concernant la source de connaissance de la fabrication du compost. A Timbi Madîna, elles renvoient à l'encadrement et au fait d'être membre de la Fédération des Paysans du Fouta Djalon. A Lomé et à Rufisque, la source de connaissance est plutôt familiale qui correspond donc à l'ethnie de la ville et à l'ethnie de l'exploitant. A Tsévié, la fabrication du compost est liée à la formation et aux contacts liés à la religion (écoles et ONG). Toutes les sources de connaissance sont mentionnées partout, mais avec des importances mises en évidence plus haut.

Les réponses pour la justification ou le refus de la fabrication du compost ramènent aux aspects d'itinéraire technique du compost. Pour qu’un agriculteur fasse du compost il faut de la main-d’œuvre, un manque de fertilité du sol et avoir de moyen de transport. Sinon, il va prendre d'autres fertilisants plus faciles à épandre et moins laborieux à utiliser/ fabriquer. Par ailleurs, les maraîchers de Lomé signalent que la fiente fraîche a un effet réductif sur les nématodes que le compost à base des ordures ménagères n’a pas montré.


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8.11.3. Analyse qualitative des aspects de l'utilisation du compost

Lors des enquêtes, les agriculteurs ont eu à répondre à des questions sur l'utilisation sinon expliquer les raisons de non-utilisation du compost. Ici on expose les résultats des trois questions dans ces sens.

(1) Les utilisateurs du compost justifient tous leur technique par l'argument qu'elle augmente le rendement, le compost améliore et fertilise le sol et fait réussir la culture.

A Rufisque et Tsévié, le compost est vu comme complément de l'engrais qui est aussi moins cher que l'engrais.

Les utilisateurs du compost de Rufisque cherchent à adoucir le sol et à réduire les maladies avec le compost. Les maraîchers de Lomé utilisant le compost le jugent plus efficace que l'engrais et en plus, ils n'ont pas de brûlure sur la culture qu'ils auront s'ils mettaient la matière organique fraîche (ordures, fiente de volaille etc.) sur la parcelle.

A Conakry, on n'a pas trouvé de réponses valables à la question (très peu des utilisateurs du compost).

(2) Dans toutes les villes, les utilisateurs du compost observent plus de rendement, de bonne culture et des plantes vigoureuses.

Ceux de Timbi Madîna y ajoutent la meilleure qualité (la pomme de terre fertilisée avec du compost est mieux conservée que celle fertilisée avec l'engrais chimique). Ceux de Rufisque connaissent aussi une croissance plus rapide avec le compost.

A Rufisque, les utilisateurs du compost se plaignent de brûlures en cas d'insuffisance de pluie comme à Tsévié les cultivateurs des dépôts d'ordures.

(3) La question pourquoi un agriculteur n'utilise pas du compost se différencie uniquement dans des villes où il y a un marché de compost de la question pourquoi un agriculteur ne fait pas du compost. Donc, on a recueilli les réponses uniquement à Conakry et à Rufisque. Dans les deux villes, l'argument de méconnaissance apparaît.

A Conakry, les non-utilisateurs du compost réclament surtout qu'ils ne le trouvent pas en vente, d'autres ne le jugent pas nécessaire car leur terrain est fertile (cela est souvent le cas, on cultive fréquemment des anciens dépôts d'ordures), et le lieu est humide, et finalement, ils utilisent d'autres fertilisants.

A Rufisque, les non-utilisateurs du compost préfèrent d'autres engrais et ils leur manquent le temps, le moyen de transport et financier et la force (travail pénible).


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8.11.4. Comparaison concernant l’utilisation du compost

Les variables explicatives significatives comme l'activité non agricole, l’intensité de contact, l'ethnie et la taille de la ville renvoient encore vers l'importance du réseau social pour l'utilisation du compost. La production maraîchère et l'utilisation de fertilisants indiquent que l'utilisation du compost dépend aussi du système de production.

Les agriculteurs qui utilisent du compost avancent comme arguments les bons rendements, l'amélioration du sol, la fertilisation du sol, la réussite de la culture et que le compost soit complémentaire aux engrais chimiques et moins cher que ces derniers.

A Rufisque, quelques-uns ont observé la réduction des maladies. A Timbi Madîna, ils proclament une meilleure qualité de la pomme de terre.

A Rufisque, les agriculteurs se plaignent des brûlures. Par contre, à Lomé, les utilisateurs de compost expliquent qu'ils n'observent pas de brûlures comme s'ils avaient mis la fiente ou le fumier.

Les agriculteurs qui n'utilisent pas le compost argumentent qu'ils ne le trouvent pas en vente, que leur sol est fertile, qu'ils utilisent d’autres fertilisants et/ou qu'ils leur manquent de moyens de transport, des fonds, de main-d'œuvre et du temps.


12 Les effets, les interactions et les modalités en italique ne sont pas statistiquement significatifs selon Wald.

13 Les effets, les interactions et les modalités en italique ne sont pas statistiquement significatifs selon Wald.



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