157

9.  Modèles sur les avis concernant le compost

Les trois modèles sur les avis concernant le compost sont calculés et commentés par la suite. Ces modèles sont un sur la disposition à acheter du compost, un sur la supposition d’utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire et le dernier sur la disposition à utiliser le compost issu des ordures ménagères.

9.1. Modèle sur la disposition à l’achat du compost

Les variables explicatives influençant la disposition à l’achat du compost sont choisies par des régressions logistiques sur un niveau de signification de 5 %. Les résultats de ces régressions sont schématisés dans la Figure 37.

Figure 37 : Modèles sur la disposition à l'achat du compost

Légende : Les lignes en pointillé indiquent des variables explicatives qui font partie uniquement du modèle des effets principaux. La ligne barrée représente une interaction créant une séparation des données quasi complète, elle est donc enlevée du modèle.

Selon le modèle de régression logistique, la disposition à l’achat du compost est influencée par des variables explicatives comme

ainsi que par les interactions

Le modèle des effets principaux contient en plus les variables explicatives comme l'ethnie de l'exploitant, l'intensité de contact, la taille de la ville et la connaissance de la fabrication du compost. Ces dernières trois variables sont les plus faibles dans le modèle des effets principaux sur la disposition à l’achat du compost.

L’interaction entre l’ethnie de la ville et le système de production est si fort qu’elle crée une séparation de données quasi complète. Elle était donc enlevée du modèle.

Les influences des variables comme le niveau de formation, la pratique d’une activité extra-agricole, le genre de l’exploitant, le contact avec l’encadrement, la supposition d’utilisation du compost pour un traitement phytosanitaire, la fabrication et l’utilisation du compost ne sont pas statistiquement significatives sur la disposition à l’achat du compost.

Les effets principaux et les interactions sont hiérarchisés selon leur importance pour le modèle en fonction du Score X² (voir Tableau 93).

Tableau 93 : Hiérarchisation des effets et des interactions dans le modèle de la disposition à l’achat du compost14

 

Effets et interactions

Score X²

Wald X²

1

Utilisation du compost issu des ordures

249,5392

69,0483

2

Ethnie de la ville

234,1865

8,2920

3

Utilisation des fertilisants

139,0575

0,0010

4

Ethnie ville * utilisation du compost issu d'ordures

85,0407

53,2132

5

Ethnie de la ville * membre d'une OP formelle

34,4658

20,4940

6

Ethnie de la ville * utilisation des fertilisants

32,4954

34,1284

7

Agriculteur ou maraîcher

28,2712

23,1189

8

Membre d'une OP formelle

27,0948

0,1108

9

Type de MO

23,5091

22,5549

10

Utilisation fertilisant * membre d'une OP formelle

5,4523

6,5931

11

Agriculteur / maraîcher * membre d'une OP

6,3014

6,1180

Les effets, les interactions et leurs modalités se hiérarchisent selon la valeur absolue des coefficients estimés bêta dans le tableau suivant. Le niveau significatif est estimé après Wald.


159

Tableau 94 : Hiérarchie des estimés bêta des effets, interactions et leurs modalités sur la disposition à l’achat du compost15

 

Effets et interactions

Estimé

Erreur standard

Wald X²

1

Ethnie de la ville, Peul

-5,2795

184,6

0,0008

2

Ethnie ville * utilisation fertilisants, Peul

-3,9537

184,6

0,0005

3

Ethnie de la ville, Soussou

2,5936

61,5479

0,0018

4

Ethnie ville * utilisation fertilisants, Éwé/ Min.

2,2339

61,5472

0,0013

5

Type de MO, Rien mentionné

-1,9403

0,4279

20,5564

6

Utilisation des fertilisants

-1,9219

61,5475

0,0010

7

Ethnie de la ville, Éwé/ Mina

1,7990

61,5475

0,0009

8

Ethnie ville * utilisation C issu d'ordures, Éwé/ Mina

-1,1251

0,1700

43,7999

9

Ethnie ville * utilisation fertilisants, Soussou

1,0755

61,5472

0,0003

10

Ethnie ville * utilisation C issu d'ordures, Soussou

0,9498

0,2248

17,8464

11

Utilisation du compost issu des ordures

-0,9268

0,1115

69,0483

12

Utilisation fertilisant * membre d'une OP formelle

-0,7331

0,2855

6,5931

13

Agriculteur ou maraîcher

-0,6564

0,1365

23,1189

14

Ethnie ville * membre d'une OP, Éwé/ Mina

-0,5839

0,1926

9,1870

15

Type de MO, Familiale et salarié

0,5338

0,2208

5,8464

16

Ethnie ville * membre d'une OP, Soussou

0,4944

0,2965

2,7809

17

Ethnie ville * membre d'une OP, Peul

-0,4376

0,2131

4,2157

18

Agriculteur / maraîcher * membre d'une OP

0,3348

0,1354

6,1180

19

Type de MO, Familiale

0,2812

0,1565

3,2288

20

Type de MO, Salarié

0,2715

0,1475

3,3869

21

Type de MO, Personne

0,1774

0,1678

1,1183

22

Ethnie ville * utilisation C issu d'ordures, Peul

-0,1629

0,2036

0,6403

23

Membre d'une OP formelle

-0,0940

0,2824

0,1108

Le modèle de la régression logistique des effets principaux sur la disposition à l'achat du compost explique 85,8 % de la probabilité. (Tableau 95)

Tableau 95 : Fiabilité du modèle des effets principaux sur la disposition à l’achat du compost

 

Pourcentage

Part expliquée par le modèle

85,8

Part non expliquée par le modèle

13,6

Part floue

0,6

Le modèle de la disposition à l’achat du compost avec les interactions du 1er ordre explique 86,6 % tandis que le modèle sans interaction n’explique que 85,8 %. (Tableau 95 et Tableau 96)


160

Tableau 96 : Fiabilité du modèle avec les interactions du 1er ordre sur la disposition à l’achat du compost

 

Pourcentage

Part expliquée par le modèle

86,6

Part non expliquée par le modèle

11,5

Part floue

2,0

Ce modèle est donc d’une qualité pareille aux modèles des faits agricoles concernant le compost.

9.2. Modèle sur la supposition d’utilisation d’un compost phytosanitaire

La régression logistique réduit les variables explicatives potentielles aux variables explicatives avec un niveau de signification de 5 %. Ce modèle concernant la supposition d’utilisation du compost pour un traitement phytosanitaire est schématisé dans la Figure 38.

Figure 38 : Modèles sur la supposition d’utiliser le compost phytosanitaire

Légende : La ligne barrée représente une interaction créant une séparation des données quasi complète, elle est donc enlevée du modèle.

Selon l’analyse statistique de régression logistique, la supposition qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire est influencée par des variables explicatives comme

ainsi que les interactions

Le modèle des effets principaux fait partie du modèle avec les interactions du 1er ordre.

Les interactions

Les variables comme la pratique d’une activité extra-agricole, le niveau de formation, le genre de l’exploitant, le contact avec l’encadrement, l’intensité de contact avec le monde agricole, l’utilisation des fertilisants, le système de production (maraîchage ou agriculture pluviale), la taille de la ville, la disposition à l’achat du compost et la fabrication du compost n’influencent pas significativement (5 %) la supposition d’utilisation du compost pour un traitement phytosanitaire.

Les effets principaux et les interactions sont hiérarchisés selon leur importance pour le modèle en fonction du Score X² dans le Tableau 97.

Tableau 97 : Hiérarchisation des effets et des interactions du modèle sur la supposition d’utilisation du compost pour un traitement phytosanitaire16

 

Effets et interactions

Score X²

Wald X²

1

Utilisation du compost

332,0917

0,0021

2

Ethnie de la ville

176,1553

2,4336

3

Ethnie de la ville * utilisation du compost

113,7119

39,8859

4

Utilisation du compost issu des ordures

51,1737

35,9697

5

Ethnie de la ville * Membre d’une OP formelle

20,4378

11,5962

6

Ethnie de l'exploitant

17,7527

16,5849

7

Connaissance de la fabrication du compost

15,2205

11,4663

8

Membre d'une OP formelle

11,6652

1,8722

9

Type de MO

11,4085

13,9088


162

Les effets, les interactions et leurs modalités se hiérarchisent selon la valeur absolue des coefficients estimés bêta dans le tableau suivant. La signification est estimée selon Wald.

Tableau 98 : Hiérarchie des estimés des effets, interactions et leurs modalités sur la supposition d’utilisation du compost pour un traitement phytosanitaire17

 

Effets et interactions

Estimé bêta

Erreur standard

Wald X²

1

Ethnie ville * utilisation Compost, Peul

-6,0198

181,3

0,0011

2

Ethnie de la ville, Peul

-4,7162

181,3

0,0007

3

Ethnie de la ville, Soussou

2,9720

60,4513

0,0024

4

Utilisation du compost

-2,7641

60,4417

0,0021

5

Ethnie ville * utilisation Compost, Soussou

2,7514

60,4421

0,0021

6

Ethnie ville * utilisation Compost, Éwé/ Mina

2,5601

60,4418

0,0018

7

Ethnie exploitant, Non-Wolof/ Lébou

1,4026

1,2455

1,2683

8

Ethnie de l'exploitant, Peul

-1,1670

1,1883

0,9645

9

Ethnie de la ville, Soussou * Membre d’une OP

1,0690

0,3258

10,7688

10

Ethnie de l'exploitant, Malinké

-0,9915

1,2558

0,6233

11

Ethnie de l'exploitant, Soussou

-0,9785

1,2443

0,6184

12

Type de MO, Rien mentionné

-0,8179

0,5578

2,1496

13

Ethnie de l'exploitant, Forestier

-0,7725

1,2699

0,3700

14

Ethnie de l'exploitant, Éwé/ Mina

0,6830

2,2921

0,0888

15

Utilisation du compost issu des ordures

-0,6580

0,1097

35,9697

16

Ethnie de l'exploitant, Non-Éwé/ Mina

0,6016

2,3033

0,0682

17

Connaissance de la fabrication du compost

-0,5013

0,1480

11,4663

18

Type de MO, Salarié

0,4785

0,1717

7,7692

19

Ethnie ville, Peul * Membre d’une OP

-0,4750

0,3123

2,3131

20

Type de MO, Personne

0,4697

0,1741

7,2834

21

Type de MO, Familiale et salarié

-0,3844

0,2615

2,1606

22

Ethnie ville, Ewé/ Mina * Membre d’une OP

-0,3634

0,1897

3,6696

23

Ethnie de la ville, Éwé/ Mina

0,2619

60,4958

0,0000

24

Type de MO, Familiale

0,2493

0,1763

2,0003

25

Membre d'une OP formelle

-0,2178

0,1592

1,8722

26

Ethnie exploitant, Rien mentionné

0,1342

2,2545

0,0035

Le modèle sur la supposition qu'on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire explique 82,7 % de la probabilité (voir tableau ci-dessous).

Tableau 99 : Fiabilité du modèle des effets principaux sur la supposition de l’utilisation du compost pour un traitement phytosanitaire

 

Pourcentage

Part expliquée par le modèle

82,7

Part non expliquée par le modèle

14,4

Part floue

2,9


163

Le modèle de l'utilisation du compost avec les interactions du 1er ordre explique 85,6 % tandis que le modèle sans interaction explique 82,7 % de la probabilité.

Tableau 100 : Fiabilité du modèle avec les interactions sur la supposition de l’utilisation du compost pour un traitement phytosanitaire

 

Pourcentage

Part expliquée par le modèle

85,6

Part non expliquée par le modèle

12,6

Part floue

,8

Ce modèle est donc légèrement moins valable que le modèle sur la disposition à l’achat du compost. Il est de même qualité que le modèle sur la connaissance de la fabrication du compost.

9.3. Modèle sur la disposition à l’utilisation du compost d’ordures

Les variables explicatives influençant la disposition à l’utilisation du compost issu des ordures ménagères avec un niveau de signification plus élevé que 5 % sont schématisées dans la Figure 39.

Figure 39 : Modèles sur la disposition à l'utilisation du compost issu d’ordures

Légende : Les lignes en pointillé indiquent des variables explicatives qui font partie uniquement du modèle des effets principaux. La ligne barrée représente une interaction créant une séparation des données quasi complète, elle est donc enlevée du modèle. La variable barrée a créé une sur-dispersion. Elle a été donc enlevée du modèle.


164

Selon le modèle de régression logistique incluant des interactions de 1er ordre, la disposition à l’utilisation du compost issu des ordures ménagères est influencée par des variables explicatives comme

ainsi que les interactions

Dans le modèle des effets principaux, la variable « membre d’une organisation paysanne » influence en plus significativement la disposition à l’utilisation du compost issu des ordures. Par contre « l’utilisation des fertilisants » n’apparaît pas comme variable explicative. Dans chaque modèle, les deux variables sont parmi les plus faibles du modèle.

Dans les deux modèles sur la disposition à l’utilisation du compost issu des ordures, la variable « ethnie de l’exploitant » est si corrélée à la variable « l’ethnie de la ville » qu’elle crée une sur-dispersion. Elle était donc enlevée du modèle. Les interactions entre l’ethnie de la ville et l’utilisation des fertilisants et entre la supposition d’utilisation du compost pour un traitement phytosanitaire et le type de la main-d’œuvre sont si fortes qu’elles créent une séparation des données quasi complète. Elles étaient également retirées du modèle.

Les influences des variables explicatives comme la pratique d’une activité extra-agricole, le niveau de formation, le contact avec l’encadrement, le genre de l’exploitant, l’intensité de contact, le système de production (maraîchage ou agriculture pluviale), la fabrication et l’utilisation du compost ne sont pas statistiquement significatives.

Les effets principaux et les interactions sont hiérarchisés selon leur importance pour le modèle en fonction du Score X² dans le Tableau 101.


165

Tableau 101 : Hiérarchisation des effets et des interactions du modèle sur la disposition à l’utilisation du compost issu des ordures18

 

Effets et interactions

Score X²

Wald X²

1

Ethnie de la ville

537,7959

56,0946

2

Achat du compost

249,5254

0,3500

3

Compost comme traitement phytosanitaire

164,3681

39,6532

4

Ethnie de la ville * compost comme trait. phyto.

89,9255

48,7272

5

Type de MO

68,4860

18,4969

6

Ethnie ville * connaissance fabrication du C.

51,6804

5,4847

7

Connaissance de la fabrication du compost

45,7950

0,0014

8

Ethnie de la ville * Achat du compost

43,4743

60,6091

9

Taille de la ville

41,6569

15,3059

10

Taille de la ville * utilisation des fertilisants

20,4846

11,4214

11

Type de MO * utilisation des fertilisants

16,0693

15,1496

12

Taille de la ville * Achat du compost

6,5497

4,9362

13

Utilisation des fertilisants

4,6574

2,2694

Les effets, les interactions et leurs modalités se hiérarchisent selon la valeur absolue des coefficients estimés bêta dans le tableau suivant. Le niveau significatif est estimé selon Wald.


166

Tableau 102 : Hiérarchie des estimés bêta des effets, interactions et leurs modalités sur la disposition à l’utilisation du compost issu des ordures19

 

Effets, interactions et leurs modalités

Estimé bêta

Erreur stand.

Wald X²

1

Ethnie ville * connaissance fabrication C, Peul

-7,0457

206,2

0,0012

2

Ethnie de la ville, Peul

-6,3030

206,2

0,0009

3

Ethnie de la ville, Éwé/ Mina

4,2357

68,7242

0,0038

4

Ethnie ville * connaissance fabrication C, Soussou

3,0475

68,7249

0,0020

5

Connaissance de la fabrication du compost

-2,5677

68,7238

0,0014

6

Ethnie ville * connaissance fabrication C, Éwé/ Mina

2,2477

68,7240

0,0011

7

Ethnie de la ville * Achat du compost Soussou

1,4988

0,4071

13,5576

8

Type de MO, Rien mentionné

1,3664

0,4726

8,3574

9

Ethnie de la ville * Achat du compost Éwé/ Mina

-1,2906

0,1795

51,6976

10

Type de MO * utilisation fertilisants, Familiale

0,8449

0,2556

10,9266

11

Compost comme traitement phytosanitaire

-0,7408

0,1176

39,6532

12

Ethnie ville * Compost comme trait. phyto., Peul

0,6404

0,2426

6,9715

13

Ethnie de la ville, Soussou

0,5297

68,7263

0,0001

14

Ethnie ville * Compost cô trait. phyto., Soussou,

0,4868

0,1613

9,1135

15

Type MO * utilisation des fertilisants, Personne

-0,4242

0,2205

3,7017

16

Type de MO, Personne

0,3986

0,2264

3,1005

17

Type de MO, Salarié

-0,3813

0,2083

3,3530

18

Type de MO, Familiale et salarié

-0,3402

0,3083

1,2180

19

Utilisation des fertilisants

0,3187

0,2116

2,2694

20

Type de MO, Familiale

-0,2515

0,2538

0,9823

21

Ethnie ville * C comme trait. phyto., Éwé/ Mina

0,2211

0,2089

1,1202

22

Achat du compost

-0,1415

0,2392

0,3500

23

Ethnie ville * Achat compost Peul

0,0472

0,3143

0,0225

24

Type MO * utilisation fertilisants, Salarié

-0,0386

0,1958

0,0389

25

Type MO * utilisation fertilisants, Familiale et salarié

0,0129

0,2978

0,0019

26

Type MO * utilisation fertilisants, Rien mentionné

0,00262

0,4059

0,0000

27

Taille de la ville

-2,18E-6

5,584E-7

15,3059

28

Taille de la ville * utilisation des fertilisants

-1,38E-6

4,07E-7

11,4214

29

Taille de la ville * Achat du compost

-8,39E-7

3,777E-7

4,9362

Le modèle des effets principaux sur l’utilisation du compost issu des ordures explique 92,6 % (Tableau 103) et est donc le meilleur parmi les modèles des avis et des faits agricoles des effets principaux.

Tableau 103 : Fiabilité du modèle des effets principaux sur la disposition à l’utilisation du compost issu des ordures

 

Pourcentage

Part expliquée par le modèle

92,6

Part non expliquée par le modèle

6,8

Part floue

0,6


167

Le modèle sur la disposition à l'utilisation du compost issu des ordures avec les interactions du 1er ordre explique 94,9 % (Tableau 104) tandis que le modèle sans interaction explique 92,6 %. Il est donc le meilleur de tous les modèles calculés pour l’analyse des données agricoles.

Tableau 104 : Fiabilité du modèle avec les interactions de 1er ordre sur l’utilisation du compost issu des ordures

 

Pourcentage

Part expliquée par le modèle

94,9

Part non expliquée par le modèle

4,5

Part floue

0,5

Profils de référence pour les modèles des avis agricoles concernant le compost avec des interactions du 1er ordre :

Dans le modèle des interactions de 1er ordre sur la disposition à l’achat du compost, les rapports des cotes sont calculés en référence du profil de base d’un maraîcher, vivant dans une ville à majorité wolofe, utilisant des fertilisants, membre d'une organisation paysanne formelle, travaillant avec les voisins ou des amis en entraide, disposé à utiliser du compost issu des ordures ménagères et supposant qu'on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire.

Pour le modèle des interactions sur la supposition d’utilisation du compost pour un traitement phytosanitaire, le profil de base ayant servi de référence pour le calcul des rapports des cotes est un exploitant wolof, vivant dans une ville à majorité wolofe, membre d'une organisation paysanne formelle, travaillant avec les voisins ou des amis en entraide, connaissant la fabrication du compost, utilisant le compost et disposé à utiliser du compost issu des ordures ménagères.

Le profil de base ayant servi de référence pour le calcul des rapports des cotes du modèle de la disposition à l’utilisation du compost issu des ordures est un exploitant vivant dans une ville à majorité wolofe, travaillant avec les voisins ou des amis en entraide, utilisant des fertilisants, connaissant la fabrication du compost, disposé à acheter du compost, et supposant qu'on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire.

9.4. Modèle de base des avis

Les variables "ethnie de la ville" et "type de main-d'œuvre" influencent tous les 6 modèles des avis agricoles dans les 3 modèles des effets principaux de même que dans les 3 modèles d'interaction de 1er ordre.

Dans tous les 3 modèles sur les avis, l’adhésion à une organisation paysanne et la connaissance de la fabrication du compost influencent les trois avis soit dans les modèles des effets principaux ou soit dans les modèles d'interactions de 1er ordre ou dans les deux.


168

Les exploitants des villes à majorité éwée/ mina ou à majorité soussoue sont plus probablement disposés à acheter du compost et à utiliser le compost issu des ordures et supposent plus probablement qu’on peut utiliser pour un traitement phytosanitaire que ceux de ville à majorité wolofe. (Tableau 105)

Les langues locales de Lomé et de Tsévié ne différencient pas entre le tas d’ordures et le compost. Donc, il semble évident qu’un Ewé ou Mina est disposé à utiliser le compost issu des ordures pour la fertilisation. Là, les exploitants cultivent aussi des dépotoirs d’ordures sur lesquels ils observent de très bons rendements s’il y a assez de pluie ou s’ils arrosent suffisamment.

Tableau 105 : Les coefficients estimés de l’influence de l’ethnie de la ville dans les modèles des opinions

Ethnie de la ville

Estimés bêta

Achat du compost

Traitement phytosanitaire

Compost issu d’ordures

Ewé/ Mina

1,7990

0,2619

4,2357

Peul

-5,2795

-4,7162

-6,3030

Soussou

2,5936

2,9720

0,5297

Les exploitants de la ville peule sont moins probablement disposés à acheter du compost et à utiliser le compost issu des ordures et supposent moins probablement qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire que ceux d’une ville à majorité wolofe. (Voir Tableau 105)

Etant donné que les exploitants de la ville à majorité peule préparent le compost eux-mêmes ils sont moins disposés à l’acheter. Leur problème phytosanitaire le plus important est la teigne. Ils supposent moins probablement qu’on peut utiliser le compost contre cette dernière. Ils ont appris au niveau la Fédération qu’il faut sarcler et arracher les plantes attaquées pour lutter contre la teigne. A Timbi Madîna, les femmes transforment leurs ordures ménagères en compost sauvage (sans thérmo-phase et des ordures non triées) en les entassant ou en les éparpillant dans leur jardin. Ce compost est utilisé pour la fertilisation du jardin. L’utilisation du compost issu des ordures n’est pas nouvelle pour les gens de Timbi Madîna. Mais selon les régressions logistiques, ils sont moins probablement disposés à l’utiliser, si le compost est issu des ordures.

Tableau 106 : Croisement des variables ethnie de la ville et l’utilisation du compost issu des ordures ménagères

Ethnie de la ville

Utilisateur du compost issu des ordures

Oui

Non

Éwé/ Mina

84%

16%

peul

46%

55%

Soussou

17%

83%

Wolof

42%

58%


169

Le croisement des variables ethnie de la ville et utilisation du compost issu des ordures ménagères relève une disposition à l’utilisation du compost issu des ordures semblable pour les exploitants des villes à majorité peule et wolofe. (Voir Tableau 106)

Les exploitants d’une ville à majorité soussoue sont, selon la régression logistique, plus probablement disposés à utiliser le compost issu des ordures et selon le croisement des données moins disposés à utiliser le compost issu des ordures que les exploitants d’une ville à majorité wolofe.

Les exploitants qui travaillent seuls sont plus probablement disposés à acheter le compost et à utiliser le compost issu des ordures et supposent plus probablement qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire que ceux qui travaillent avec les voisins ou des amis en entraide. (Tableau 107)

Un exploitant qui travaille seul n’a pas la main-d’œuvre nécessaire pour la fabrication du compost. S’il veut utiliser le compost il faut qu’il l’achète. Par ailleurs, il peut se permettre de penser autrement et d’être disponible d’essayer des nouvelles technologies comme l’application du compost contre des maladies sans se faire critiquer par des membres de son groupe d’entraide, des voisins ou des salariés. Il n’exige rien des autres donc si le compost issu des ordures est utile et moins cher, l’exploitant peut se « sacrifier » pour l’utiliser.

Un exploitant qui emploie de la main-d’œuvre familiale de même que de la main-d’œuvre salariée a plus la chance d’être disposé à acheter du compost. Il a moins la chance de supposer qu’on peut utiliser le compost contre des maladies et d’être disposé à utiliser le compost issu des ordures qu’un exploitant qui travaille avec des voisins ou en entraide. (Tableau 107)

Tableau 107 : Les coefficients estimés de l’influence du type de la main-d’œuvre dans les modèles des opinions

Type de MO

Estimés bêta

Achat du compost

Traitement phytosanitaire

Utilisation du compost issu des ordures

Familiale

0,2812

0,2493

-0,2515

Familiale et salariée

0,5338

-0,3844

-0,3402

Personne

0,1774

0,4697

0,3986

Salarié

0,2715

0,4785

-0,3813

Voisin/ Entraide

-

-

-

Un exploitant travaillant avec des voisins ou des amis en entraide est le moins disposé pour l’achat du compost que les autres catégories. Il suppose moins probablement qu’on peut utiliser le compost contre des maladies que les autres catégories sauf l’exploitant travaillant avec la main-d’œuvre familiale et salariée. Il est plus probablement disposé à utiliser le compost issu des ordures que les autres catégories sauf l’exploitant travaillant seul. (Tableau 107)


170

Car le compost au Sud du Togo signifie traditionnellement les « tas d’ordures », un exploitant « traditionnel » comme celui qui travaille en entraide ou avec des voisins refusait l’achat du compost par la parole « Les ordures ne s’achètent pas » lors des interviews.

Les exploitants travaillant en entraide ou avec des voisins ou avec des membres de la famille sont des exploitants intégrés dans un réseau traditionnel. Car la connaissance et les avis sont fonction du réseau, la supposition qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire semble contredire le savoir-faire traditionnel. Par ailleurs, il n’est pas évident que les ordures qui sont stigmatisées par la sensibilisation des ménages pour l’hygiène qu’elles apportent des maladies aux Hommes, amèneront la santé aux cultures agricoles. La pensée qu’on peut utiliser le compost contre des maladies nécessite donc une liberté des idées qui n’est pas donné à tous les exploitants.

L’utilisation des anciens dépôts d’ordures pour la fertilisation de champs fait parti des traditions au Sud du Togo et à Conakry. Alors, un exploitant plus intégré dans un réseau traditionnel comme l’exploitant qui travaille en entraide ou avec des voisins a moins de soucis contre l’utilisation du compost issu des ordures.

Les exploitants qui travaillent avec des salariés ont plus la chance d’être disposés à acheter le compost et de supposer qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire qu’un exploitant qui travaille en entraide ou avec des voisins. Ils ont moins la chance d’être disposé à utiliser le compost issu des ordures. (Voir Tableau 107)

Un tel exploitant dépense déjà l’argent pour la main-d’œuvre pourquoi ne pas le dépenser pour le compost. S’il veut fabriquer du compost il faut qu’il paye les manœuvres alors il peut aussi acheter le compost, éventuellement cela lui revient moins cher.

Il semble logique qu’un exploitant qui emploie la main-d’œuvre salariée ait un esprit plus ouvert car il doit être prêt à embaucher des personnes moins connues ou moins fortement liées à lui comme des voisins ou des membres de la famille. Il suppose alors plus facilement qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire.

Un exploitant qui emploie un salarié a peut-être trop du respect de ses collaborateurs pour exiger de travailler avec le compost issu des ordures.

Les différences entre les différents types de main-d'œuvre sont sans tendance commune pour les 3 modèles sur les avis.

Les membres des organisations paysannes sont plus probablement disposés à acheter le compost et à utiliser le compost issu des ordures et ils supposent plus probablement qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire.

Comme les membres de la Fédération de Paysans du Fouta Djalon à Timbi Madîna sont obligés à utiliser le compost, l’achat du compost peut être une solution pour ceux qui ne sont pas en mesure de fabriquer du compost (manque de la main-d’œuvre, du temps et de la matière organique).


171

Dans cette même ville, les femmes qui sont plus fréquemment des producteurs de pomme de terre dans les bas-fonds gérés par la Fédération produisent du compost à base des ordures ménagères dans leurs jardins. Le compost issu des ordures ménagères n’est plus une innovation pour elles.

La fédération vulgarise le compost aussi parce que les pommes de terre fertilisées avec du compost sont plus conservables que celles fertilisées avec des engrais chimiques. Pour les membres de cette fédération, l’utilisation du compost pour une meilleure santé des cultures n’est plus une nouveauté.

Les membres des groupements de production biologique au Sud du Togo sont dans une situation semblable à ceux de Timbi Madîna.

Les membres des groupements à Rufisque sont surtout les femmes produisant le gombo et le « bissap ». Certaines d’entre elles produisent déjà le compost à base des ordures ménagères comme les restes de préparation du poisson et des excréments de petits ruminants. Cette quantité est minime. Alors l’achat peut être une solution. En plus, ces femmes vendent leur production donc elles disposent de fonds pour l’achat. Ce sont justement des femmes de Rufisque qui ont remarqué le problème d’hygiène lié à la fabrication du compost. Il faut alors supposer que les femmes membres d’une organisation paysanne sont sensibilisées pour l’utilisation du compost issu des ordures et elles sont suffisamment ouvertes pour supposer qu’on peut utiliser le compost contre des maladies.

Les exploitants ignorant la fabrication du compost sont plus disposés à acheter du compost que ceux qui connaissent la fabrication du compost. Parce que les exploitants connaissant la fabrication du compost préfèrent le produire eux-mêmes au lieu de l'acheter. A l’inverse, un exploitant qui ne connaît pas la fabrication du compost ne peut pas en produire donc il est obligé d’en acheter s’il est disposé à utiliser le compost.

Les exploitants connaissant la fabrication du compost supposent plus qu'on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire et ils sont plus probablement disposés d'utiliser le compost issu des ordures que leurs collègues qui ne connaissent pas la fabrication du compost.

Un connaisseur de la fabrication du compost sait, que le compost peut être fait à partir des ordures ménagères. Il est donc pré-sensibilisé à l’utilisation du compost issu des ordures.

Car plus haut, il a été observé que la connaissance de la fabrication du compost n’est pas sentie comme connaissance traditionnelle, nous concluons que les connaisseurs ont reçus leurs connaissances par une formation qui les a faits comprendre que le compost est bien pour la santé de plantes. Il est donc possible d’utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire.


172

9.4.1. Interdépendance des avis

Les deux avis : disposition à utilisation du compost issu des ordures et supposition d’utilisation du compost pour un traitement phytosanitaire, sont interdépendantes, c'est-à-dire chaque variable influence l'autre. Elles sont positivement corrélées. Par exemple, un exploitant qui pense qu'on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire, a plus de probabilité d'être disposé à utiliser le compost issu des ordures et réciproquement.

Les exploitants disposés à utiliser du compost issu des ordures supposent plus probablement qu'on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire que les exploitants qui ne sont pas disposés à utiliser du compost issu des ordures.

La conclusion brève disant que les ordures sont bien pour la santé de plante est en contradiction sur la représentation des ordures par les ménagères comme constaté ci-dessus (2.2.5 Les aspects d’hygiène des ordures).

Donc un exploitant doit avoir des représentations différentes sur les ordures que les ménagères parce que les ordures ne sont pas bonnes pour la santé des hommes mais elles peuvent être bonnes pour la santé des plantes.

Selon les modèles, les exploitants supposant qu'on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire sont plus probablement disposés à utiliser le compost issu des ordures que les exploitants qui refusent qu'on puisse utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire.

9.5. Effets et interactions additionnels sur l'achat du compost

Le modèle d’achat du compost contient en dehors du modèle de base les variables explicatives comme

Un exploitant qui utilise un fertilisant, a plus la chance d'être disposé à acheter du compost qu'un exploitant qui n'utilise pas un fertilisant.

Le compost figure parmi les fertilisants selon les exploitants. Un utilisateur des fertilisants a déjà l’habitude de dépenser l’argent pour un fertilisant. Donc, pourquoi ne pas dépenser l’argent pour le compost qui est vu comme un fertilisant ?

L’interaction entre l’ethnie de la ville et l’utilisation des fertilisants désigne que les exploitants des villes à majorité peule utilisant des fertilisants sont moins probablement disposés à acheter le compost que ceux des villes wolofes. D’autre côté, les exploitants des villes à majorité éwée/ mina ou soussoue utilisant des fertilisants sont plus probablement disposés à acheter le compost que les exploitants des villes à majorité wolofe. (Voir Tableau 108)

A Timbi Madîna, la ville à majorité peule, il y a plus de fumier disponible car les Peuls sont traditionnellement des éleveurs de bovins. En dehors de cela, ils produisent du compost à base des ordures. Les fertilisants organiques sont à leur portée gratuitement. Cela peut expliquer pourquoi ils ne sont pas disposés à acheter le compost comme les utilisateurs de fertilisants des autres villes-site.

Tableau 108 : Coefficients estimés de l’interaction entre l’ethnie de la ville et l’utilisation des fertilisants

 

Ethnie de la ville

Estimé bêta

Erreur standard

Wald

2

utilisation fertilisants * Peul

-3,9537

184,6

0,0005

4

utilisation fertilisants * Éwé/ Mina

2,2339

61,5472

0,0013

9

utilisation fertilisants * Soussou

1,0755

61,5472

0,0003

A Rufisque, l’utilisation des fertilisants est liée à l’achat, car peu d’exploitants agricoles pratiquent l’élevage. Néanmoins, le fumier est moins cher que dans les autres villes. A Lomé, le prix de deux sacs des excréments d’animaux correspond à une charrette du fumier à Rufisque.

A Conakry, l’engrais est encore plus cher qu’à Lomé.

Enfin, l’interaction entre l’utilisation des fertilisants et l’ethnie de la ville fait sortir que l’utilisation des fertilisants est aussi fonction du prix des fertilisants et un exploitant habitué à dépenser l’argent pour l’achat de fertilisant est plus prêt à acheter du compost.


174

L’interaction entre l’ethnie de la ville et l’utilisation du compost issu des ordures désigne que dans des villes à majorité soussoue, les exploitants qui ne sont pas disposés à utiliser du compost issu des ordures sont plus probablement disposés à acheter le compost que les exploitants des villes à majorité wolofe. Autrement dit, ces exploitants qui sont disposés à utiliser le compost issu des ordures ne sont pas disposés à l’acheter.

Tableau 109 : Les coefficients de l’interaction entre l’ethnie de la ville et l’utilisation du compost issu des ordures ménagères

 

Ethnie de la ville

Estimé bêta

Erreur stand.

Wald

8

utilisation C issu d'ordures * Éwé/ Mina

-1,1251

0,1700

43,7999

10

utilisation C issu d'ordures * Soussou

0,9498

0,2248

17,8464

22

utilisation C issu d'ordures* Peul

-0,1629

0,2036

0,6403

Dans des villes à majorité éwée/ mina ou peule, les exploitants disposés à utiliser du compost issu des ordures ménagères sont plus probablement disposés à acheter le compost que ceux des villes wolofes. (Voir Tableau 109)

Les exploitants des villes à majorité peule ou éwée/ mina ont la tradition ou l’habitude de transformer les ordures en compost « sauvage ». L’achat d’un compost issu des ordures n’est pas hors de leur pensée.

Selon l’interaction entre l’ethnie de la ville et l’adhésion à une organisation paysanne, les exploitants des villes à majorité éwée/ mina ou peule sont moins probablement disposés à acheter le compost lorsqu’ils ne sont pas membres d’une organisation paysanne. C’est-à-dire dans ces villes, les membres des organisations paysannes sont plus disposés à acheter le compost. Les exploitants des villes à majorité soussoue sont plus probablement disposés à acheter le compost lorsqu’ils ne sont pas membres d’une organisation paysanne que des exploitants des villes wolofe membres d’une organisation paysanne. (Voir Tableau 110)

A Timbi Madîna, les adhérents sont membres de groupements qui sont regroupés dans des unions qui sont chapeautées par la Fédération des Paysans du Fouta Djalon. Comme déjà mentionné, cette fédération promeut l’application du compost. Donc, il semble évidant que les membres des OP sont plus disposés à acheter le compost.

Tableau 110 : Coefficients de l’interactions entre l’ethnie de la ville et l’adhésion à une organisation paysanne

 

Ethnie de la ville

Estimé bêta

Erreur standard

Wald

14

membre d'une OP * Éwé/ Mina

-0,5839

0,1926

9,1870

16

membre d'une OP * Soussou

0,4944

0,2965

2,7809

17

membre d'une OP * Peul

-0,4376

0,2131

4,2157


175

A Lomé, les groupements sont encadrés et initiés par le service de vulgarisation qui cherche à introduire le compostage depuis les années 1960. Cela a sensibilisé les membres des OP et les fait plus disposés à acheter le compost.

A Conakry, les groupements sont créés autour du foncier pour défendre le lieu de culture contre des constructions. L’adhésion ne change donc pas l’avis des exploitants concernant le compost.

9.5.1. Résumé des 3 interactions avec l’ethnie de la ville

Selon les interactions avec l’ethnie de la ville, les exploitants des villes à majorité soussoue utilisant des fertilisants, disposés à utiliser du compost issu des ordures ou membre d’une organisation paysanne sont moins probablement disposés à acheter le compost. Les exploitants des villes à majorité peule étant les mêmes sur tous les aspects sont plus probablement disposés à acheter le compost que les exploitants des villes wolofes. Ces différences entre la ville à majorité soussoue et la ville à majorité peule sont liées uniquement à la présence de la Fédération des Paysans du Fouta Djalon qui intervient dans la ville à majorité peule. L’utilisation des fertilisants est fortement liée à la production de pomme de terre qui est fortement encadrée par la Fédération qui oblige ses membres d’utiliser le compost. Alors la variable ethnie de la ville ne fait pas ressortir la spécificité culturelle de la ville elle met plutôt l’accent sur la spécificité organisationnelle de la ville.

Les exploitants des villes à majorité éwée/ mina n’utilisant pas de fertilisants, disposés à utiliser le compost issu des ordures ou membres d’une organisation paysanne sont plus probablement disposés à acheter le compost que des exploitants des villes à majorité wolofe. (Voir Tableau 111)

Tableau 111 : Coefficients bêta des interactions entre l’ethnie de la ville et des variables explicatives

Et

Ethnie de la ville

Estimés bêta des interactions entre

Utilisation des fertilisants

Utilisation du compost issu des ordures

Membre d’une organisation paysanne

Peul

-3,9537

-0,1629

-0,4376

Soussou

1,0755

0,9498

0,4944

Éwé/ Mina

2,2339

-1,1251

-0,5839

A Lomé et Tsévié ces effets sont moins clairs parce que les deux villes ne sont pas homogènes sur les systèmes de production, l’organisation des agriculteurs, le niveau d’urbanisation etc.

Les agriculteurs en pluvial sont moins probablement disposés à acheter du compost que les maraîchers.

Un maraîcher tira plus rapidement de bénéfice sur l’utilisation du compost. En plus, il est habitué aux dépenses pour la semence, le traitement phytosanitaire et les 176fertilisants. L’achat du compost est la continuation des efforts d’investissements dans la fertilité du sol.

L’interaction entre le système de production et l’adhésion à une organisation paysanne relève que les maraîchers organisés en organisation paysanne sont plus probablement disposés à acheter le compost.

Les maraîchers étant membres d’une OP sont généralement influencés par les services de vulgarisation et d’autres organisations qui cherchent la vulgarisation du compost.

L’interaction entre l’utilisation des fertilisants et l’adhésion à une organisation paysanne montre que les membres des organisations paysannes qui n’utilisent pas de fertilisants ou les exploitants non organisés utilisant des fertilisants sont plus probablement disposés à acheter le compost.

Souvent les organisations paysannes se chargent du ravitaillement en fertilisants. Les membres des organisations paysannes ont alors plus accès aux fertilisants que les exploitants non-adhérents à une OP. Pour ces derniers, l’achat du compost peut être une possibilité de ravitaillement en fertilisant.

9.5.2. Résumé des interactions avec l’adhésion à une OP formelle

Les membres des organisations paysannes sont plus probablement disposés à acheter le compost s’ils sont maraîchers ou s’ils cultivent dans des villes à majorité peule ou éwée/ mina. Les non-adhérents aux organisations paysannes sont plus probablement disposés à acheter le compost s’ils utilisent des fertilisants.

Les membres des organisations paysannes cultivent dans de ville à majorité peule ou éwée/ mina, étant des maraîchers et qui n’utilisent pas de fertilisants achètent plus probablement du compost.

9.5.3. Effets additionnels du modèle des effets principaux sur l’achat du compost

Dans le modèle des effets principaux, les exploitants forestiers, soussous, peuls et malinkés ont plus la chance d’être disposés à acheter du compost que les exploitants wolofs/ lebous. Les exploitants éwés/ minas, non éwés/ minas ou non wolofs sont moins probablement disposés á acheter le compost. (Voir tableau et figure ci-dessous)


177

Tableau 112 : Les coefficients de l’influence de l’ethnie de l’exploitants sur le modèle de la disposition à l’achat du compost

Ethnie de l'exploitant

Estimés bêta

Erreurs standards

Éwé/ Mina

-1,0886

1,1337

Forestier

1,5387

0,8224

Malinké

0,5689

0,7674

Non-Éwé/ Mina

-1,2868

1,1486

Non-Wolof/ Lébou

-0,2685

0,6676

Peul

1,1081

0,6224

Rien mentionné

-0,8508

1,0837

Soussou

1,2310

0,7469

Wolof/ Lébou

-

-

A part la modalité « soussou », les effets de l’ethnie de la ville et les effets de l’ethnie de l’exploitant sont contradictoires. C.-à-d. selon les modèles, p. e. les exploitants de ville à majorité éwée/ mina sont plus probablement disposés à acheter le compost et les exploitants éwés/ minas et non éwés/ minas sont moins probablement disposés à acheter le compost pourtant les exploitants de ville à majorité éwée/ mina sont les mêmes que les exploitants éwés/ minas et non éwés/ minas. Cela peut s’expliquer par le fait que les différences des estimés bêta des modalités de la variable ethnie de l’exploitant sont faibles par rapport à leurs erreurs standards.

Dans le modèle des effets principaux, plus un exploitant est en contact avec le monde agricole plus il est disposé à acheter du compost.

Il semble que l’achat du compost est imaginable dans le monde agricole.

9.6. Profil d’un acheteur du compost

Selon la régression logistique, le profil d’un exploitant qui a la probabilité la plus élevée d’être disposé à acheter le compost est le suivant :

Ce profil peut être réalisable si l’organisation paysanne vulgarise le compost. Sur le terrain dans la ville à majorité soussoue, les organisations paysannes s’occupaient du foncier et d’autres règlements administratifs. La caractéristique de la ville à majorité soussoue est l’absence d’un marché des fertilisants organiques moins chers. Alors, les maraîchères de Conakry pensent que la vente du compost issu des ordures peut être une solution moins chère pour elles. Elles peuvent donc correspondre à ce profil.


178

9.7.  Effets et interactions additionnels sur l’utilisation d’un compost phytosanitaire

Les variables explicatives comme l’utilisation du compost, ethnie de l'exploitant, l'intensité de contact et l’adhésion à une organisation paysanne formelle influencent en plus de variables de base la supposition qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire ainsi que les interactions de ce modèle comme celles entre l’ethnie de la ville et l’utilisation du compost, entre la connaissance de la fabrication du compost et la disposition d’utilisation du compost issu des ordures, et entre l’ethnie de la ville et la disposition d’achat du compost.

Un exploitant utilisant du compost a plus la chance de supposer qu'on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire qu'un exploitant qui n'utilise pas du compost.

Selon les enquêtes, les utilisateurs du compost observent des plantes vigoureuses et des bons rendements, cela les amène à supposer qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire. Mais il y a aussi des utilisateurs du compost qui se plaignent des brûlures dues au compost en cas de manque de pluie. Cela explique l’absence d’un lien plus fort entre l’utilisation du compost et la supposition d’utilisation du compost pour un traitement phytosanitaire.

L’interaction entre l’ethnie de la ville et l’utilisation du compost indique qu’un exploitant d’une ville à majorité peule utilisant du compost pense plus probablement qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire qu’un exploitant d’une ville à majorité wolofe. Les exploitants des villes à majorité soussoue ou éwée/ mina utilisant du compost pensent moins probablement qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire que les exploitants des villes wolofes. (Tableau 113)

Tableau 113 : Coefficients de l’interaction entre l’ethnie de la ville et l’utilisation du compost

 

Ethnie de la ville

Estimé bêta

Erreur standard

Wald

1

Utilisation du Compost * Peul

-6,0198

181,3

0,0011

4

utilisation du Compost * Soussou

2,7514

60,4421

0,0021

6

utilisation du Compost * Éwé/ Mina

2,5601

60,4418

0,0018

Selon les informations fournies par la Fédération des Paysans du Fouta Djalon, elle vulgarise le compost aussi parce que les pommes de terre fertilisées avec le compost se conservent mieux.

En principe, les exploitants de Timbi Madîna savent que le compost peut renforcer la santé de culture. Par contre, les exploitants des autres villes n’ont pas encore fait cette expérience ou cette observation - dont issu leur réticence.


179

Les exploitants de Lomé et de Tsévié se sont plaints que le compost crée de brûlure en cas de manque de pluie. L’application du compost comme traitement phytosanitaire contredit cette expérience.

L’interaction entre l’ethnie de la ville et l’adhésion à une organisation paysanne désigne que les exploitants des villes à majorité peule ou éwée/ mina organisés en organisation paysanne pensent plus probablement qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire que des exploitants dans des villes à majorité wolofe. Les exploitants des villes à majorités soussoue organisés en groupement formel pensent moins probablement qu’on peut utiliser le compost contre des maladies des plantes. (Voir Tableau 114)

Tableau 114 : Coefficients de l’interaction entre l’ethnie de la ville et l’adhésion à une organisation paysanne

 

Ethnie de la ville

Estimés bêta

Erreur standard

Wald

22

Ewé/ Mina * Membre d’une OP

-0,3634

0,1897

3,6696

19

Peul * Membre d’une OP

-0,4750

0,3123

2,3131

9

Soussou * Membre d’une OP

1,0690

0,3258

10,7688

A Timbi Madîna, l’accès à la connaissance qu’on peut utiliser le compost pour avoir des pommes de terre mieux à conserver est lié à l’adhésion à la Fédération des Paysans du Fouta Djalon.

A Conakry, l’adhésion au groupement sert à mieux se défendre contre l’occupation du terrain par des constructions. Il est évident qu’une telle adhésion ne change pas la représentation du compost qui est généralement vu comme fertilisant.

Selon le modèle avec des interactions de 1er ordre, on peut dire que les exploitants peuls, malinkés, soussous ou forestiers ont moins la chance de supposer qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire qu’un exploitant wolof. Et des exploitants non wolofs/ lebous, éwés/ minas ou non éwés/ minas ont plus la chance de supposer qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire que des exploitants wolofs. (Tableau 115)

Pareillement à la variable « Ethnie de la ville », les exploitants éwés/ minas et non éwés/ minas qui sont les exploitants des villes à majorité éwée/ mina supposent plus probablement qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire.

Malgré que certains exploitants se plaignent que les plantes cultivées sur le compost ou les dépôts d’ordures développent de brûlures en cas de manque de pluie, le modèle montre que les exploitants en général de Lomé et de Tsévié supposent plus probablement qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire. Mais les exploitants de ces villes qui utilisent le compost pensent moins probablement qu’on peut utiliser le compost contre des maladies selon l’interaction le concernant.


180

Tableau 115 : Les coefficients bêta de l’influence de l’ethnie de l’exploitant

Ethnie de l’exploitant

Estimés bêta

Éwé/ Mina

0,6830

Forestier

-0,7725

Malinké

-0,9915

Non-Éwé /Mina

0,6016

Non-Wolof/ Lébou

1,4026

Peul

-1,1670

Rien mentionné

0,1342

Soussou

-0,9785

Wolof/ Lébou

-

Les estimés bêta des avis des exploitants peuls correspondent dans les deux variables « ethnie de la ville » et « ethnie de l’exploitant. Dans les deux cas, ils supposent moins probablement qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire.

Par contre, la position des Soussous est contradictoire. Selon le modèle, les exploitants soussous supposent significativement moins probable qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire. Cependant les exploitants d’une ville à majorité soussoue supposent plus probablement qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire.20

9.8. Profil d’un exploitant prêt à utiliser un compost phytosanitaire

Selon la régression logistique, le profil d’un exploitant qui a au plus la probabilité de supposer qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire est le suivant :

Il n’y a pas d’exploitants à qui répondent à ce profil parce que les exploitants non wolof/ lebou sont les « étranges » de Rufisque. En plus, dans la ville-site à majorité soussoue, il y a très peu des connaisseurs de la fabrication et des utilisateurs du compost. En conclusion, il faudra un exploitant connaissant la fabrication et utilisant du compost dans une ville où les fertilisants sont chers et où l’organisation paysanne s’occupe du compost phytosanitaire. Mais il y a un fort risque que dans ces conditions les exploitants produiront leur propre compost et une station de compostage ne pourra pas vendre son compost phytosanitaire.


181

9.9.  Effets et interactions additionnels sur l'utilisation du compost d’ordures

L’interaction entre l’ethnie de la ville et la supposition d’utilisation du compost pour un traitement phytosanitaire indique que les exploitants des villes à majorité peule, soussoue ou éwée/ mina qui ne supposent pas qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire sont plus probablement disposé à utiliser le compost issu des ordures que les exploitants des villes à majorité wolofe. (Voir Tableau 116)

Tableau 116 : Coefficients de l’interaction entre l’ethnie de la ville et la supposition d’utilisation du compost pour un traitement phytosanitaire

 

Ethnie de la ville

Estimés bêta

Erreur standard

12

Compost comme trait. phyto. * Peul

0,6404

0,2426

14

Compost cô trait. phyto.* Soussou

0,4868

0,1613

21

C comme trait. phyto. * Éwé/ Mina

0,2211

0,2089

En quelque sorte, un exploitant voulant utiliser le compost uniquement pour la fertilisation est plus probablement disposé à utiliser le compost issu des ordures ménagères dans des villes à majorité peule, soussoue ou éwée/ mina. Pour les villes à majorité peule ou éwée/ mina, le compost est lié aux ordures. Comme déjà expliqué, établir le lien entre les ordures mauvaises pour la santé humaine et les ordures qui sont bien pour la santé de plante n’est pas facile.

Pour le Wolof le compost est lié aux excréments des animaux et un peu aux ordures ménagères. Des utilisateurs du compost à Rufisque ont fait l’observation des plantes bien vigoureuses. L’utilisation du compost issu des ordures comme traitement des plantes peut rentrer dans cette logique.

L’interaction entre l’ethnie de la ville et la connaissance de la fabrication du compost est liée à l’influence de l’ethnie de la ville sur la connaissance de la fabrication du compost dans le modèle de fait sur la connaissance de la fabrication du compost. Conformément à l’influence de l’effet principal, l’interaction désigne que les exploitants des villes à majorité peule connaissant la fabrication du compost sont plus probablement disposés à utiliser le compost issu des ordures que les exploitants des villes à majorité wolofe. Les exploitants des villes à majorité soussoue ou éwée/ mina qui ne connaissent pas la fabrication du compost sont plus probablement disposés à utiliser le compost issu des ordures. (Voir Ethnie de la ville et Tableau 117)


182

Tableau 117 : Coefficients de l’interaction entre l’ethnie de la ville et la connaissance de la fabrication du compost

 

Ethnie de la ville

Estimés bêta

Erreur stand.

Wald

1

connaissance fabrication Compost * Peul

-7,0457

206,2

0,0012

4

connaissance fabrication Compost * Soussou

3,0475

68,7249

0,0020

6

connaissance fabri. Compost * Éwé/ Mina

2,2477

68,7240

0,0011

Pour un exploitant d’une ville éwée/ mina, il n’est pas nécessaire de connaître la fabrication du compost pour être disposé à utiliser le compost issu des ordures. Du à sa langue maternelle l’exploitant pense que le compost soit issu des ordures. Dans les langues du Sud du Togo, le mot pour compost désigne aussi « tas d’ordures ». Il est même difficile de différentier entre le compost, l’engrais et un tas d’ordures en langue éwée ou mina.

Comme déjà dit avant, la connaissance que le compost peut être fait à base des ordures dans la ville à majorité peule est liée à la sensibilisation par la Fédération des Paysans du Fouta Djalon donc la fabrication du compost est apprise.

L’interaction entre l’ethnie de la ville et la disposition à l’achat du compost désigne que les exploitants des villes à majorité soussoue disposés à acheter le compost sont moins probablement disposés à utiliser le compost issu des ordures que les exploitants de ville wolofe. De manière simpliste on peut dire que les exploitants des villes à majorité soussoue ne sont pas prêts à acheter le compost à base des ordures.

Et les exploitants des villes à majorité éwée/ mina disposés à acheter le compost sont plus probablement disposés à utiliser le compost issu des ordures (Voir Tableau 118). Cependant pour les exploitants des villes à majorité éwée/ mina le compost signifie le tas d’ordures. Il sera même difficile de leur dire que le compost qu’on vend n’est pas issu des ordures.

Tableau 118 : Coefficients de l’interaction entre l’ethnie de la ville et la disposition à l’achat du compost

 

Ethnie de la ville

Estimés bêta

Erreur standard

Wald

7

Achat du compost * Soussou

1,4988

0,4071

13,5576

9

Achat du compost * Éwé/ Mina

-1,2906

0,1795

51,6976

23

Achat du compost * Peul

0,0472

0,3143

0,0225

Les exploitants des villes à majorité éwée/ mina sont une bonne clientèle pour une station de compostage, lorsqu’ils sont disposés à acheter le compost ils le sont également pour l’utilisation du compost issu des ordures.

9.9.1. Résumé des 3 interactions avec l’ethnie de la ville

En résumant les trois interactions concernant l’ethnie de la ville, on constate que les exploitants des villes à majorité soussou connaissant la fabrication du compost, 183disposés à acheter le compost ou supposant l’utilisation du compost contre de maladies des plantes sont moins probablement disposés à utiliser le compost issu des ordures que les exploitants des villes à majorité wolofe.

Bien que connaissant la fabrication du compost, les exploitants des villes à majorité peule, qui ne sont pas disposés à acheter le compost ou qui ne supposent pas qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire sont plus probablement disposés à utiliser le compost issu des ordures.

Les exploitants des villes à majorité éwée/ mina ignorant la fabrication du compost, disposés à acheter le compost ou ne supposant pas qu’on peut utiliser le compost pour un traitement phytosanitaire sont plus probablement disposés à utiliser le compost issu des ordures.

Cela montre que la vulgarisation de la fabrication du compost par la Fédération de Paysans du Fouta Djalon influence bien la connaissance de la fabrication du compost. Celui qui sait qu’on peut fabriquer le compost à base des ordures, est disposé à utiliser le compost issu des ordures mais il n’est pas disposé à acheter le compost. Par nature de choses, les ordures sont des choses ou de matière auxquelles on n’accorde plus de valeur donc il n’est pas évident que les gens soient disposés à acheter le compost où il est sous-entendu qu’il est fait à base des ordures. Les ordures sont éloignées parce qu’elles apportent des maladies. Donc sans sensibilisation, il n’est pas si logique de s’imaginer que les ordures transformées en compost peuvent soigner les plantes. Selon le modèle d’utilisation du compost issu des ordures, les aspects phytosanitaires de l’application du compost sont négligés dans le contenu de la vulgarisation du compost à Timbi Madîna.

Tableau 119 : Coefficients bêta des interactions entre l’ethnie de la ville et des variables explicatives

Ethnie de la ville

Estimés bêta des interactions entre

Connaissance de la fabrication du compost

Achat du compost

Compost pour traitement phytosanitaire

Peul

-7,0457

0,0472

0,6404

Soussou

3,0475

1,4988

0,4868

Éwé/ Mina

2,2477

-1,2906

0,2211

Les exploitants des villes à majorité soussoue se méfient plus du compost issu des ordures. Celui qui ne le connaît pas est plus disposé à utiliser le compost issu des ordures - celui qui n’est pas disposé de l’acheter pareillement. Finalement, celui qui ne pense pas utiliser le compost contre des maladies est plus disposé à utiliser celui issu des ordures.

Pour les villes à majorité éwée/ mina, les exploitants qui ne connaissent pas le compost ou ne supposent pas qu’on peut utiliser le compost contre de maladies sont prêt à utiliser celui issu des ordures. Dans ces villes, même les exploitants qui sont prêts à acheter le compost sont disposés à utiliser celui issu des ordures. Comme déjà remarqué, certains exploitants de Tsévié et de Lomé se sont plaints qu’un excès de compost combiné avec un manque de pluie crée de brûlure due à la sur-fertilisation. Pour un tel exploitant, le compost cause de maladies et ne guérit pas. L’interaction reflet cet avis.


184

9.9.2. Taille de la ville et ses interactions

Comme l'utilisation du compost, aussi la disposition d'utilisation du compost issu des ordures est influencée par la taille de la ville.

Lorsque la taille de la ville augmente, la probabilité qu’un exploitant soit disposé à utiliser le compost issu des ordures baisse. (Figure 40)

Figure 40 : Influence de la taille de la ville sur la disposition à l'utilisation du compost issu des ordures dans le modèle d'interaction du 1er ordre

Egalement au modèle sur l’utilisation du compost, la disposition à l’utilisation du compost issu des ordures diminue avec l’augmentation de la taille de la ville. La transformation des ordures ménagères en fertilisant est une pratique du milieu rural. Comme remarqué dans l’introduction, au village, les ménagères jettent les ordures aux champs à proximité des maisons. En ville une telle technique est moins transparente et on ne connaît pas ça que les autres ont jeté donc l’utilisation du compost issu des ordures est plus risquant en ville qu’au village.

Selon l’interaction entre la taille de la ville et l’utilisation des fertilisants dans des grandes villes, les exploitants utilisant des fertilisants sont plus probablement disposés à utiliser le compost issu des ordures que dans des petites villes (Figure 41). Ces utilisateurs des fertilisants sont en grand nombre des maraîchers, comme expliqué ci-dessus, ils ont plus besoin des fertilisants que des agriculteurs en pluvial. Le maraîchage est plus important dans des grandes villes.


185

Figure 41 : Influence de la taille de la ville et ses interactions avec l'utilisation des fertilisants et les dispositions à acheter du compost sur la disposition à utiliser le compost issu d’ordures dans le modèle d'interaction du 1er ordre

L’interaction entre la taille de la ville et la disposition à l’achat du compost signale que plus la taille de la ville augmente et les exploitants sont disposés à acheter le compost plus la probabilité qu’ils soient disposés à utiliser le compost issu des ordures monte aussi. (Figure 41)

En résumant les interactions concernant la taille de la ville, on peut dire que dans les grandes villes, les exploitants disposés à utiliser des fertilisants et à acheter le compost sont plus disposés à utiliser le compost issu des ordures.

9.9.3. Utilisation des fertilisants et son interaction avec le type de MO

Les exploitants qui n'utilisent pas de fertilisants sont plus probablement disposés à utiliser le compost issu des ordures ménagères.

La raison la plus fréquente de non-acheteur du compost était qu’ils n’ont pas d’argent. On peut alors supposer que le manque de moyen financier empêche les exploitants d’acheter et d’appliquer des fertilisants. Généralement les exploitants supposent qu’un compost fait à base des ordures est moins cher ou même gratuit parce que les ordures existent en abondance. Si le compost à base des ordures ménagères est moins cher que les autres fertilisants, les exploitants sont prêts à l’utiliser.


186

L’interaction entre le type de main-d’œuvre et l’utilisation des fertilisants désigne que les exploitants travaillant uniquement avec des membres de la famille et utilisant des fertilisants sont moins disposés à utiliser le compost issu des ordures que des exploitants travaillant avec des voisins ou des amis en entraide. (Voir Tableau 120)

Tableau 120 : Coefficients de l’interaction entre le type de MO et l’utilisation des fertilisants

 

Type de MO

Estimés β

Erreur standard

Wald

10

utilisation fertilisants * Familiale

0,8449

0,2556

10,9266

15

utilisation fertilisants * Personne

-0,4242

0,2205

3,7017

24

utilisation fertilisants * Salarié

-0,0386

0,1958

0,0389

25

utilisation fertilisants * Familiale et salarié

0,0129

0,2978

0,0019

26

utilisation fertilisants * Rien mentionné

0,00262

0,4059

0,0000

Un exploitant qui utilise déjà des fertilisants peut voir un compost issu des ordures comme un fertilisant de mauvaise qualité ou qui n’est pas bon pour ses collaborateurs. Alors, un exploitant qui travaille avec des membres de sa famille se méfiera du compost issu des ordures. Mais cela est une simple supposition.

9.10. Profil d’un exploitant prêt à utiliser le compost issu des ordures

Selon la régression logistique, le profil d’un exploitant qui a la probabilité la plus élevée d’être disposé à utiliser le compost issu des ordures est le suivant :

Ce profil est faisable dans beaucoup de petites villes au Sud du Togo si une vulgarisation du compost phytosanitaire aurait lieu.


187

9.11.  Résumé des modèles sur les avis

Dans le modèle des effets principaux, la disposition à acheter du compost est en dehors du modèle de base influencée par l'ethnie de l'exploitant, l'utilisation des fertilisants, l'intensité de contact, "membre d'une organisation paysanne formelle", le contact avec l'encadrement et la connaissance de la fabrication du compost. Dans le modèle d'interaction de 1er ordre, le nombre de variables explicatives se réduit sur l'utilisation des fertilisants et membre d'une organisation paysanne formelle, la variable « agriculteur ou maraîcher » s'ajoute.

Les variables explicatives comme l’utilisation du compost, l’ethnie de l'exploitant et l'intensité de contact influencent en plus l'opinion sur l’utilisation du compost pour un traitement phytosanitaire dans le modèle des effets principaux. Dans le modèle d'interaction de 1er ordre la variable "membre d'une organisation paysanne formelle" s'y ajoute.

Comme l'utilisation du compost, la disposition à l'utilisation du compost issu des ordures est aussi influencée par la taille de la ville. En dehors de cela, le genre de l'exploitant et la connaissance de la fabrication du compost jouent sur cette disposition dans le modèle des effets principaux. Par contre, le modèle d'interaction de 1er ordre se modifie en ajoutant l'utilisation des fertilisants, il garde la taille de la ville et les variables du modèle de base d'interaction pour les 3 opinions. La variable "genre de l'exploitant" n'est pas maintenue pour le modèle d'interaction.

Pour tous les modèles des avis, il faudra un exploitant qui est disposé à utiliser le compost issu des ordures. Les autres variables diffèrent de modèle en modèle et de modalité en modalité.

Pour l’utilisation du compost issu des ordures et la supposition qu’on peut utiliser le compost contre des maladies, la connaissance de la fabrication du compost est un atout.

L’utilisation de fertilisant est bien pour l’achat et est contra productrice pour l’utilisation du compost issu des ordures. Elle influence sous forme d’utilisation du compost comme fertilisant le modèle sur la supposition d’utilisation du compost contre des maladies.

La contradiction entre l’utilisateur des fertilisants qui est prêt à acheter le compost et le non-utilisateur des fertilisants qui est prêt à utiliser le compost issu des ordures se clarifie par le manque de moyen d’un non-utilisateur des fertilisants pour l’achat du compost. Ce dernier suppose sous-entendu qu’un compost issu des ordures soit moins cher ou gratuit.

La vente d’un compost phytosanitaire est plus facile s’il y a une organisation paysanne qui vulgarise le compost et les exploitants emploient de la main-d’œuvre salariée dans une ville à majorité soussoue, c.-à-d. une ville où les fertilisants sont chers. Cependant, dans une petite ville à majorité éwée/ mina le compost peut être issu des ordures si les exploitants travaillent seul.

Seul le modèle concernant l’achat du compost favorise le maraîcher par rapport aux agriculteurs en pluvial.


14 Les effets, interactions et modalités en italique ne sont pas statistiquement significatifs.

15 Les effets, les interactions et les modalités en italique ne sont pas statistiquement significatifs selon Wald.

16 Les effets, les interactions et les modalités en italique ne sont pas statistiquement significatifs selon Wald.

17 Les effets, les interactions et les modalités en italique ne sont pas statistiquement significatifs selon Wald.

18 Les effets, les interactions et les modalités en italique ne sont pas statistiquement significatifs selon Wald.

19 Les effets, les interactions et les modalités en italique ne sont pas statistiquement significatifs selon Wald.

20 Pour le modèle sur la disposition à l’achat du compost, les estimés β des Soussous étaient conformes pour les deux variables et pour les autres ethnies, ils étaient contradictoires.



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10.03.2005